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mercredi 31 décembre 2014

HAPPYYYYYYYYYYYY !!!

Ami Lecteur,
Vois ce que j'ai reçu dans ma boîte mail, et qui s'est malencontreusement égaré dans mes indésirables.

Bonsoir bien aimé

Je sais que mon message va vous paraître quelque peu insolite, mais ayez confiance car je suis une personne honnête.
Je suis Mr FERRY FABIEN, aujourd'hui vieillissant et souffrant de maladie depuis longtemps. J'ai un cancer de la gorge et maintenant je suis admis dans un hôpital ici en Grèce. Les médecins m'ont confié récemment que je n'ai pas beaucoup de jours à vivre.

J'ai quelques fonds hérités de mes défunts parents, Le montant est de 7.325.000 Euros qu'ils ont déposés dans une banque en Afrique avant leur mort. J'ai besoin d'une bonne personne honnête craignant Dieu ou d'une organisation qui pourra utiliser ces fonds pour l'œuvre de Dieu ou pour des actions de bienveillance.
Si vous êtes d'accord veuillez me contacter

Mr FERRY

La vie n'est-elle pas merveilleuse ? Moi qui ai besoin de quelques millions d'euros pour sauver mon internat-école, voilà ce que la magie de Noël a mis dans mon chausson virtuel !
Bon, bah y'a plus qu'à le contacter, ce gentil Monsieur Ferry au bord de la mort...

Et je profite de cet article récréatif pour te souhaiter, Ami Lecteur fidèle, 
une belle année 2015
pleine de bonnes surprises et de grandes victoires !
:o)

mercredi 17 décembre 2014

Old...

- Maîkreeeeesse, t'as des cheveux blancs !
- Ah bon ? Nooooooooooooon !
- Si, c'est vrai, j'les vois !
- Moi pas...
- C'est paske t'es un peu vieille.
- C'est ça...
- Et quand est-ce que t'as commencé à vieillir ?
- Bah, comment te dire... dès que je suis née, en fait ! Chaque seconde qui passe, je vieillis...
- Ooooooh... (de la classe ébahie)
- Mais vous aussi, vous vieillissez à chaque seconde...
- Ooooooh... (des mêmes, un peu dubitatifs et goguenards, toutefois).
- Et bien oui, on dit d'abord qu'on grandit, puis qu'on vieillit... mais c'est pareil !

...

Et toc !

...

Z'avaient qu'à pas me chercher, les lardons !

:o)

lundi 1 décembre 2014

YESSSSSSSSSSSSSS !

La Congrégation des Sœurs a accepté de ne fermer l'internat qu'en juin 2016 !
Elle prend le risque de repousser la vente d'un an.
Elle prend aussi à sa charge le manque à gagner.
Elle nous transmet le projet qu'elle a inventé, elle nous le confie, et veut travailler avec nous à la recherche de solutions : trouver un financement pour un rachat éventuel, ou bien trouver un autre lieu pour y installer un internat-école.

C'est une première victoire, mais qui nous entraîne vers des terrains ardus et inconnus :
En effet, ce qui fait la force du lieu actuel, c'est que les internes y sont comme chez eux : ce sont eux qui accueillent les externes dans leur maison. Et ça, c'est précieux...
Mais surtout, on ne peut pas juste installer un internat proche d'une école déjà existante : les élèves internes doivent pouvoir être accueillis par une équipe formée à l'accueil de la différence, et adhérant cœur et âme au projet de différenciation et d'épanouissement personnel de l'enfant...
Enfin, pour que cet internat-externat continue à porter ce projet de mixité sociale, il nous faut trouver des locaux dans un quartier plutôt nanti (mais pas trop !). Or nous ne pouvons dépenser des sommes exorbitantes, même avec le soutien de fondations...

Voilà, voilà...
Ca n'est pas simple.
Mais on a au moins ce délai minimum pour remuer ciel et terre, vraiment !
Heureusement, les parents d'élèves sont ultra-investis et font marcher leurs réseaux à fond.
Nous comptons également sur un appui massif et efficace de la Direction Diocésaine des Ecoles Catholiques...
On y croit !
:o)

mercredi 26 novembre 2014

La rencontre entre les parents, la congrégation et la dir. dioc.

Ami Lecteur,
Chose promise, chose due : je t'ai embarqué dans mes aventures, je te dois donc la suite.
Vendredi, à 18h00, on a donc eu cette fameuse réunion réunissant les mêmes interlocuteurs que le mardi précédent, mais cette fois-ci en face des parents d'élèves, actuels ou anciens.

Le président de l'APEL (association de parents d'élèves) a introduit la rencontre rapidement.
Puis il a donné la parole à la Sœur Prieure, la soeur en chef pour toute la France, si tu suis bien, Ami Lecteur.
Elle a réexpliqué ce qu'elle avait exposé aux équipes mardi :
La communauté vieillissante,
Des sœurs qui ont travaillé leur vie durant sans toucher un copec (et donc pas de retraite, pas de sécu...),
L'obligation morale pour la congrégation d'assurer leurs vieux jours et de leur permettre de finir leur vie dignement dans leur maison (à un échelon national).
La nécessaire mise aux normes et médicalisation de ces lieux et le financement à trouver,
Le peu de biens fonciers qu'elles possèdent et la valorisation supérieure qu'on peut en attendre dans la Grande Ville... (6000€ le m2... 1600m2... Hum ! Gloups !).
Bref, l'obligation, douloureuse, déchirante, qu'elles ont de vendre les bâtiments de l'internat/école...
Dans un premier temps, l'internat, à l'été 2015 (!).
Dans un second temps, l'école, à l'été 2016...

Le président de l'APEL a ensuite donné le micro aux parents désireux de témoigner et/ou de poser des questions.
Une dizaine de personnes ont pris la parole.
Des parents d'internes,
Des parents d'externes,
Des parents d'enfants sans problèmes,
Des parents d'enfants handicapés,
Des parents d'enfants en échec scolaire,
Des parents d'anciens élèves, parlant de leur parcours, de leur vie d'aujourd'hui, de la graine de tolérance qui a germé en eux depuis leur passage ici...

Tu imagines bien, Ami Lecteur, l'émotion dense qui présidait à tous ces témoignages, hauts en couleurs, riches, étonnants, une variété de témoignages à l'image des familles qui peuplent ce lieu.

Leur demande : un an de répit supplémentaire pour l'internat, afin que tous puissent se mobiliser et chercher des solutions pour sauver ce projet unique dans la Grande Ville.
La Sœur ne promet rien : elle doit en référer à sa communauté. Elle doit aussi voir avec l'acheteur s'il peut attendre un an : le perdre serait une catastrophe pour la congrégation... elles sont dans l'urgence !

A ce stade, il ne reste plus qu'au responsable de la Direction Diocésaine (qui dirige les établissements privés catholiques) à prendre la parole.
Il doit expliquer que, bien que n'ayant pas trouvé de solution pour l'internat, il a d'ores et déjà sauvé l'école, qui doit déménager en juin 2016 dans les locaux d'un autre établissement  du coin : fusion !
Sauf que ça, c'est précisément le problème : l'école sans l'internat, c'est une bête école de quartier. Plus accueillante, peut-être. Pratiquant le travail personnalisé, sans doute. Mais le projet initial, celui qui fait que cet endroit est unique, l'accueil de la différence, la mixité sociale : exit !

Du coup, avant même que Monsieur DDEC n'ouvre la bouche, pour marquer le pas et pour signifier fortement son écœurement devant le manque de communication et de coopération de la DDEC (Dir. Dioc.), notre président d'APEL a quitté la salle, suivi par la moitié des parents !!!

Nous, enseignantes, n'avions pas été mises au courant de ce coup d'éclat programmé et, je dois dire, avons été passablement déstabilisées par ce geste : comment réclamer le dialogue et la collaboration et, dans la foulée, rompre le contact ?
Nous avons, du coup, rattrapé bon nombre de parents au vol, et la réunion s'est terminée relativement paisiblement.
...
...
N'empêche, c'est le responsable de la DDEC qui a, le premier, repris contact avec le président de l'APEL ! Pfff...
De temps à autre, il faut savoir taper du poing sur la table...

Aujourd'hui, nous attendons une réponse des sœurs sur notre demande de moratoire. Elles doivent se prononcer avant janvier, date à laquelle commencent les inscriptions pour l'année prochaine.
D'ici-là, chacun travaille déjà d'arrache pied à trouver des solutions tous azimut. 

