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lundi 14 décembre 2009

Vacances...


Salut ami Lecteur !
Comment va la vie en cette quasi veille de Noël ?

Tu cours entre tes carnets d'éval (tu es enseignant), tu sues sur ton inventaire (tu n'es pas enseignant), tu t'excites sur ta liste de cadeaux et la préparation de tes bagages (alors, la combi, les gants, le masque, les damars, les chaussettes, le stick à lèvres...) ?

...

Et bien moi , sans vouloir la jouer perso :

  • J'ai distribué mes livrets d'éval (je suis enseignante !),
  • Le marché de Noël est derrière moi,
  • L'inspecteur est passé (à côté) et reparti ravi,
  • J'ai fini les visites de stage et les comptes-rendus qui vont avec,
  • J'ai réservé les hôtels,
  • J'ai retenu une voiture,
  • J'ai confirmé les billets d'avion,
  • J'ai retiré les permis de conduire internationaux,
  • J'ai vérifié les passeports,
  • J'ai fait le vaccin de la GrippA (s'agit pas de tomber malade LA-BAS !),
...

Y'a pu qu'à y'aller, LA-BAS !
Tu veux savoir où ?

Devine ! Sache seulement que mes bagages vont être très légers, aussi légers que les vêtements que j'y aurai mis...
Boas Festas !

Réponse aux alentours du 3 janvier 2010... d'ici-là, ne te gêne pas pour laisser des comm. ici : je les lirai à mon retour !

vendredi 11 décembre 2009

Au fait...

Ca y est, pour ceux qui voudraient transformer leur auguste image en un avatar ridicule, c'est ici...
Amusez-vous bien !

jeudi 10 décembre 2009

Epopée 3-b : celui qui soutient...

...et que ça fait du bien, quand on se sent, mine de rien, un peu merdouilleuse aux entournures, et qu'on a été attaquée avec véhémence alors qu'on était, à l'époque, à peine sortie de l'oeuf...



mardi 8 décembre 2009

Epopée 3-a : Le parent furieux

Chose promise, chose due :

Voici le long courrier envoyé par le père qui m'avait prise à partie devant ma classe, non sans avoir au préalable sermonné les enfants qu'il avait pu attraper sur le trottoir devant l'école. Accroche-toi, ami lecteur, c'est un peu confus... et clique sur l'image pour l'agrandir.








Presque vingt ans après, j'hésite entre la tendre compréhension (ce père, si attentif à son enfant !), l'estomacation apoplexique (quelle confusion mentale ! Les boings et Philippe Le Bel dans la même démonstration, il fallait oser !) et la franche rigolade : quel cirque quand même !!!

lundi 7 décembre 2009

Duck Junior, le fameux canard !

Voici, ami Lecteur, la fameuse page du journal évoquée dans mes deux derniers articles (clique dessus pour l'obtenir en grand format) : vois le contraste saisissant entre la candeur des petits canards et la violence des propos tenus dans le texte ! De quoi, en effet, chambouler grâve un parent fragile...
Et lis à présent la lettre que j'ai pondue dans la foulée pour me préserver des hordes parentales en folie :

Qu'en dis-tu ? Hein ?
Dans les jours qui viennent, tu auras les réactions écrites des deux seuls parents qui se sont manifestés... si tu es sage !

vendredi 4 décembre 2009

Epopée - 2


Quand j'ai eu fini de déjeuner, ami Lecteur, je suis allée récupérer ma classe de CM2 dans la cour et là... un père de famille ayant pénétré dans l'école au culot, m'est tombée dessus à bras raccourcis (enfin, au sens figuré, j'entends !), me demandant de quel droit je donnais des cours sur l'avortement en primaire (!), comment je pouvais aborder de tels sujets avec des enfants si jeunes, et patali, et patala, tout ça devant mes élèves, inquiets et médusés par tant de véhémence. J'ai proprement envoyé le Monsieur s'entretenir avec Madirlo de l'époque, l'assurant que nous pouvions échanger sur mes méthodes d'enseignement quand il le souhaiterait, mais pas devant les enfants !

Il est parti furieux et j'ai fait monter ma classe...
Une fois la porte fermée, les enfants se sont répandus en imprécations : de quel droit les parents critiquaient-ils leur journal ? Pourquoi ils ne seraient pas libres d'y aborder les sujets qu'ils souhaitaient ? Et puis d'abord, ils n'étaient plus des petits à qui on évite de parler de la vraie vie ! Et patali, et patala, le tout avec presque autant de virulence que le Monsieur précédemment cité. Le fils de ce dernier n'étant d'ailleurs pas le dernier à intervenir !

Là, j'ai commencé par calmer la foule en délire, puis je lui ai distribué des textes sur l'histoire de la presse, la liberté de la presse, la fabrication d'un journal... textes préparés pour être étudiés dans les jours qui venaient - et je leur ai demandé de lire et d'exploiter ces documents pendant que je pondrais une lettre explicative à leurs parents : je ne tenais pas à voir débarquer tout le quartier le lendemain matin à la première heure...

Ils ont été impeccables ! Impliqués, responsables, engagés ! Un vrai délice.

Oh ! Mais il est tard !
Allez, ami Lecteur, il faut être raisonnable : déjà, ce matin à l'école, j'ai lu dans un exercice de conjugaison "Elle garnit le LAPIN de guirlandes multicolores"... je crois qu'il ne faut pas que je rogne trop sur le sommeil.
Mais dès que j'ai un moment, je te communique la fameuse lettre aux parents, glissée dans le journal des demi-pensionnaires avant qu'il ne parte dans les familles. Et puis je tâcherai de scanner aussi le courrier que le Monsieur énervé m'a renvoyé en retour. Et pour finir, la seule autre réaction de parent... mais ça, je te laisse le temps de le découvrir dans un prochain article !
Bonne nuit !

mardi 1 décembre 2009

Epopée - 1


Aujourd'hui, ami Lecteur, je m'en vais te raconter un des grands épisodes de ma carrière d'enseignante débutante...