Je te tiens au courant, Ami Lecteur !
:o)

lundi 24 novembre 2014

Ce qu'ont dit les enseignants à la soeur Prieure mardi 18 novembre

 le 18 novembre 2014

Ma Sœur,

Je prends la parole aujourd’hui au nom de toutes les personnes qui vivent ici, qui  travaillent ici, élèves, Personnel OGEC, parents, enseignants, professionnels mais aussi bénévoles. A travers vous, je m’adresse à toutes les sœurs de votre congrégation : je veux vous dire merci.

L’institution StC est votre enfant. Un enfant qui a grandi depuis l’ouverture d’un internat en 1865 destiné à éduquer des orphelins, grâce à vous, à votre volonté patiente, constante et généreuse.

 Un enfant attendu.

Cet enfant, comme tous les enfants est un projet de vie. Celui-ci, aussi ambitieux que généreux,  qui consiste à apprendre à des élèves de milieux, d’expériences de vie, d’origines, de croyances si différentes, à vivre ensemble et à s’enrichir de ces différences. Associer des enfants en très grandes détresses à des enfants de familles stables, parvenir à leur faire partager un goût de l’avenir et de réussir, humainement, socialement, fraternellement.

 Un enfant désiré pour lequel vous avez imaginé un avenir, des locaux, internat  et externat, aménagé un espace avec goût et sens pratique. Vous lui avez donné une famille que vous avez élargie en y associant des laïcs partageant ce projet spirituel d’éducation. Dès 1989, vous l’avez fait avec efficacité afin que cet enfant ne manque de rien le jour où, vos forces diminuées, ce serait d’autres chrétiens qui auraient à le porter au quotidien.

 Cet enfant si fragile, vous l’avez fait naître, vous l’avez fait grandir dans les meilleures conditions : au milieu d’un jardin fleuri, au cœur de ce quartier parisien, en prenant soin que l’incapacité des familles à supporter matériellement l’éducation ne soit pas motif d’exclusion. Vous avez inventé un internat afin de protéger le grain qui lève.

 Les esprits chagrins vous prophétisaient, année après année la chute, la fin de votre vision qui pour eux était folie. Imaginez un peu, un internat sans équivalent dans tout Paris : si cela était réaliste, d’autres,  plus professionnels que des sœurs dominicaines, l’auraient réalisé. Aujourd’hui, après nombre de difficultés surmontées, cette folie est une réussite. « Où est le sage ? Où est le docteur ? Où est le disputeur de ce siècle ? Dieu  n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? »  Avec  l’Internat de StC ensemble nous avons donné raison à Saint Paul.

 Nous : vous sœurs dominicaines, nous laïcs. Et vous nous avez montré toutes les qualités et la beauté de cet enfant si fragile. Et nous avons été enthousiasmés par ce que vous nous proposiez là. Et honorés de votre confiance.

Nous avons adhéré à ce beau projet : Quel défi pour notre société actuelle faite de communautarisme et d’égoïsmes consuméristes !

Un jour, vous nous l’avez confié, et nous avons accepté cette mission sur vos pas comme un chemin de sainteté. Insensés que nous étions pour nous lancer, à votre appel, dans ce projet d’amour de son prochain. Et, tous ensemble, enfants, parents, enseignants, accompagnants,  nous avons, comme vous, réussi. « On reproche à nos saints d’avoir été des insensés : oh, oui ! Ils avaient perdu le sens ! Est-ce qu’on peut aimer sans être fou ? » disait Lacordaire. Et ensemble nous avons donné raison à Lacordaire.

 Soutenus par votre prière, nous, laïcs, avons fait de l’institution StC un lieu d’accueil, humble mais efficace, où de nombreuses familles trouvent un refuge, où elles peuvent confier leur enfant avec la certitude qu’il sera encadré, instruit, enseigné, éduqué… aimé !

Un lieu où l’élève est aussi un enfant, qu’on met en confiance, à qui on donne le goût du travail, de la coopération, de l’entraide.

Un lieu où on peut être riche ou pauvre, de toute couleur, performant ou en difficulté, tous porteurs de compétences à partager !

Un lieu qui est au cœur d’un vaste réseau d’aide : les CMPP de plusieurs quartiers, le service pédopsychiatrique de Necker, l’Aide Sociale à l’Enfance de plusieurs départements, le Tribunal pour enfants, de nombreuses orthophonistes et psychologues privés, le service des bourses de Paris, en partenariat avec l’école St JD pour l’inclusion d’élève handicapés.

Un lieu qu’on montre à la télévision (au 20h00 de la 2, dans un vaste documentaire de TEVA), dans les journaux (Paris Notre Dame, Famille Education, La Croix, Parents magazine, Enseignement Catholique Actualités… ).

Un lieu que connaît bien Anne Hidalgo, Maire de Paris, élue de notre quartier et qu’elle doit visiter prochainement.

Un lieu qui montre que l’Evangile peut être vécu dans la vraie vie d’aujourd’hui, et qui en témoigne chaque jour.

C’est ce lieu que vous avez mis au monde. C’est vous qui l’avez imaginé et qui nous avez permis de le faire grandir. Et pour ça, nous vous en remercions.

A présent, vous venez nous annoncer la naissance d’un nouveau projet, d’un nouveau-né… et nous nous réjouissons ! La famille s’agrandit, quelle joie !
Vous nous dites que cet enfant va être magnifique. Soyez certaines que nous sommes à vos côtés.

Mais, une rumeur malveillante court, abominable, elle nous effraie, nous assassine.
Pour l’arrivée de ce nouvel enfant, il faudrait noyer l’aîné ? L’amputer d’un organe vital, son internat… ce qui revient au même pour tous ceux qui connaissent l’institution StC !  Donner raison aux malintentionnés qui dénigrent l’enseignement catholique.
Pourquoi ?

Pourquoi tuer le premier né pour installer le second ?
La vie appelle la vie elle ne la révoque pas.
La communauté tout entière de StC veut continuer à porter cette vie-là. Se battre pour vous aider à trouver des solutions si vous en avez besoin. 

S’il-vous-plait, Sœur X, laissez-le vivre ! Permettez-nous de continuer à aimer cet enfant de l’amour. Il est si beau, si plein de vie et d’énergie ! N’ayons pas peur ! Laissons-nous le temps de construire l’avenir ensemble !
Merci.
 
Mistinguette, enseignante en CP,
Pour l’institution StC

PS, Ami Lecteur :
Ce texte a été accueilli mardi dernier avec grande émotion par tous, enseignants, surveillants/animateurs, Sœurs et DDEC.
Quelques précisions :
Le nouveau projet qui est évoqué en fin de texte n'est finalement que la nécessaire restauration de la maison des Sœurs, au fond du jardin : elles vont en faire des appartements inter-âges, dans lesquels pourront loger une sœur âgée, un jeune travailleur, une famille monoparentale... C'est intelligent.
L'organisation et les frais de gestion sont pris en charge par une association de laïcs. Il ne s'agit donc pas de lâcher le projet internat pour en bâtir un autre... ce qui est en soit rassurant : notre travail est reconnu et c'est avec déchirement que la Communauté, contraintes par le grand âge d'une majorité d'entre elles et la recherche effrénée de fonds qui leur permettrait de finir leur vie décemment, se résignent à vendre...
Prochain épisode : le récit de la réunion parents/congrégation/DDEC qui a eu lieu vendredi dernier.

dimanche 16 novembre 2014

Témoignage d'une famille d'externe

Ami Lecteur, j'ai bien peur que dans le contexte actuel, ce blog soit de moins en moins anonyme. Tant pis. Il deviendra donc une plate-forme de défense de ce lieu si beau dans lequel je travaille.
Vois ce témoignage d'une mère d'un élève externe. J'aime...

"Notre fils n'est pas un enfant d'origine étrangère ou en difficulté sociale mais c'est un enfant atypique, hypersensible, qui ne pense pas comme les autres et pas toujours adapté à la vie scolaire malgré ses bons résultats scolaires. A notre arrivée en Ville en 2010 , il avait 9 ans et n'a pas du tout réussi à s'adapter à l'école de quartier : victime de harcèlement, il était en dépression totale au bout de 2 mois. J'ai alors entendu parler de StCh, de cette école bienveillante capable d'accueillir des enfants différents. J'ai eu un accueil formidable de la secrétaire de l'école : ça compte beaucoup lorsque vous arrivez quasi en larmes avec un enfant au bout du rouleau .Puis le même accueil de la directrice, formidable chef d'établissement, qui a accepté de prendre mon fils en cours d'année . J'ai alors découvert la totalité du projet de StCh avec l'existence de l'internat et l'accueil d'enfants de toutes nationalités, toutes religions, toutes origines sociales, tous niveaux scolaires. 

Lorsque j'ai visité l'école, j'ai été frappée dès mon entrée dans le hall par l'atmosphère familiale qui régnait : les enfants qui vaquaient calmement à leurs occupations comme s'ils étaient chez eux, les baisers faits à la directrice dès que les enfants l'ont aperçue. En rentrant à la maison, j'ai dit à mon mari : "ce n'est pas une école, c'est un lieu de vie". J'ai compris à quel point il n'est pas anodin dans ce projet que l'internat soit physiquement intégré à l'école. Et j'ai été émerveillée par la disponibilité des enseignantes (connaissez-vous beaucoup d'écoles où lorsque vous venez à 20h30 pour une réunion de parents d'élèves, vous trouvez une maîtresse dans sa classe en train de travailler sur un projet ?). Un autre signe qui ne trompe pas : à 16h15, nos enfants ne sont jamais pressés de quitter l'école. Il faut souvent les rappeler plusieurs fois pour qu'ils consentent à sortir : quelle meilleure preuve du fait qu'ils s'y sentent comme chez eux ? 

En quelques semaines, grâce à la grande bienveillance de ses enseignantes et au soin porté par tous pour l'accueillir (je me souviens avec émotion de cette maman d'élève lui disant après quelques jours" c'est bien que tu sois parmi nous à StCh ", quel baume au cœur !), notre fils a retrouvé goût à la vie et à l'école. Il est devenu ami avec un garçon interne, avec une petite fille porteuse d'un handicap, il était heureux. 
Son petit frère de 5 ans, resté à l'école de quartier, jaloux de ce nouveau bonheur n'a eu de cesse que de vouloir le rejoindre et il a eu cette phrase formidable : " je veux aller à StCh parce que c'est le paradis des enfants " ! Quelle école peut se vanter de semblables compliments ? 

Notre fils est resté jusqu'à la fin du CM2 à l'école, il y a été très heureux, obtenu de bons résultats scolaires grâce au dévouement de ses enseignantes et à leur ouverture d'esprit. Il est maintenant bien intégré dans son collège de quartier, certainement grâce à la confiance en lui qu'il a retrouvée à StCh et il garde un excellent souvenir de sa scolarité. Nous vivons dans un quartier favorisé et nous sommes très heureux qu'il ait pu prendre conscience dans cette école que d'autres enfants n'ont pas les mêmes chances que lui mais que cela n'empêche en rien des amitiés et des moments de partage. Cette école, c'est le reflet de la vraie vie, à l'antipode de certaines écoles élitistes parisiennes. C'est un projet unique à Paris, sa disparition serait une très grande perte."

mardi 11 novembre 2014

La lutte finaaaale !

Ami Lecteur, au cas où l'information te serait passé au-dessus de la tête dans mon article précédent, MonEcole est en train de disparaître.
Pour être plus explicite, les sœurs à qui les locaux et le terrain appartiennent, et qui ont fondé ce projet il y a une trentaine d'années, pensent qu'elles doivent à présent vendre cet espace afin de financer un autre projet...
Tu imagines sans peine, si tu me connais un peu, et l'équipe dont je fais partie itou, que l'école, les parents d'élèves, les enseignants, les surveillants... tous sont en effervescence !
En effet, alors que jusque là seuls des bruits de couloir nous laissaient penser que "quelque chose" était dans l'air, nous apprenons ces jours-ci que l'internat est en passe d'être fermé dès juin 2015 !
L'école, quant à elle, fusionnerait avec un autre établissement du quartier. Nous hériterions de locaux exigües permettant difficilement la mise en place du travail personnalisé...
Mais le plus important à comprendre, c'est que, sans l'internat, notre projet devient vide de sens...
La résistance s'organise.
Ce qui est réconfortant, c'est que les parents sont A FOND avec nous, les enseignants. Ils nous devancent même largement ! Et surtout les parents d'externes. C'est sympathique. Ca veut dire que ce projet de mixité sociale n'est pas un vain mot !
Lors de leur dernière réunion, l'association des parents d'élèves a décidé de convaincre la Sœur en Chef de nous donner une année supplémentaire pour pourvoir montrer un contre-projet.
Si elle nous donne du temps, nous chercherons un moyen avec la Direction Diocésaine (qui gère l'ensemble des écoles privées catho), avec une autre congrégation, avec l’organisation de gestion ou n'importe quel autre partenaire possible, de monter un plan de financement et de garder l'école/internat dans ses locaux ou de trouver d’autres locaux adaptés pouvant accueillir le projet. C'est pour l'instant une communication bienveillante qui est envisagée, une campagne de sensibilisation au projet, une sorte de plan marketing pour mettre en évidence que l’enjeu dépasse notre établissement même et relève plus largement de la question du vivre ensemble (mixité sociale, culturelle, religieuse). 
Dans ce but, de multiples pages internet ont été créées, FB, twitter, sites...
Des témoignages d'enfants vont être filmés ou écrits et assemblés sur ces pages. Et présentés aux sœurs, en particulier ce 21 novembre, date de la réunion à laquelle les parents d'élèves sont invités à écouter la Sœur en Chef qui doit s'exprimer sur l'avenir de notre établissement...
Si la congrégation ne nous laissait pas cette année de répit, alors tout laisse à penser que le dialogue se durcirait férocement.
J'ai même ouïe dire qu'une lettre à notre Pape François était dans les tuyaux...
My God ! J'espère qu'on pourra trouver une solution satisfaisante pour tous.
Rien qu'à penser à toutes les familles d'internes, si fragiles, si demandeuses, et qui se retrouveraient démunies... j'en ai mal au cœur, dans tous les sens du terme !
Allez,
Je te donnerai des nouvelles...
Pfff... la vie n'est pas si drôle, parfois.

samedi 1 novembre 2014

Des nouvelles !

Chère Madame l'ancienne Maîkresse de mes filles,
Je suis en Normandie, j'ai fini mon ménage, mon boulot, mes courses et mes lectures, alors je trouve que c'est un parfait moment pour vous écrire !
Nous pensons régulièrement à vous et votre nom sort parfois dans la conversation !
Alors voici des nouvelles de notre famille :

Monhomme (censuré... je ne parle pas de lui sur ce blog, c'est convenu comme ça !).

Nous sommes grands-parents pour la seconde fois depuis cet été : Nanie, la sœur aînée des enfants a eu, après un charmant garçon il y a deux ans (Ari), une jolie petite fille (Léo).
Jo, le second de la fratrie, a enfin obtenu un CDI, chez Pub. Il est intéressé et intéressant !

Lulu a eu son bac ES en juin, mention Bien, à quelques dixièmes de points du TB ! Il est cette année en MANAA (prépa d'art) : j'apprends à être une mère d'élève en études sup ! Je passe un échelon.

Madounette est en 1ère ES. Elle réussit bien, mais jamais assez pour elle. Et quand elle réussit, elle a toujours une explication pour rabaisser son mérite. Ggggnnnn !
Elle est grande (1m72 !) et belle ! Mais elle ne le sait pas. Elle continue le théâtre, cette année au conservatoire et elle s'y sent bien. Elle a eu l'an passé son BIA (Brevet d'initiation à l'aéronautique).

Louloute est en 4ème (et oui !!!).
Elle s'en sort pas mal ! Elle se maintient en français, malgré, pour la seconde année, une prof "vieille école" qui m'énèèèèèèèèrve (mais qui a des qualités ! si si !). En math, elle devrait y arriver mieux, mais elle est souvent gênée encore par la lecture. Les autres matières fonctionnent assez bien, mis à part l'Anglais qui lui pose des problèmes...
Elle voit toujours une orthophoniste (la 3ème : elles ont des bébés !) et fait beaucoup de progrès. Je continue à lire des romans avec elle : plutôt moi qu'elle, d'ailleurs, mais c'est toujours un vrai plaisir.
Elle fait de la gymnastique, après plusieurs années de danse contemporaine et une année de GRS.
Elle n'a pas beaucoup changé : fluette, pas très grande, vive et drôle, elle sait exactement comment fonctionnent ses parents et en profite à fond, au grand damne de ses aînés !
Elle aimerait être grande... mais elle voudrait rester petite : elle entre dans l'adolescence ! :o)

et moi... je suis toujours à Monécole, en CP (pour la 3ème année). j'aime beaucoup ce niveau et je vous envie d'être passée du CP au CM2 : j'ai fait l'inverse, et je comprends seulement maintenant bien des blocages ou des malfaçons de mes élèves de CM. Enseigner les débuts des math. et du français, ça éclaire beaucoup de choses pour la suite...
J'apprends aussi beaucoup sur la gestion de groupe, si différente chez les petits.
Bref, je m'éclate, malgré les difficultés (certains enfants en grande souffrance... et donc très compliqués à gérer !).
J'ai, cette année, une AVS à plein temps, ce qui aide pas mal.