Cette épopée, tel un drame antique, se contera en trois actes. Non pas que je souhaite entretenir le suspens (hahaha !), mais tout simplement pour préserver tes pauvres yeux : un trop long récit fatiguerait par trop ta vue de geek patenté !

Cette histoire se passe au cours d'une de mes toutes premières années d'enseignement. Déjà persuadée à l'époque de la grande importance de prendre en compte les paroles d'enfants (d'où des conseils de classe riches et fréquents) ET de l'utilité de produire des écrits en situation réelle de communication, j'avais accepté - à la demande de mes élèves - qu'ils créent un journal relatant la vie de l'école comme celle du quartier.

Un petit groupe de volontaires s'est lancé dans l'aventure sur son temps libre, et je surveillais ça de loin, bien décidée à m'emparer du projet dès que possible pour lui donner toute l'ampleur souhaitée.

Le canard avait été baptisé par la classe "Duck junior".

Et voilà que les élèves concernés m'apportent le brouillon du premier numéro. La mise en page en était assez aérée, les textes laconiques et le tout décoré d'une foule de petits canards casquette à l'envers sur le crâne, et journal déployé en main. Je me suis évidemment penchée sur le contenu... et là, je suis restée bouche bée devant ce que je voyais : en page intérieur, dans la rubrique "info", entre l'interview du prof de sport et l'annonce d'une classe de nature, on pouvait lire :

"A savoir
Vers 1960, on enlevait les bébés qui étaient donc encore des foetus, avec des aiguilles à tricoter !
Pas de chance
La clinique I*** était envahie le matin du 01/03/97 par des anti-avortement."

Là, je dois dire que j'ai marqué un temps d'arrêt. Et puis j'ai demandé à mes chères têtes blondes d'où leur était venue l'idée de traiter ce sujet...

Ils m'ont répondu, très sûrs d'eux, qu'ils avaient vu un reportage aux informations, qu'il s'agissait de la vie du quartier et que, plusieurs d'entre eux étant nés dans cette clinique, ils trouvaient naturel d'en parler dans leur journal.

Soit.

Je leur ai néanmoins expliqué que l'article était par trop lapidaires et que ce genre de sujet sensible méritait quelques explications plus nuancées, des mots plus choisis, et qu'enfin, ils ne devaient pas perdre de vue le public visé : les enfants de l'école (plus jeunes qu'eux) et... leurs parents !

Ils n'ont pas eu l'air très convaincus, mais ont accepté de revoir leur copie dans ce sens.

J'ai ensuite aidé à améliorer l'aspect visuel, arrangé la maquette et apporté quelques informations supplémentaires sur le reste du contenu, puis les ai renvoyés à l'ouvrage.

Quelques jours se sont passés. Nous avions convenu d'une date de bouclage et d'impression et c'est au dernier moment que mon groupe de journalistes en herbe m'a apporté la mouture finale. Prise de court, dans l'urgence, j'ai fait l'ENORME erreur de ne pas relire les textes ; j'ai jeté un rapide coup d'oeil pour vérifier l'harmonie du tout, et je me suis lancée dans la publication de la chose (photocopie, photocopie, photocopie...). Un exemplaire pour chaque CM2, plus un pour chaque autre classe.

Et, hardi petit, distribution à tout le monde, pile cinq minute avant la sonnerie du déjeuner... et la calme satisfaction du devoir accompli.

Devines-tu, ami Lecteur, ce qui s'est passé une heure et demie plus tard ?

lundi 30 novembre 2009

20.500 patates !

Et voilà, ami Lecteur : il n'y a pas si longtemps, j'écrivais ceci sur ce blog... et aujourd'hui, le compteur indique plus de 20.500 clics. Mazette ! Le temps passe !
Merci à toi, qui clique à qui mieux mieux sur ces pages.
Surtout, lâche-toi ! Tu es ici chez toi.
Et longue vie à notre étroite collaboration !

dimanche 29 novembre 2009

Mmgromffff...

Aujourd'hui, dimanche :
  • Il pleut,
  • J'me suis réveillée trop tôt,
  • Je dois aller faire le marché,
  • Malouloute traîne des pieds pour aller aux Jeannettes (les scouts 'tites filles),
  • J'ai croisé une "amie" qui me plante sans sourciller alors qu'elle devait me dépanner mercredi,
  • Je dois faire mes livrets d'éval. du premier trimestre...
Mmgromfffffff.
...

Je manque d'énergie.
...

Aussi, lance-je (!) aujourd'hui le premier Mistinguetton de l'univers virtuel : Ami lecteur,
Si tu lis ce blog régulièrement ou
Si tu viens de tomber dessus par hasard,
Si tu as envie de m'encourager,
Si tu as de l'énergie à revendre,
Si tu cherche ta BA du dimanche,
Si tu veux préparer ton coeur à la grande joie de Noël qui approche,
Si tu n'as que ça à faire,

...Laisse un commentaire ici, avec plein de morceaux de vraie sympathie et de dynamisme dedans.
Voilà.
C'est dit.
...
Je vais faire le marché, maintenant.
Mmgromffffff...

mardi 24 novembre 2009

In the bus bis !


Le bus de la Grande Ville, que j'emprunte en ce moment en toute occasion, est un haut lieu d'humanité. Je sais, Ami Lecteur, je l'ai déjà dit... mais j'insiste, je persiste, et je signe.
Tiens, je me rappelle de l'époque lointaine où je n'étais pas encore cycliste : je courais chaque matin pour sauter dans l'autobus ad oque. Il m'arrivait sans cesse de ces aventures anodines, de ces micro rencontres qui étonnent ou qui enchantent...
Tu ne vois pas ce dont je parle ?