Ma seule douleur : mon école va sans doute fermer ! Les Sœurs (dominicaines) à laquelle elle appartient ont décidé de vendre pour utiliser leur capital ailleurs. C'est désespérant, car ce beau projet qu'elles ont imaginé : une école ET un internat permettant une vraie mixité sociale ; un enseignement différencié s'inspirant du père Faure et de Maria Montessori ; un climat de respect des différences et des enseignants soucieux de l'épanouissement de l'enfant en premier lieu... tout cela, unique à LaGrandeVille, devrait disparaître.
La résistance s'organise : les parents sont très mobilisés, les enseignants aussi... mais je doute que nous réussissions à faire quoique ce soit !
Enfin... espérons !

A part ça, je poursuis ma collaboration active et réjouie avec la formation : je suis référente pour un groupe de 8 PES ancienne formule (à plein temps dans les classes) + leurs tuteurs et pour un autre groupe nouvelle formule M2 (à mi-temps) + leurs tuteurs. C'est toujours très intéressant.

J'espère que vous allez bien,
que vous profitez bien de vos vacances
et que vous vous épanouissez dans vos (plus si nouvelles) fonctions (NDLR : conseillère pédagogique).
Donnez-nous de vos nouvelles !
A bientôt,
Mistinguette

mercredi 15 octobre 2014

Où on pourra lire un article que j'aurais pu écrire si j'avais été suffisamment énervée...

Ami Lecteur, je viens de lire un article parfait, qui aurait pu sortir de ma plume à moi personnelle.
De là à dire que j'écris des articles parfaits, il n'y a qu'un pas.
Je te laisse le franchir : ça ne me regarde pas !

Quoi qu'il en soit, le voici cet article. En tous cas, le début, pour allécher le chaland (donc, toi, si tu suis bien). La suite, tu peux la lire en cliquant sur le lien, ce qui te permettra, en sus (nan c'est pas grossier !) de découvrir le blog de son auteur par la même occasion.

Voilà :

Je suis prof, et (je) ça vous emmerde.

Hier, quelqu’un m’a dit « Encore en vacances ? Mais tu travailles jamais ! ».
Dans ton imaginaire, j’ai probablement les joues roses et l’œil alerte, je sautille d’élève en élève pour leur expliquer en comptines les règles difficiles et je dors du sommeil de la bienheureuse, fière du métier accompli et comblée par mes nombreux loisirs : cuisine, guitare, peinture sur verre et scrapbooking. Alors, cher quelqu’un, sache que mes dix dernières semaines travaillées 50 heures chacune, seule devant mon ordinateur, devant mes élèves ou devant mes cahiers, ne me laissent même pas l’énergie de faire ma lessive. Je suis crade, j’ai des cernes et je suis proche du coma par épuisement. Et pendant ce temps, mes élèves continuent de sautiller, sans fin.

Hier, quelqu’un m’a dit « T’as de la chance quand même, à 4 heures tu as fini ta journée ».
Dans ton imaginaire, j’ai probablement une armée de petits elfes qui vient le soir à l’école imprimer mes exercices et corriger mes copies, ce qui me permet de manger mon choco BN trempé dans du lait, tranquillement installée sur mon canapé pour le goûter. Alors, cher quelqu’un, sache que pour moi, à 4 heures la journée commence réellement et le plus dur est devant moi. Plusieurs heures de travail fastidieuses, les yeux plissés sur les lignes bleues des cahiers pour ne surtout pas laisser passer la moindre faute, synonyme d’une réaction immédiate d’un parent mécontent, prof indigne que je suis. Et pendant ce temps, mes élèves continuent de coller leurs feuilles à l’envers et d’écrire octobre sans r.

Hier, quelqu’un m’a dit « Oui, enfin bon, l’addition posée c’est pas bien compliqué ».
Dans ton imaginaire, la tâche la plus ardue de mon travail consiste...

(et en plus y'a une chouette chanson !)
:o)

dimanche 5 octobre 2014

Chiche !

Ami Lecteur, cette année, mon challenge, c'est Nat.
Nat qu'on avait déjà en CP l'an passé.
Qui a terminé l'année dans des conditions très difficiles.
Que sa mère espérait récupérer à la maison. Le jugement rendu en a décidé autrement : pour que la mère puisse se reconstruire paisiblement, pour que l'enfant trouve des repères stables, il est préférable qu'il reste en internat, dans notre école.
Nat qui a tant de mal avec la contrainte, avec le travail, avec l'idée d'être en échec.
Nat, un charmant petit blond, qui vocifère, tape et crache sur les adultes...

Et pourtant, la semaine dernière, vendredi, deux petites victoires qui m'ont parues énormes après les luttes de la semaine passée.

1er épisode : Sim, assis face à Nat en classe, pleure ; Nat a gribouillé son cahier, qu'il tient avec tant de soin.
J'attrape Nat. Nous négocions beaucoup avec cet enfant, pour qu'il accepte de se mettre au travail, pour qu'il ne perturbe pas le groupe, pour qu'il gère ses émotions, pour qu'il accepte le cadre...
Mais certaines choses sont non négociables. Saboter le travail d'un autre en est une.
Je l'attrape donc, par le bras et l'entraine rapidement devant la porte extérieure de la classe, lui signifiant vertement qu'il vient de faire une chose inacceptable et que, de ce fait, il ne peut pour l'instant pas rester dans le groupe. Je sais que je prends le risque d'une crise de fureur incontrôlable.

Je reprends la classe avec les autres.
Du coin de l'œil, je vois Nat attraper son cartable rangé près des porte-manteaux et commencer à mettre les affaires de son casier dedans.
Je viens vers lui et lui signifie mon désaccord : il doit rester dans la classe jusqu'à ce qu'il soit capable de regagner le groupe et de se mettre au travail.
Il fulmine, et me dit que non, il va partir !
Toujours du coin de l'œil, je le vois ouvrir la porte, son cartable sur le dos. Je le rejoins :
- Tu veux partir Nat ? Très bien, vas-y ! De l'autre côté du jardin, il y a Madirlo : va lui dire pourquoi tu fais pleurer Sim, pourquoi tu sabotes son travail, pourquoi tu empêches la classe de travailler ! va !
Ou bien, tu as le choix : reviens en classe, et mets-toi au travail comme les autres !
- Ca, jamais !
- Je ne veux rien entendre, je ne m'occupe plus de toi : c'est toi qui choisis. Tu pars, ou tu rentres et tu travailles.

Je reprends la classe. On avance. Je regarde par le fenêtre mon Nat, son cartable sur le dos, face au jardin, fulminant mais toujours là. Indécis. Ce qui est excellent : il réfléchit ! Il pèse le pour et le contre.
Cinq minutes plus tard, il pose discrètement son cartable et regagne sa place. Certes, il fait du bruit, annonce haut et fort qu'il veut travailler, exige que l'AVS ne s'occupe que de lui... mais il se met au travail !
Aaaaaaaaaaaaaaah ! Que c'est bon !

2nd épisode : Fin de journée. J'apprends au moment de faire sortir les élèves qu'Ant a échangé quatre cartes Poketruc avec Nat, contre une magnifique petite voiture.
Sache, Ami Lecteur, que pour éviter les drames, et principalement parce que les drames sont la plupart du temps générés par Nat, nous avons interdit tout don ou échange : on a le droit de venir avec UN petit jouet de la maison, ou 5 billes, ou 5 cartes et on repart avec les mêmes le soir. Si on joue aux billes, et qu'on gagne, on redonne sa bille à son copain. C'est pour du beurre.
Aïe ! Redrame en perspective !

Je prends donc les deux enfants en face de moi, et je leur rappelle la règle...
- Mais je les ai échangées les cartes d'Ant ! rétorque Nat, quand je propose de faire la démarche inverse.
- Tant pis : tu vas choisir parmi les 7 (7 ???) cartes que tu as en main les cinq que tu vas rendre à Ant et lui va te rendre ta voiture.
- Mais alors... j'en aurai presque plus ! J'en aurai que 3, cartes !!! Non, non, non, j'veux pas !
- Ecoute, Nat, soit on refait l'échange, tu choisis 4 cartes, et tu récupères ta voiture, soit je prends tout et tu n'as plus de cartes du tout !
- NON !
Hop, je prends les cartes, la voiture, et je vais à la porte du hall gérer les sorties : Bonjour Madame ! Vous venez chercher qui ?

Nat et furieux. Il pleure sur le banc. Il finit par se lever, vient jusqu'à moi et commence mollement à me taper pieds et poings.
Je le prends par la main et l'emmène à nouveau discuter sur le banc, un peu plus loin :
- Nat ! Tu as le droit d'être en colère, tu as le droit d'être déçu et malheureux, mais tu n'as pas le droit de me taper ! Alors, tu veux les récupérer, tes cartes et ta voiture ? Oui ?
- Oui ! Dit-il en pleurant.
- Alors regarde, on va choisir ensemble celles que tu vas rendre à Ant, d'accord ?
- D'accord.
ET IL LE FAIT ! Il choisit 4 cartes, les donne à Ant, et je lui rends sa voiture.
- En plus, elle est magnifique cette voiture ! Quelle chance tu as de l'avoir !!!
- C'est Maman qui me l'a donnée à mon anniversaire !
- Chouette ! Je suis bien contente pour toi, et je suis fière parce que tu as réussi à dompter ta colère !
Aaaaaaaaaaaaaaaah !

Deux petites victoires dans un champ de bataille sans fin, mais KESKE CA FAIT DU BIEN !

lundi 29 septembre 2014

Blessure ouverte !

Ami Lecteur, si tu es parent et que tu lis ce blog, je suis sûre que, lorsque tu as une inquiétude, un désaccord, une incompréhension quant à ce qui se vit dans l'école de ton enfant, ton premier réflex est de respirer avec le ventre, puis de te rendre auprès de celle qui pourra le mieux te renseigner : l'enseignante de ton enfant.
Dans la grande majorité des cas, la dite enseignante désactive en quelques mots la bombe thermonucléaire que tu t'apprêtais peut-être à dégoupiller dans le cas contraire.
Et c'est tant mieux.

Et bien figure-toi que ça n'est pas le cas de tout le monde !
Y'a des gens, ils accueillent leur enfant le soir. Celui-ci leur raconte une horreur. Et dans la foulée, les parents en questions, ils dégoupillent ! Direct !
Et bah, je peux te dire que ça fait des dégâts collatéraux qu'ils n'avaient même pas imaginé au départ, les gens.
C'est peut-être précisément qu'ils manquent d'imagination, contrairement à leur progéniture !

Allez, je te vois, là, devant ton écran, à te demander où je veux en venir avec ma loooonnnnngue introduction. Et donc, je te mets en copie l'intégralité d'un mail reçu au petit matin par notre enseignante du CM1 et que je n'ai rien eu besoin d'y changer pour que ce soit ENORME. Je te laisse juge, surtout après le débrief qui suit...

NB : les prénoms des personnages réels ont été modifiés pour préserver l'anonymat des uns et des autres (ne me remercie pas Georgette !).
:o)

OBJET : Blessure ouverte

Georgette (enseignante de CM1 - NDLR),
Hier en rentrant de l'école Monpoussin avait le coude blessé, il m'explique qu'il a glissé dans la cours sur un marron ( chose qui peut arriver )
Néanmoins ce que je trouve scandaleux et inadmissible est que personne l'a soigné malgré ses demandes auprès des maîtresses et des personnes devant surveiller la récréation.
Qui ne fait pas son travail ?
Qui refuse à un enfant de le soigner en lui repondant " il fallait pas tomber "c'est à vous de m'y répondre.
De plus, les enfants jouent à des jeux violents de sacrifice et d'indien qui consiste à frapper les petits nouveaux dont mon FILS.
Monpoussin n'est pas un enfant violent et je ne souhaite pas qui le devienne par une bande d'enfants qui apparemment vous laissez faire dans la cours.
Beaucoup trop d'agissements contraire à la charte de l'école que je vous renvoie consulter pour l'épanouissement personnel d'un enfant.
Je vous met en pièce jointe la blessure de Monpoussin et vous pourrez constater que le personnel aurait dû le SOIGNER !!!
Un parent mecontent.
Bien cordialement.
Monsieur Papa."


(message publié avec la vraie ponctuation et les vraies phôtes d'orthographe dedans, c'est meilleur. Sachant que Monsieur Papa est en homme en costume/cravate qui n'a pas l'air d'être un analphabète, ce qui nous aurait donné quelque compassion...) 
...

Alors, là, normalement, tu te dis : mais dans quelle école elle travaille, Mistinguette ??? C'est affreux ce qu'il raconte, ce pauvre père ! Sonpoussin a une blessure et on refuse de le soigner ? On lui dit qu'il n'avait qu'à pas tomber ? Et il se fait torturer par des indiens ? MAIS QUE FAIT LA POLIIIIIIIIIICE ???

...

Alors maintenant, je te raconte :

1. L'enfant dont il est question ici est arrivé à 14h00, après la longue récréation du déjeuner, pour rentrer en classe. Il a immédiatement demandé à sa maîtresse, montrant son coude superficiellement écorché, qu'elle le soigne. Elle s'est étonnée : avait-il demandé cela à la surveillante, après être tombé, pendant la récréation ? Baaaah... non, répond-il aussitôt.
L'enseignante, voyant passer la surveillante en question, lui demande alors de s'occuper du "blessé" pendant qu'elle entre avec les autres et commence le travail.
La surveillante désinfecte la plaie et explique à l'affreux qu'il faut que ça sèche : manche relevée et pas de pansement pour ce genre de bobo.

2. L'enfant travaille. A 15h00, récréation. Il sort, et saute sur l'AVS qui surveille la cours : "j'ai un bobo, tu peux me soigner ?".
Celle-ci l'emmène, le désinfecte et prend même le temps de lui faire lire l'étiquette du produit, pour le rassurer : non, ça ne pique pas.
Puis elle le renvoie dans la cour, manche relevée : pas de pansement pour ce genre de plaie, il faut que ça sèche !

3. A 16h15, avant de sortir, il trouve le moyen de mobiliser un troisième adulte pour qu'il s'occupe de lui !

Quand, le jour suivant, il arrive à l'école, avec un sourire d'une oreille à l'autre, et qu'il dit à Madirlo : "Tu vas recevoir un mail de mon père, parce qu'hier, on m'a pas soigné !", celle-ci s'étonne, n'ayant pas eu vent de l'histoire (qui n'en était pas encore une !).
Elle voit un gros pansement sur le bras du garçon, bien sparadraté (j'invente les mots que j'veux !) sur les quatre côtés. Pour en savoir plus, avant de se coltiner le père, elle décide de défaire le pansement pour voir de quoi il s'agit, et elle voit donc l'écorchure, un peu purulente du fait d'avoir été maintenue sous un pansement étanche. Elle prend l'enfant et lui explique alors qu'une plaie de ce type, il faut désinfecter ET LAISSER SECHER ! Ce qu'elle fait : désinfection et séchage, manche baissée, cette fois : finie la pub autour du bobo !

S'en est suivi un coup de téléphone au cher père pour lui expliquer sa façon de voir les choses :
Soit il a inscrit son fils dans notre école, il a un minimum confiance en nous et il travaille en collaboration pour que nous fassions grandir son fils dans les meilleures conditions... soit il peut choisir une autre école (vive le privé !).
Mais qu'en l'occurrence, il fallait, aujourd'hui, s'inquiéter des motivations de son fils, qui lui avaient fait dire qu'il n'avait pas été soigné malgré sa demande, alors même que par trois fois on s'était occupé de lui avec bienveillance...

Le père est resté scotché, d'être remis en face de ses responsabilités, avec des mots justes, sans crise mais avec fermeté...
Aaaah ! J'aime Madirlo !
:o)

lundi 22 septembre 2014

Feed Frogs Free !

Ami Lecteur, faut que je te dise un truc, au cas où tu ne serais pas au courant :
Prof des écoles, ça mène à tout !
Par exemple, quand tu te balades dans la rue, tu peux pas t'empêcher de regarder partout si tu trouverais pas un truc utile pour ta classe.
La preuve : hier aprèm, j'ai rapporté chez moi un aquarium en verre 120x40, le poids d'un âne mort, trouvé dans la rue... Oh ! Chouette vivarium pour notre projet d'observation du vivant !
Et je ne te parle pas du mois de mai, durant lequel on cherche désespérément sur chaque trottoir des GRANDS cartons pour faire les décors de 'pestacle...