Ecoute plutôt :
Un matin alors que j'avais laissé Madounette bébé malade à la maison et son père missionné pour faire le lien avec la babysitter et lui passer les myriades de consignes indispensables en ce genre de cas (vêtements, changes, médicaments, nourriture, urgences, téléphones... !) je me suis aperçu que j'avais omis un détail d'importance.
J'ai donc saisi mon téléphone dans le bus, coincée entre plusieurs usagers témoins malgré eux de ma conversation .

- Mon chéri, j'ai oublié un truc super important : tu peux dire à la BBsitter que si elle voit que Madeleine a de la fièvre, elle lui donne une dose de 15 kg de Doliprane ?

Regards effarés de mes voisins d'infortune. Je surprends leur interrogation muette et m'empresse de les rassurer une fois le téléphone raccroché : Non, c'est pas 15 kg de médicament, c'est une dose pour un enfant de 15 kg... voilà voilà.

Soupirs de soulagement autour de moi.

C'est comme ça dans les bus de la Grande Ville !

vendredi 20 novembre 2009

Face to face...

Ami Lecteur,
tu veux connaître mon vrai visage de maintenant ?
Tu veux savoir quelle tête a Mistinguette ?
Hein ? Hein ?
Allez...
parce que c'est toi, je vais satisfaire ta curiosité...

...

...

...

...


Tadaaaaaaaaam !




Bon, c'est vrai, j'ai un peu triché... d'habitude, je suis un chouille plus grande. Mais pour le reste, c'est assez ressemblant ! ;oD

vendredi 13 novembre 2009

Le maître a dit !


Pour appuyer ce que j'avance dans le post précédent, laisse-moi, ami Lecteur, te raconter diverses anecdotes de mon enfance...
Mon petit frère était un brillant élève de primaire. Pour te dire : il a fait son CE1 et son CE2 la même année. Dans un classe à double niveau, il ne perdait pas un miette de ce qui se disait pour les plus grands et est arrivé en fin d'année en maîtrisant les notions des deux niveaux.
Et bien ce même petit frère revenait à la maison en disant une formule magique contre laquelle nous ne pouvions rien, ni son frère, ni ses soeurs, ni sa mère ou son père : "le maître a dit...".
Quand une de ses phrases commençait par cette introduction, nous savions qu'une vérité inébranlable allait sortir de sa bouche et qu'il serait vain de notre part de chercher à l'en détromper.

Seulement, entre l'émetteur et le récepteur, il devait y avoir un peu de friture sur la ligne de temps à autre. Ou bien une interprétation toute personnelle des paroles du maître. Parce qu'au final, ça donnait :

"Le maître a dit que l'année prochaine, la France et le Portugal allaient être rayés de la carte du Monde.
- Euh... Mon chéri... Comment te dire ça sans te froisser...? Tu as dû mal comprendre...
- Non ! Le maître a dit !"

Ou encore :

"Le maître a dit qu'à Pâques, les moines vaporisent du talc sous les jupes de femmes pour chasser les démons".
Précisons que nous étions élèves d'une école laïque et républicaine.
Et qu'en vacances, nous allions fréquemment à la messe dans un monastère bénédictin dont on imaginait difficilement les moines exercer ce type de pratiques !

Remarque bien, ami Lecteur : la toute puissance de la parole de l'enseignant m'a parfois servie, je l'avoue et ne crache pas dans la soupe.
Mais bon. Il faut que je me surveille !

lundi 9 novembre 2009

Gros maux !


Quelque fois, ami Lecteur, je me demande si je ne cherche pas à me faire battre... tu sais, dans le genre de celle qui tend le bâton pour voir si...
Non, je ne suis pas masochiste. C'est juste que je ne peux m'empêcher de jouer avec les mots et que, quand on est enseignante, et surtout avec des petits, il faut prendre garde.

Pourquoi se méfier de ces chères têtes blondes ?
Mais tout simplement parce qu'elles sont de curieuses machines à transformer la parole de l'enseignant pour ensuite la régurgiter à la maison sous une forme inattendue qui peut légitimement surprendre les parents.

Et qu'ai-je fait qui pourrait me valoir l'opprobre ?
Oh, pas grand chose... J'ai pontifié sur un gros mot pendant au moins un quart d'heure. Et curieusement, je sais qu'ils ont du mal à se concentrer, à même percevoir le son de ma voix pour certains, mais là, ils étaient tous très très attentifs !

Et comment en suis-je venue à ce curieux exposé hors programme officiel ?
Je te raconte :
Chaque vendredi, je lis un conte. Mais attention : pas un conte édulcoré à la Walt D. ! Un vrai conte de nos amis Grimm, Perrault, Andersen ou autre figure de la littérature mondiale. Et vendredi dernier, j'ai lu "Cendrillon ou la pantoufle de vair".

Nous avons pris le temps d'expliquer ce qu'était le vair (et non pas le verre : Pfff ! comment faire le moindre pas avec des pompes en verre ???!). Nous avons exploré les différences entre cette version et celles qu'ils connaissaient. Et nous n'avons pas manqué de remarquer que Cendrillon est également appelée par l'aînée et la plus redoutable des deux soeurs "Cucendron".
...

Et donc, explication du sobriquet : Elle a le cul dans les cendres !
...

Stupeur ! Un gros mot dans un conte ! Et répété par la maîtresse, encore !