Dans le même genre, on fait, comme tu le sais déjà, un élevage de têtards dans notre classe de CP.
J'ai d'ailleurs la grande joie de t'annoncer la métamorphose de trois de nos chers petits qui sont donc à présent des Grenouilles (si tu as bien suivi).
Ne me parle pas du quatrième : il a servi à nourrir les trois autres, hypothèse validée par sa totale disparition d'un bassin fermé sans possibilité d'évasion (vive la chaîne alimentaire !).

Or donc, sache, Ami Lecteur, que le têtard est relativement accommodant : tu lui balances une ou deux boulettes de perlimpinpin de temps à autre, ou de la crevette congelée, il est content. Il se débrouille. Il grandit. Il te fait ses petites pattes sans problème.
Mais la grenouille, non ! C'est qu'on devient difficile, une fois hors de l'eau ! On va pas se contenter de bouf en boîte Namého ! Il lui faut du vivant, à la grenouille. Sinon, rien !
Nous voilà donc, Mamoitié et moi, à chasser le moucheron !

Chaque soir, je mets un bocal dans ma cuisine, avec un bout de fruit un peu écrabouillé-pourri au fond, et je pars me coucher.
Chaque matin, je me précipite dans ma cuisine avant que quelqu'un n'ait la bonne idée d'allumer la lumière et je ferme le bocal.
Ne reste plus qu'à venir en classe avec, à soulever délicatement le tulle qui recouvre notre aquarium, et à libérer les chers insectes en essayant qu'ils ne se faufilent pas hors zone...
Tout un programme !

Quand je te disais que ça mène à tout, prof des écoles !
:o)

PS : moi, je trouve qu'on devrait élever des alligators : au moins, on pourrait menacer les élèves turbulents de les balancer aux crocos, et on ferait d'une pierre deux coups... non ?
Ok, je sors ! Pffff... aucun sens de l'humour !

lundi 15 septembre 2014

Brève de comptoir

Non, alors en fait, c'est bien une brève, mais pas de comptoir.

Ma fillotte Louloute étudie en ce moment "La Parure" de Maupassant.
Tu sais, cette histoire terrifiante, que si tu l'as lue dans ta lointaine jeunesse, tu te rappelles exactement le propos et surtout la fin... la fin AARRRGGGHHHH !

Et que si tu l'as pas lue, et bah cours-y vite : tu DOIS compter ce chef-d'œuvre de la littérature française parmi tes lectures, pas pour frimer, mais pour le pur plaisir de la passion, des émotions et de la belle langue (tu cliques, tu l'as en lien direct ici encore).
Vas-y je te dis : elle fait trois pages cette nouvelle, c'est pas avec ça que tu vas t'étouffer !
Et si tu l'as déjà lue, et bien retournes-y : l'effet reste le même, vingt ans plus tard.

Mais je ne vais pas déflorer l'histoire !
T'as qu'à la (re)lire !

Quoi qu'il en soit, Malouloute étudie donc cette nouvelle.
Et pour aujourd'hui, elle devait en extraire le schéma narratif (tu sais, cette structure en cinq parties qui fait le squelette de bien des récits, que les prof. de français adorent te faire retrouver... et que -heureusement- tu t'empresses d'oublier dès que tu as quitté le collège !).

Et dans son agenda, tu sais ce qu'elle avait écrit, ma fillotte chérie à l'orthographe créative ?
"Faire le schéma narratif de la nouvelle de Mopassion".

...

Moi, Mopassion, je trouve que ça lui va bien, au gars qui jongle avec les mots et les passions.
Non ?
:o)

Et bah, pas si bref que ça, cet article, finalement !

mardi 9 septembre 2014

Ma rentrée, notre classe, nos CP, nos tétards...

Ami Lecteur, ne t'effraye pas : non, je n'appelle pas mes élèves "mes têtards" : j'ai effectivement un élevage de têtards dans la classe, grâce à Mamoitié.
Je ne te l'ai peut-être pas encore dit, mais Mamoitié, avec qui je partage le CP pour la troisième année, est responsable, dans le domaine de la Découverte du Monde (DdM, l'équivalent de ce qu'on appelait l'Eveil autrefois, du temps où tu usais tes fonds de culottes sur les bancs de l'école)... Où j'en suis, là, dans ma phrase à rallonge ? Ah oui ! Mamoitié, donc, est responsable du Vivant (lourde responsabilité !).

Ca ne signifie pas qu'elle est en charge de garder en vie nos chers petits élèves.
Ni même de veiller à la santé de sa Moitié (moi, en l'occurrence).
Non, elle se doit de faire découvrir à nos chères têtes blondes les mystères de la vie.
C'est pourquoi, elle a installé dans la classe l'an passé, successivement :
  • Des larves de libellules,
  • Des têtards,
  • Un lapin,
  • Diverses plantations (mangées par le lapin dès qu'il a pu y accéder).

Bref ! Dans notre classe en cette rentrée, nous avons 1 AVS (assistante de vie scolaire) 27 élèves et 4 têtards. Le lapin arrivera plus tard, chaque chose en son temps.

Sur les 27 élèves, l'un ne s'est pas encore présenté : il est autiste, en intégration quelques heures par semaine, et doit être accompagné d'une AVS. L'AVS n'ayant pas été trouvée, l'élève n'est pas là non plus.

Deux étaient là, dans cette même classe l'an passé : nous les aimons trop pour les laisser partir. Je pense que j'aurai l'occasion d'en reparler, surtout de Nat, qui devrait être pris dans une structure plus adaptée si on arrive à construire ça proprement.
Pour te dire la nécessité de la prise en charge : en une semaine, il a déjà tapé, tenté de mordre ou mordu, injurié Mamoitié, Madirlo et moi-même. Il m'a aussi craché dessus dans un accès de colère.
Mais bon, on le connaît, hein. C'est pas comme si on n'avait pas voulu le garder...!

Une, nouvelle élève, a l'air de faire dans la provoc' systématique, ce qui est assez fatigant, mais j'ai bon espoir de progresser avec elle.

Les autres sont charmants et attentifs. Très avides d'apprendre.
Deux au moins savent déjà lire.

Voilà pour le profil de ma nouvelle classe.
Je pense qu'on va bien s'amuser ! Et je tâcherai de t'en faire profiter autant que possible : tu sais comme j'aime partager, Ami Lecteur.

Tiens, par exemple, je peux te révéler dès à présent une étonnante particularité de Madirlo, dont je n'ai été témoin que cette année, alors que je la connais depuis 15 ans : avant de manger une banane, elle... la rase !
Oui, tu as bien lu : elle rase sa banane avec la lame de son couteau.
Il parait qu'ainsi, elle retire les petites peaux indigestes.
Comme elle a vécu une partie de son enfance en Afrique, je suppose qu'elle doit s'y connaître !
Nous, ça nous a bien fait rire, en tous cas. (bon enfant, le rire, hein : personne n'a eu de pensée mal tournée ! Attafion, on reste digne mon Bon Ami !).
:o)

Allez, hop ! C'est reparti pour un tour !

lundi 1 septembre 2014

C'EST LA RENTREE

 
Ami Lecteur, au cas où tu n'aurais ni enfant, ni petit-enfant, ni radio, ni télévisions, ni internet, ni voisins, je tiens à te l'annoncer officiellement : C'est la rentrée (oui, je sais, si tu n'as pas internet, tu ne peux pas lire ce message... pfff... Rabat-joie !).
Remarque bien que je te ménage : ma rentrée à moi, elle était lundi dernier !
La preuve :

Lundi : rentrée comme Référente au Centre de Formation des Maîtres (je sais, ça s'appelle plus comme ça, mais je trouve que ça fait plus classe que nos acronymes actuels).

Mardi : prérentrée des enseignantes et des équipes de jour et de nuit (je te rappelle que nous sommes un internat !). Réunions toute la journée.

Mercredi : prérentrée des enseignants bis : rangement et organisation des classes.

Jeudi : rentrée des 'tits zélèves.

Vendredi : 2ème jour de l'année scolaire 2014-15... et ça continue, encore et encore...

Voilà.
J'ai enlevé la modération des commentaires.
Lâche-toi.
Je sais, j'ai rien raconté : ça va venir.
T'as qu'à me raconter ta rentrée à toi, tiens !
:o)

vendredi 8 août 2014

Born !