Et me voilà à expliquer que le mot cul (mon Dieu, je frémis à l'idée des gens qui vont arriver sur ce blog après avoir entré ce nom sur Gogol !) n'a pas toujours été si "gros". Et que, dans la langue française, il est encore présent, déguisé ou non, sans que cela ne choque personne : les mots sont vivants, ils évoluent, ils changent de silhouette, il faut apprendre à les connaître.

On utilise sans vergogne le mot reculer, sans penser à mal... Et on peut se permettre de parler d'un "cul de bus", ou d'un "cul de bouteille", sans se faire vilipender pour sa mauvaise éducation.

Tout comme le mot gueule, injurieux lorsqu'il s'adresse à une personne, mais légitime si l'on parle d'un fauve ! Ou d'un amuse-gueule, moins élégant sans doute que "mise en bouche", mais acceptable néanmoins.

...

Avec le recul, je redoute les conversations du week-end... Déjà, avec des CM2, ce genre d'échange était périlleux, mais avec des CE2, je crains le pire !

Ami Lecteur, tu crois que je n'aurais pas dû ?

vendredi 6 novembre 2009

In the bus...


Depuis que je ne suis plus en vélo pour cause de rafistolage d'épaule (j'ai interdiction de remonter sur ma bécane avant encore quatre semaines... ce qui fera en tout trois mois de privation !), je suis à pince... ou plus exactement en bus.
Comme tu le sais, ami Lecteur, j'habite la Grande Ville. Et dans cette Grande Ville, les piétons peuvent opter pour deux modes de transport en commun aux philosophies très différentes : le rail ou la roue.
Ceux qui choisissent le RER ou le Métro bénéficient d'un total anonymat, d'un temps de trajet relativement maîtrisé et... des mauvaises odeurs.
Ceux qui leur préfèrent le bus (voire le tramway, heureux hybride des deux véhicules précédemment cités) profitent du paysage, des conversations des codétenus et... des embouteillages.
J'ai choisi la seconde solution. Il faut dire qu'un bus direct passe très près de chez moi et me dépose quasiment au pied de l'école. J'ai perdu en liberté et en temps de trajet, mais en revanche, je retrouve après trois ans de voyage en solitaire (qui aime Manset ?), une humanité variée qui ne cesse de me fasciner.
J'aurais dû être anthropologue !

Pour te donner un exemple de ce que j'avance, je te livre tel quel, ami Lecteur, un petit dialogue entre mère et fille surpris pas plus tard que ce soir sur le chemin du retour :

La mère, se penchant vers une pitchoune pas plus haute que trois pommes à genoux (au jugé, en CE1, CE2 maxi.) :
- ...Mais tu comprends ma chérie, c'est parce que Papa est assez nerveux, et moi aussi, alors on a du mal à être calme le soir à table.
La fillette, le visage levé vers sa mère, là haut tout là haut :
- Et bien moi, je peux vous apprendre à être calme si tu veux !
- ...
- Parce que le soir, tout le temps j'entends crier...
- C'est parce que, comme Papa est nerveux, moi aussi, alors tu comprends...
- Et bah, t'as qu'à rester toute seule, et puis moi je serais avec Papa, et comme ça, ça sera calme.
- Non, parce que moi, j'aime bien être avec vous, et qu'on dîne tous ensemble... Mais tu comprends, Papa est nerveux : son travail est stressant, et puis il boit trop aussi alors, forcément...
- Papa, il boit des jus d'orange, de pamplemousse...
- Oui, ça, il peut en boire autant qu'il veut !
- Mais tu sais, l'autre jour, il est venu au restaurant avec moi, et il a pris de l'eau, alors qu'il y avait du vin...
- Ah, c'est bien, tu vois il fait attention... Oh ! Mais c'est là qu'on doit descendre, viens vite ma chérie...

Fin du dialogue.
No comment.

vendredi 30 octobre 2009

Vacances

Salut ami Lecteur. Tu t'embêtes ? Tu travailles vaille que vaille et tu t'étonnes de ne pas pouvoir lire ma prose tout en faisant semblant de te plonger dans ton budget prévisionnel, sous l'oeil attentif d'un supérieur suspicieux ?
Et bien figure-toi que, comme d'habitude, en bon enseignante, je suis ENCORE EN VACANCES !
Et oui. A peine rentrés, on s'arrête déjà pour se reposer. C'est la règle du jeu. Si tu veux y participer, change de métier : deviens enseignant !...
Mais ne viens pas ensuite te plaindre que les zenfants n'ont plus de savoir vivre, que la politesse se perd, qu'il y a trop de copies à corriger, et qu'on t'avait pas prévenu qu'il fallait rapporter du boulot à la maison !

Enfin bon. Tout ça pour dire que je suis partie dare dare à la mer. Et que moi, je ne fais pas les choses à moitié : quand je prends des vacances, je fais les choses en grand, je suis la mode, je suis à la pointe du progrès, moi, Monsieur Madame.
...
Tu penses que je suis allée à St Barth ?
...
Bah, nan, chuis en Normandie.
...
Que je fais du voilier ?
...
Bah, nan, j'vais za la piscine pour rééduquer mon épaule.
...
Que je vais dans les plus grands restaurants du coin ?
...
Bah, nan, j'fais la popote à la maison, et c'est rudement bon (et toc !).

Alors ???
Et ben !!! J'ai mon fiston qu'a fait la GRIPPA !
SI !
Voilà.
Mais bon, c'est très surfait, hein. Franchement, après tout ce qu'on en avait dit, je m'attendais à mieux... Peuh !

mercredi 21 octobre 2009

M&M's



Toi aussi tu veux jouer à être un M&M's ? Opter pour une silhouette improbable et des couleurs à vomir ? C'est ici : va ami Lecteur, va perdre ton temps au lieu de bosser !!!

(...Merci Rikko !)...beeeuuuuh ! Chuis malaaaaaade !

mardi 20 octobre 2009

p'tit dialogue mère-fille


- Maman, tu sais, au collège, y'en a un qui m'a dit qu'il y a quelqu'un qui est amoureux de moi...
- ...
- Mais moi, j'y crois pas : quand on dit ça, c'est souvent pour pouvoir rigoler ou se moquer, hein ?
- Bah, moi, ça ne m'étonnerait pas que quelqu'un soit amoureux de toi ! Tu sais qui c'est ?
- Non. On m'a juste dit que quelqu'un était amoureux de moi. Enfin... là, je te parle normalement, parce qu'au collège, on dit pas comme ça. Tu sais comment on dit "être amoureux" ?
- Non ?
- On dit "kiffer"... c'est bizarre hein ? Et pour dire "je t'aime", on dit "j'te kiffe" ! Mais moi, j'parle pas comme ça, c'est vraiment trop bizarre !

dimanche 18 octobre 2009

Winnie


Cette année, je ne sais pas si je te l'ai dit, ami Lecteur, mais ma classe de CE2 est pile en face de celle des TPS/PS.

Si tu ne hantes pas les écoles et si tu n'as pas d'enfants, sache que la TPS/PS, c'est l'antre des nains, des miniboys et minigirls, qui déhambulent le doudou à la main, la morve au nez et le tutu lourd. Sache aussi que, pour rien au monde, je n'aimerais être obligée d'enseigner à ce niveau où le but de chaque individu de moins d'un mètre est de monopoliser la maîkresse pour lui tout seul...
Mais que j'adore y faire un tour sous prétexte d'emprunter tel ou tel matériau. Parce que sache enfin, ami Lecteur, qu'on trouve TOUT en TPS/PS : c'est une sorte de caverne d'Ali Baba qui renferme des trésors de ficelles, papiers, affiches, bouchons, crépon, feutres, peintures de tout type, vernis et autres pinceaux et rouleaux divers.

Tout ça pour te raconter la dernière anecdote des TPS/PS, racontée entre la poire et le fromage en salle des maîtres, hier.
Une 'tite fille minus minus, après une semaine parfaite de propreté, s'est remise à faire pipi dans sa culotte.
La semaine précédente, les parents avaient dit à l'enfant, jour après jour :
- Allez, Minipuce, tu vas être bien sage et bien propre aujourd'hui, hein ? Et si tu as été bien sage et bien propre toute la semaine, on t'achètera un Winnie !

La 'tite poule avait bien enregistré la chose et avait fait tous les efforts demandés.
Cette semaine, devant les "accidents" à répétition, la maîtresse s'étonne :

- Mais alors, Minipuce, qu'est-ce qui se passe en ce moment ? Tu as été si sage et si propre la semaine passée...
-... J'ai pas eu mon Winnie.

Bah oui ! Faut pas les prendre pour des c** non plus, hein !

Quand l'instit. a été voir la mère pour la mettre en face de ses responsabilités, elle a répondu qu'elle n'avait pas pensé que c'était si important...
Précisons quand même qu'il s'agit de parents qui envoient leur Minipuce au lit avec un biberon pour seul dîner, si elle a un "accident" à la maison. Hum ! Bon. On va tâcher de leur expliquer...!

jeudi 15 octobre 2009

Restons sérieux !


En ce moment, Madounette explore avec son prof de français de 6ème le conte de la Barbe Bleue.

Elle adore.

Régulièrement, elle analyse le texte et doit, pour ce faire, répondre à des questions...

Je m'y intéresse et l'aide si nécessaire. C'est un bon moment partagé autour de la littérature, pendant lequel elle exprime son enthousiasme pour cette histoire, pour cette langue, et pour les magnifiques illustrations de Gustave Doré.

La semaine dernière, tout en transcrivant à l'écrit la réponse sur laquelle nous nous étions mises d'accord, elle me dit, sans lever son nez de sa feuille :

- Quand même, Maman, Barbe Bleue, on peut dire que c'était un "sérieux killer", hein ?
- ... Euh..., on dit "serial killer" ma chérie... ou tueur en série, si tu préfères...
- Oui, mais attends, c'est sérieux là...! T'as vu toutes les femmes qu'il a tuées ? Hein ?
- ... Oui... Certes... Mais l'expression, c'est "serial killer". Voilà.

mardi 13 octobre 2009

la la la la la laaaaaaaaaaaa !

Allez,
J'te l'dis...
Aujourd'hui est un jour très spécial.
TRES !
Tu devines pourquoi, ami Lecteur ?

Tu peux déjà éliminer :
- j'ai rencontré Brad Pitt,
- j'ai gagné au Loto,
- mes lardons ont rangé leur chambre,
- j'ai été inspectée,
- j'ai retrouvé l'usage complet de mon bras gauche,
- je vais au restau. ce soir (quoique...),
- les vacances ont été avancées de deux semaines,
- il y a trois cas de grippe A parmi mes élèves : la classe a été fermée,
- on a avancé l'âge de la retraite à 40 ans,
- mon blog a été élu Blog de l'année (si spirituel ! si bien écrit ! si juste et loufoque en même temps...!),
- ...

Alors ?
Quoi tu dis ???
Allez, je t'aide : il y a un indice dans cette page...!

lundi 12 octobre 2009

First boom done...

Allez, ami Lecteur, chose promise, chose due : Je te raconte mon expérience de primiboom. Je t'ai suffisamment fait attendre comme ça. Et j'imagine bien que, derrière les 6 commentaires du post précédent, se cache une foule de lecteurs timides et impatients. Seuls les plus téméraires se sont exprimés. Normal : il faut un certain aplomb pour laisser la trace de son passage sur ces pages.
Bien.