Salut Ami Lecteur,
Oui, je sais, j'ai disparu. Mais vois-tu, je suis en vacances, avec un internet capricieux et épisodique... et puis, les vacances, c'est les vacances, hein !
Mais je reviens néanmoins vers toi pour t'annoncer une belle nouvelle et t'associer à ma joie : Je suis depuis une demi-heure, et pour la seconde fois, belle-grand'mère : Ma belle-fille a accouché ce matin d'une jolie petite poulette que je vais m'empresser d'aller rencontrer à l'autre bout de la France.
Voilà !
Pour l'occasion, je t'embrasse !
Et je te souhaite un bel été.
:o)

vendredi 4 juillet 2014

Done, and well done !!!


Ami Lecteur, faut que je te dise.
Cette année, MonFiston passait son BAC.

Il avait l'air assez cool.

Il avait de bons résultats au cours de l'année, mais pas extraordinaires non plus.

Quand je lui demandais si ça allait, les révisions, toussa toussa, sans faire monter la pression pask'on sait bien que ça sert à rien mais quand même, il me répondait : "Tranquille..." et j'avais comme une petite inquiétude qui essayait de s'étendre in peto (tranquille ? comment ça tranquille ???) :

Quand, au vacances de Pâques, nous le voyions, son père et moi, déambuler un Prépabac à la main, lire au soleil sans jamais avoir l'air de produire la moindre fiche de révision, nous qui en avions pondu quelques centaines à son âge...
Quand il nous demandait encore de sortir avec des potes, à une semaine des épreuves, alors qu'à sa place, nous aurions été scotchés à notre bureau, l'esprit vague, l'œil fixé sur des cours qui ne voulaient plus rien dire à force de les relire...
Quand il nous communiquait des notes de Bac Blanc pas trop brillantes, en nous expliquant que c'était normal, qu'il avait essayé la dissert', pour voir, mais qu'il ne prendrait pas ce sujet au Bac... et que finalement il l'a prise, la dissert' !...
Bref, quand je l'observais vivre toute cette période de fin de scolarité, je le trouvais très... détendu ! Et tant mieux, hein ! Le stresse n'apporte rien de bon, note bien (GGNNNNnnnnhh !).
Mais bon.
...
...

Et bah IL L'A EU SON FICHU BAC !!!
MENTION BIEN  !
Et on a beau dire que le bac, de nos jours, ma Bonne Dame, c'est plus ce que c'était,
Que le Bac, ma Bonne Dame, ça vaut plus rien,
Que le Bac, ma Bonne Dame, pour un peu, on te le donne sans même passer les épreuves,
Et bah moi je dis :
AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH !
IL L'A EU !
HHIIIIIIIIIIIIIHAAAAOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!

mercredi 25 juin 2014

Jeu set et match !

Ami Lecteur, il faut que je t'avoue :
J'ai encore joué.
Et j'ai encore perdu.

Ce coup-ci, j'ai joué contre une brouette.
Une vieille brouette.
Lourde.
C'est elle qui a gagné par KO.
...


Le jeu tenait plus du catch que du tennis, contrairement à ce que le titre aurait pu laisser supposer.
J'ai poussé.
J'ai trébuché.
Elle a versé.
Je me suis vautrée.
Sur un de ses bras.
Dans mes côtes, côté droit.
Souffle coupé et douleur intense.
J'ai déclaré forfait !

A ce stade, j'attends tes messages de compassion ! Et par brouettes, s'il-te-plait (bah oui, forcément !).

...

Remarque, l'expérience m'a permis de repérer le chemin des Urgences, dans mon coin normand.
C'est utile !
Maintenant, je suis debout et repartie pour finir l'année en beauté.
Mais comme l'an passé à la même époque, le souffle court et la mine un peu chafouine...
Pourvu que mon poumon droit n'ait pas la mauvaise idée de se faire la malle !!!
:o)

Allez, on les aura !

vendredi 20 juin 2014

Prof, le plus beau métier du monde...

Et cet article là, ça n'est pas moi qui l'écrit... (clic)
;o)

[Aux profs de mes enfants . Pis aux autres aussi.

Chers profs,

L’année scolaire tire à sa fin.  Plus de devoirs, plus d’examens, quelques journées plus relaxes et enfin les vacances bien méritées.   Oui méritées.   Je sais, y’a toujours quelqu’un pour dire que vous avez tellement une job facile, avec des horaires de rêve, des congés un peu partout dans l’année et trop de vacances pendant l’été.   Mais, moi, je vous le (re)dis , elles sont amplement méritées ces vacances là.   Je suis allée passer quelques journées en classe, j’ai accompagné dans quelques sorties scolaires et je suis allée me reposer aux réunions.   Et là j’ai vu des choses incroyables.

J’ai vu des profs répéter la même consigne pour la 3ème fois, sans même rouler les yeux ou soupirer.   J’en ai juste 4 chez-nous et j’y arrive pas.

J’ai vu des profs partager leur collation avec un enfant qui n’en avait pas.

J’ai vu des profs rester jusqu’à trop tard le soir dans des réunions pour s’assurer que chaque élève trouvait son compte dans un projet d’école.

J’ai vu des profs se faire inviter à une fête d’enfant et passer faire un tour, un samedi après-midi, alors qu’ils avaient sûrement plein d’autres choses à faire.

J’ai vu des profs être émus aux larmes par la réussite d’un enfant, attendue trop longtemps.

J’ai vu des profs, à l’épicerie, prendre le temps de jaser avec des parents et des élèves, même si ça veut dire prendre le double de temps avant de rentrer chez eux.

J’ai vu des profs se faire apostropher à la sortie de l’école et garder leur calme et leur sourire, malgré les reproches.

J’ai vu des profs inventer des projets ou chaque élève trouve une façon d’exprimer ses talents.

J’ai vu des profs prendre le temps d’écrire des petits mots dans les cahiers de devoir à chaque semaine.

J’ai vu des profs se coucher trop tard pour que la journée d’activité du lendemain soit géniale.

J’ai vu des profs sécher des larmes et moucher des nez.

J’ai vu des profs prendre le temps d’écouter un élève qui en avait besoin.

J’ai vu des profs consoler et encourager un parent qui en avait besoin.

J’ai vu des profs inventer des histoires farfelues pour mettre un sourire dans le visage des enfants.

J’ai vu des profs décider d’aller jouer dehors avec des élèves surexcités plutôt que d’essayer tant bien que mal de contrôler le surplus d’énergie de cette journée là.

J’ai vu des profs prendre le temps d’aller jaser avec des élèves des années précédentes pour voir comment ils allaient.

J’ai vu des profs trouver des façons hors de l’ordinaire de motiver les élèves.

J’ai vu des profs acheter de nouveaux livres, plus adaptés aux goûts des élèves , pour leur donner l’envie de lire.

J’ai vu des profs m’émouvoir aux larmes par leur façon d’aller chercher le meilleur de chaque enfant.

J’ai vu des profs accepter la critique et porter une attention particulière aux points qui avaient été soulevés.

J’ai vu plein d’autres choses encore, mais surtout j’ai vu des profs extraordinaires.

Merci pour cette année.   Merci pour les années à venir.  Merci pour le temps et l’énergie que vous consacrez à mes enfants, à tous les enfants.

Merci et bonnes vacances méritées.]

dimanche 15 juin 2014

C'est la fêêêêête !

Ami Lecteur, hier, c'était la fête de fin d'année, dans mon école à moi.
Et nous, on fait les choses bien :
- Un pestacle intergalactique de la mort qui tue,
- Une kermesse avec poitons rouges et tombola-superba,
- Une démonstration de hip hop des enfants et des adultes,
- Un récital de chansons africaines et autres par une mère d'élève,
- Un dîner rassemblant toutes les spécialités des parents d'origine étrangère (beaucoup de plats africains, quelques plats asiatiques),
- De la danse et de la bonne humeur à tous les étages !

Je te montrerai quelques photos quand j'aurai réussi à en récupérer.

Sache dès à présent que :
1/ nous avons survécu à une chorégraphie intégrant pour la première fois de ma longue carrière une dimension pyrotechnique !
2/ la météo a été parfaite.
3/ le spectacle était exceptionnel.
4/ les quatre ou cinq CM2 prenant l'initiative, après le mot de Madirlo, de dire au micro leur reconnaissance pour tout ce que cette école leur avait donné ou permis ont touché tout le monde, droit au cœur.

Et pour finir, je ne résiste pas à partage avec toi une petite conversation qui continue à me remplir d'aise quand j'y repense :
Ca se passe dans ma classe, après le spectacle.
Quatre anciens élèves m'y retrouvent. Trois sont en 2nde, l'autre en 1ère.
Je leur pose des questions, sur leur vie et leurs envies.

Moi : Et alors, votre lycée, il est bien ? Vous avez des bons profs ?
Val : Ouaih, ça va...
Moi : Oui, bon, j'imagine que vous avez de tout, comme partout... mais pas un prof qui sort du lot ?
Eux : ...
You : Bah, de toutes façon, c'est pas les élèves qui vont dire que les profs sont bien, hein !
Moi : Oh ! Tu exagères, moi je me souviens de certains profs que j'ai adorés ! Non ? Vous avez pas un prof de qui vous diriez : Waou, celui-là, il est vraiment incroyable ? Qui vous a vraiment marqué ? Qui vous embarque dans ses cours ??? Non ?!
You : Bah si, vous !
...

Pan ! Touchée !
:oD

mardi 10 juin 2014

Au trou !

Ami Lecteur, tu vas pas me croire...
...
...
Jeudi dernier, j'étais sur le banc des prévenus, dans le Commissariat Central d'un quartier fluvial de la Grande Ville...
...
...
A sept heure du soir.
...
...
...
A ma gauche, il y avait trois hommes menottés au dit banc. Et ils n'avaient pas du tout le look du quartier en question.
...
...
Et moi, à leur droite. Au bout.
...
...
Je te raconte ou j'attends la semaine prochaine, que je m'en remette ?
...
...


















Hahaha ! Tu as eu peur, hein ?
Allez, je te raconte.

Jeudi dernier, donc, Monfiston fêtait son dernier jour de lycée.
L'établissement avait fait ça bien : barbecue et concours de déguisements.
Monfiston s'est donc regroupé avec ses potes, et ils se sont déguisés en... zombies d'anciens combattants de la guerre du Vietnam ? J'ai pas bien compris.
Ce qu'il faut retenir de leurs déguisements c'est que :
1/ ils ont eu beaucoup de succès mais n'ont pas gagné, à leur grande déception.
2/ ils étaient armés : un copain avait un pistolet six-coups à billes ; Monfiston avait "emprunté" à son père un marteau et une clé à mollette de belle taille...

Vers 18h30, alors que je reviens à ma maison pour trouver un peu de douceur dans ce monde de brute après une journée harassante, voilà-ti pas que je tombe sur mon sympathique ado tirant une tête de dix pieds de long. Son visage est encore couvert de faux sang, ce qui ajoute un aspect dramatique à la scène.
Il m'annonce qu'ils n'ont pas gagné.
Ca peut expliquer la tête...
Mais il continue sur sa lancée : en sortant du lycée, avec sa bande de zombies, ils ont un peu trainé dans la rue... Ils ont un peu fait du bruit... Genre lycéens qui disent un dernier adieu à leur vie d'écolier... Tu vois le genre.
Sauf que dans ce quartier là, Mon Bon Ami Lecteur, y'a du beau monde. Y'a du ministère. Y'a d'la police à tous les coins de rue. Et se balader bruyamment avec du faux sang sur la figure et un flingue à la main... ça fait tout-de-suite désordre !

Dans les cinq minutes, une voiture banalisée s'est arrêtée à côté d'eux :
CONTROLE D'IDENTITE S'IL-VOUS-PLAIT ! Ah ! Ah ! On s'amuse ! On est armé ! Confisqué, le pistolet ! Et les outils trouvés au fond du sac pendant la fouille, confisqués aussi ! (???).
Et circulez, y'a rien à voir ! Soyez contents qu'on vous boucle pas pour bêtise adolescente et lycéenne sur la voie publique !

Et voilà.
Mon ToutPetit ultra ennuyé : c'est qu'il va falloir annoncer à son père que non seulement il a emprunté deux outils sans lui en parler, mais qu'en plus les outils sont au Commissariat Central du Quartier Fluvial...
Il imagine déjà les racheter. Mais un marteau ou une clé à molette de cette taille, ça vaut bien dans les... 40 ou 50€ ! Aïe !!!

Et alors...
...
Et alors...
...
Qu'est-ce que j'ai fait, moi la Mère ?
Et bah j'ai téléphoné au Commissariat Central du Quartier Fluvial et j'ai expliqué ma petite affaire, en jouant la mère responsable, qui aimerait bien récupérer les outils de son mari, au prix qu'ça coûte Monsieur l'Agent !
J'ai eu une gentille dame. Qui m'a passé le Chef de Poste. Qui m'a dit de rappeler. J'ai rappelé la gentille dame. Qui m'a repassé le Chef de Poste. Qui m'a dit de passer.
- Moi ?
- Oui, vu qu'il est mineur, il vaut mieux que ça soit vous, avec une pièce d'identité !

Et moi qui imaginait y envoyer Monfiston, histoire de lui faire les pieds et d'en rajouter une couche dans ma fonction éducatrice et responsabilisatrice maternelle... Merdouille !
Me voilà donc à vélo, poussant sur mes petits mollets pour aller jusqu'au Commissariat Central du Quartier Fluvial. 4 km aller, 4 km retour...
Il est glauque de chez glauque, ce commissariat, moi je te le dis : si tu as le choix, va dans un autre !
Il faut descendre une rampe comme pour aller dans un parking.
Ensuite il faut sonner à une petite porte grise.
Le tout est donc en sous-sol...

J'ai dit :
- Bonjour Monsieur l'Agent, je viens pour les outils ! C'est vous le Chef de Poste ?
- Non, mais je suis au courant, je vais le chercher, asseyez-vous en attendant !
Je m'assois donc sur le banc, juste derrière.
...
- Ah, non ! Pas là, Madame : c'est le banc des prévenus ! Sur les sièges bleus, derrière !
- (Oups ! )

Un quart d'heure plus tard, après avoir beaucoup remercié le Chef de Poste, avoir plaisanté ensemble sur la grande intelligence des occupations adolescentes de dernier jour de lycée, et sur l'opportunité de faire le marlou dans le Quartier Fluvial et ministériel, je suis repartie avec le marteau, la clé à mollette ET le pistolet, que le copain de Monfiston était bien soulagé de retrouver (était-il à son père auquel il n'aurait pas demandé d'autorisation ?).

Et voilà, Ami Lecteur, tu sais tout de ma folle vie.
Et tu sais à présent comment j'ai atterri sur le banc des prévenus du Commissariat Central du Quartier Fluvial !
Par étourderie... et devoir maternel !
:o)

dimanche 25 mai 2014

Fête de moi

Aujourd'hui, comme tu le sais, Ami Lecteur, c'est la fête de moi.
Trois fois moi.
Et parmi ceuss qui me l'ont fêtée, y'a Dounette, 16 ans, poyette à ses heures.
Pour l'occasion, je ne résiste pas à te partager le poyème en prose qu'elle m'a offert.
Vois plutôt :

Il est 7h du matin.

Sortant de la salle de bain, l'eau ruisselant sur sa peau, telle une Vénus sortant des eaux, la chevelure flottant au vent, elle est là à planifier cette journée déjà bien remplie.

Attentionnée, l'œil pétillant de malice, tout sourire, étendant ses mains protectrices, elle regarde sa progéniture dormir dans les bras du beau Morphée.

Dans quelques instants, ils se réveilleront dans un concert de grognements.
Déjà, elle imagine son fils gémir à en fendre l'âme à la vue du soleil matinal et ses filles supplier de ne pas aller en cours.

Mais qu'importe, cela ne fait rien, elle est heureuse.
Depuis la nuit des temps, elle sait que c'est ce qu'elle a toujours voulu.

C'est ce qui la définit et c'est pour cela qu'on la remercie.
Maman je t'aime, il est pour toi ce poème.

Ta Dounette qui t'aime.

Je tiens à préciser que Dounette a le sens de l'humour et qu'elle cultive le second degré. Ne prends donc pas au pied de la lettre, Ami Lecteur, tout ce qui est dit ici.
Cependant, certains propos sont criant de vérité.
Au hasard, j'attrape au passage "Vénus sortant des eaux" ou "l'œil pétillant de malice" (à 7h00 du mat' NDLR)...
Voilà.
Je suis comblée !
Après le poyème de Louloute, celui-ci complète une collection qui mérite votre attention pleine et entière !
Qui dit mieux ?