Trêve de bavardages et de détours inutiles.

Je te raconte.

Sache tout d'abord que, pour suppléer mon mari absent et pour gérer le côté technique, j'avais fait appel à mon beau-fils Jo, le frère aîné de Mondoudou, âgé de 23 ans. Il est donc venu dans l'après-midi donner un coup de main pour aménager la terrasse (frotte, frotte, frotte... rince, rince, rince... range, range, range...) et installer les baffles, la boîte à musique et l'ordi qui va bien avec.
J'avais placé sur la table extérieure une nappe dorée, des bouteilles de cocabulles et autres liquides licites et colorés, des bonbecks à la pelle, des tomates cerises (Oh ! un aliment naturel !) des chips et des triangles de pain de mie / fromage de chèvre frais / jambon. Tout ça était du plus bel effet...

Sur le 'tit coup de six heures, les ostrogoths ont commencé à arriver...
et...
Et bah j'ai pas vu grand chose, figure-toi !

Paske, à 13 ans, l'ostrogoth mâle, comme l'ostrogoth femelle (et surtout quand ils sont ensembles) n'aime pas trop que l'adulte désoeuvré traîne parmi eux : ça casse l'ambiance. Personne ne te le dit, mais tu le sens très vite !
Même Jo s'est rapidement senti déplacé... : Vieux ! Mais vieux !!! Ça lui a fait drôle... j'ai bien peur qu'il s'en remette difficilement. On lui a gentiment fait comprendre qu'on se débrouillait très bien sans lui : le I-pod branché sur la sono permettait aisément de se passer de DJ...

C'est ainsi qu'on s'est retrouvé tous les deux, Jo et moi, comme des vieux que nous sommes (oui, bon d'accord, moi un peu plus que lui...), à la cuisine, à mater des vidéos sur internet pour passer le temps.
Bon.

J'dis pas qu'on n'a pas chopé une ou deux phrases d'anthologie ici ou là.... à l'occasion d'une virée soudaine sous prétexte de déposer les pizzas chaudes, ou d'apporter le gâteau d'anniversaire... Mais pas grand chose en somme. Presque décevant.
Allez, ami Lecteur, vu ton insistance, je te livre les deux meilleures :

1/ Un bôgosse, arrivé dans les premiers, voit mes 'tits canapés artistiquement disposés sur un plateau et dit :
"Oh ! Du jambon ! C'est original !"
...
Nan, c'était pas du second degré, ça venait du coeur... si, si. Sache que si ton Grumeau fait une boom, tu peux mettre du jambon : ça fera HYPER original. Ça, si c'est pas du bon tuyau... !
...

2/ Le gâto est apporté, les bougies soufflées, et je coupe fébrilement la bête afin que la horde barbare puisse se jeter dessus allègrement. Je fais vite et efficace, afin de me soustraire au plus vite à la foule affamée.
J'opte pour une découpe en 'tits cubes, qui permet un plus grand nombre de parts, plus faciles à saisir. Et lorsque je m'apprête à partir, j'entends une minipouf s'exclamer :
"Oh ! Regarde le gâteau, il est coupé en p'tits carrés : C'est TROP MIGNOOOONNN !"
...

Voilà voilà.
Cherche pas à comprendre, c'est une autre tribu dont on ignore la plupart des codes.
Ils sont partis bien sagement vers dix heures, la plupart pratiquement aphones à force de cris et hurlements en tous genres (merci à mes voisins pour leur patience). La terrasse et la pièce attenante étaient un vrai chantier, le buffet ressemblait à un champ de bataille, les parts de gâteau restantes avaient toute une fourchette plantée en plein coeur.
...

Et j'ai retrouvé une robe de minipouf sur la rampe de l'escalier... TOUTEFOIS, il ne me semble pas avoir vu de fille nue sortir de la maison. Il doit y avoir une autre explication !

dimanche 11 octobre 2009

... !

C'est dingue, ami Lecteur : je m'attendais à ce que, dès l'aube, tu rappliques sur cette page et que tu appelles, timidement, mais avec l'insistance du lecteur fidèle, pour savoir si j'avais survécu. N'obtenant pas de réponse immédiate, devant mon silence inquiétant, tu aurais trompé ton attente en rédigeant des commentaires angoissés ou, tout du moins, remplis de vrais morceaux de curiosité...
Mais non.
...
Personne.
...
Tu fais sans doute la grasse mat', l'esprit tranquille et l'âme au repos. C'est bien.
A présent tu sais que j'ai dépassé cette étape initiatrice de tout parent d'ado. : la première boom du samedi soir.
Peut-être te donnerais-je des détails sur cette folle soirée. Voire quelques conseils pour toi, ami Lecteur, qui vois grandir tes crapauds et constate qu'ils approchent dangereusement de l'âge fatidique...
...
Plus tard.
...
Si tu en exprimes vraiment le désir.
...
Avec insistance.
...
Voilà voilà. La balle est dans ton camp. J'vais faire un peu de ménage... en attendant.

samedi 10 octobre 2009

Boom... Aïe ! ;oD

...Ami lecteur, ce soir, seule, avec mon bras en écharpe et mon mari en province, je gère l'intendance et l'organisation de la première boom de Mondoudou, 13 ans, 30 invités hystériques...

...

Aie une pensée pour moi entre 18 et 22h, s'il-te-plait.

Mets-toi en prière dès à présent pour qu'il fasse beau (c'est sur la terrasse !), que la technique suive, que la déco soit satisfaisante, qu'il y ait assez de pizza et de cocabulles et que les Grumeaux ados ne pètent pas les plombs... pas trop... si possible...

J'en aurai jamais vu autant d'un seul coup sur un si petit espace.
...
J'AI PEUR !
...
AAAARRRGGGHHHHH...
...
...
Prochain épisode, demain si j'ai survécu.

lundi 5 octobre 2009

Pestacle à voir !

Qui n'a pas encore été voir ce fabuleux spectacle de fables : textes intégraux formidablement joués et incarnés par deux actrices hors paires ?

Et en plus, elles se déplacent dans votre école
(Paris et région parisienne) !
La Compagnie Danse de Joie présente
FABLES EN FÊTE
10 fables de Jean de La Fontaine
Avec : Aurélie VIDELIER - Sabine ALAVIA / Mise en Scène : Roland BIDEAU
Paroles et musique des chansons : Laurence Bonnamour
Spectacle tout public de 5 à 105 ans – Durée : 1 heure

Comment il est prouvé que l’incarnation de tous les animaux des fables représentant les hommes, reste éternellement comique et actuelle. « Tantôt crapaud, lion, renard ou chat, les comédiennes se métamorphosent pour faire vivre ces animaux… Avec exubérance et drôlerie, les fables de La Fontaine sont théâtralisées fidèlement. Les moments d’intermèdes chantés intégrés à l’ensemble du spectacle, sont comme un subtil prolongement, ludique et «malicieux» de la satire de Mr de La Fontaine sur le genre humain.»

du 03 Octobre au 20 Décembre 2009
les samedis à 19h 30 et les dimanches à 14h30
Relâche le 31 Octobre et 1er Novembre 2009

THÉO-THÉÂTRE
20, rue Théodore Deck
75015 PARIS / Réservations : 01.45.54.00.16.
Tarifs : Adultes 20 € - tarif réduit 16 € - groupes ( 10 pers ) 12 € - tarif SEL : 10 €

Location : billetreduc.com ou theatreonline.com ou ticketnet.fr
Contact : Compagnie Danse de Joie :
01.45.67.17.03. ( salavia @ orange.fr )

dimanche 4 octobre 2009

Ahi ! Aho !


Allez, ami lecteur,

D'abord une bonne nouvelle : dans moins de deux semaine, on me déficelle !... Moins drôle : mon très cher médecin, celui qui m'a récupérée larmoyante en urgence le jour fatal de ma chute et qui me suit depuis, m'annonce deux mois de rééducation à trois séances par semaine ! Hahahaha ! Ça se voit qu'il n'a jamais fourré son joli nez dans mon agenda, çuilà ! Bon. On verra bien le moment venu comment caser trois séances de kiné dans un planning déjà en pleine surchauffe...

Allez, je profite de cette petite visite sur cette page pour t'en raconter une bien bonne :

Épisode 1 dans ma classe

Vendredi dernier, un de mes élèves, un de ceux qui n'a pas sa langue dans sa poche, me dit :
- Maîtresse, y'a des nains à la porte !

Je lève les yeux de mon ouvrage et je vois... deux 'tits nains de maternelle 'tite section qui attendent timidement dans l'entrebâillement, une viennoiserie à la main. Je m'avance, déjà amusée (j'adore les 'tits zécoliers. Du moment qu'on ne me demande pas de leur faire classe, j'adore !). Je m'accroupis, histoire de me mettre à leur hauteur et commence à les questionner :

- Bonjour ! Keske vous voulez les 'tits nenfants ?
- On t'apporte un gâtô ! C'est moi qui l'a apportéééé !
- Ooooooooooh ! C'est ton anniversaire ?
- Nan. Mais c''est moi qui l'a apportééééééé !
- Ah. Et ta maîtresse t'a dit de m'en apporter un parce que je suis une grosse gourmande ?
- ... (oui de la tête avec un grand sourire) ; et on en a apporté un aussi à S.
- Ah, oui, normal : elle aussi, elle est une grosse gourmande !
- ... (oui de la tête avec un grand sourire)
- Bon, ben, merci les zenfants ! A bientôt.

Fin de l'épisode.

Épisode 2, dans la salle des profs, à l'heure du déjeuner

Je remercie l'enseignante qui m'a envoyé les nains aux viennoiserie et m'extasie sur la délicieuseté des douceurs dégustées (c'est pas beau ça ?).

Et voilà-t-y pas que Madirlo fait la moue et nous annonce qu'elle, elle n'a pas eu le bonheur de les manger, les viennoiseries... Le 'tit nain qui avait été choisi par l'enseignante pour la mission de confiance absolue, à savoir porter un chausson aux pommes à La Directrice, un petit turbulent choisi avec soin pour le mettre en valeur, lui donner une occasion de rédemption, le faire déambuler dans l'école auréolé de la gloire du mandaté express... Ce zozo insupportable s'est arrêté à deux mètres de la porte de la classe et a... englouti la pâtisserie avant de s'en retourner vers sa maîtresse, les yeux limpides et la bouche en extase...

L'enseignante s'est étonnée de la vélocité de son messager. Sans la moindre honte, lorsqu'elle lui a demandé s'il avait bien rempli son office, il s'est contenté de montrer du doigt sa bouche pleine de miettes...
...
Eh ? Il va être en CE2 un jour, ce gugus là ??? Moi, je dis : ça fait peur !

samedi 26 septembre 2009

Un pied dans la tombe


Ce qui est sympathique des CE2, c'est leur spontanéité et leur fraîcheur.
Tiens, par exemple l'autre jour, j'étais assise à mon bureau. Ça m'arrive de temps à autre, surtout à l'heure du déjeuner : j'avance mes préparatifs tandis que les enfants qui le souhaitent restent en classe pour goûter un instant de calme avant le repas. C'est souvent aussi un moment très privilégié dont les élèves profitent pour causer de tout et de rien avec la maîkresse... même quand elle est débordée.

Ce jour-là donc, je m'active à corriger des cahiers de mon bras valide tout en écoutant d'une oreille un peu distraite les petites poulettes qui me parlent de leurs histoires de filles. Et soudain l'une d'elle qui s'était glissée presque jusque dans mon dos s'exclame :
"Mais... T'as des cheveux blancs !!!... Pourquoi t'as des cheveux blancs ???"
Oui, bon, sache-le, ami lecteur : j'ai une demi douzaine de cheveux blancs depuis l'âge de 18 ans sur le sommet de ma brune et abondante chevelure. Pas plus, pas moins. C'pas un drame, hein ! D'autant que moi, je ne les vois pas...

Mais voilà-t-y pas que j'ai à peine le temps d'esquisser un sourire et de penser à la réponse ad oque que 'Tite poule en second réplique tout de go :
"Bah ! C'est pask'elle est vieille !"
Et de me lancer dans la foulée :
"Tu les peints pas, tes cheveux blancs ?"

dimanche 20 septembre 2009

L'emploi du pronom indéfini...

Ma grande soeur m'a envoyé ce texte aujourd'hui. Comme j'ai apprécié, je partage...

Il était une fois quatre individus qu'on appelait
Tout le monde - Quelqu'un - Chacun - et Personne.

Il y avait un important travail à faire,
Et on a demandé à Tout le monde de le faire.
Tout le monde était persuadé que Quelqu'un le ferait.
Chacun pouvait l'avoir fait, mais en réalité Personne ne le fit.

Quelqu'un se fâcha car c'était le travail de Tout le monde !
Tout le monde pensa que Chacun pouvait le faire
Et Personne ne doutait que Quelqu'un le ferait…

En fin de compte, Tout le monde fit des reproches à Chacun
Parce que Personne n'avait fait ce que Quelqu'un aurait pu faire.

*** MORALITÉ ***

Sans vouloir le reprocher à Tout le monde,
Il serait bon que Chacun
Fasse ce qu'il doit sans nourrir l'espoir
Que Quelqu'un le fera à sa place…
Car l'expérience montre que
Là où on attend Quelqu'un,
Généralement on ne trouve Personne !

Je vais le transférer à t
out le monde afin que chacun puisse l'envoyer à quelqu'un sans oublier personne.

jeudi 17 septembre 2009

Retour en enfance

Avoir l'épaule cassée, c'est exaspérant parce que :
  • Ça fait mal,
  • Je dois prendre le bus à la place du vélo (trajets x 3)
  • Je ne tape qu'à une main (sur mon ordi., pas sur mes élèves !),
  • Je ne peux pas dormir sur le côté gauche (mon côté de prédilection),
  • J'ai une silhouette informe...
  • Je déforme tous mes pulls,
  • C'est mes enfants / mon mari qui m'attachent les cheveux et me font mes lacets,
  • Je dois faire des contorsions invraisemblables pour boutonner mes jean's (501, évidemment...),
  • Je suis assommée de paperasseries sans fin liées à l'accident lui-même (assurance, médecin, rectorat...), alors qu'en ces temps de rentrée, comme tu t'en doutes, ami lecteur... j'ai que ça à faire !
  • La plupart des gestes simples de la vie quotidienne prennent des allures de prouesse technique,

MAIS
..
MAIS
...
MAIS
...

...

Madirlo me coupe ma viande à table, en 'tits bouts faciles à mastiquer et même elle enlève le gras et les os...

Alors ?
Ça compense pas largement tous les malheurs, ça ??? Hein ?

mardi 15 septembre 2009

Astuce, dit la puce !

Ami lecteur,
Il faut que je te livre un secret, une astuce des temps anciens qui te sera peut-être un jour d'un grand secours.

Permets-moi, dans un premier temps, de situer la scène au cours de laquelle on m'a transmis ce savoir ancestral :

Lorsque j'ai fait ma chute de vélo (excuse la redondance du sujet : mon univers tourne un peu en rond ces derniers temps...), je me suis fait ramasser par une automobiliste compatissante qui m'a déposée à deux pas de mon école.

[MODE aparté ON]
Cette femme secourable n'étant autre qu'une directrice d'école maternelle du coin qui a abandonné l'idée d'être à l'heure en ce second jour de rentrée : ce jour où les mouflets pleurent encore toutes les larmes de leur corps, où les mères éplorées cherchent un appui dans le regard stoïque du chef d'établissement et où les pères fuient les petits bras qui s'agrippent désespérément à leur cou... Tout ça pour porter secours à une instit. du primaire ET du privé qui plus est !
C'est pas beau, ça ?
[MODE aparté ON]

J'ai poursuivi à pied jusqu'à mon lieu de travail, tout en prévenant Mamoitié qu'il serait opportun qu'elle rapplique dare-dare, là, tout de suite, maintenant, pour prendre la classe à ma place (ce qu'elle a fait dans le quart d'heure qui a suivi, bien qu'étant en pyj. au moment de l'appel !).

Mais arrivée au secrétariat de l'école, lorsque j'ai voulu expliquer que j'avais un léger problème et bah... j'ai pas pu aligner trois mots : je sanglotais comme un bébé, ayant le plus grand mal à exposer la situation.

Normal, penseras-tu in peto : c'est le choc émotionnel et physique ; 'faut que ça sorte !

...Et tu as raison, car tu es perspicace et fin psychologue.
Mais écoute plutôt ça :
La vieille soeur, la dernière encore active à l'école, qui fait l'accueil, soigne les bobos, achète le pain du goûter et grille de temps à autre les quignons restant pour la plus grande joie des enfants (Ah, l'odeur du pain grillé qui envahit l'école ! Quel délice !) - Cette Bonne Soeur au sens premier du terme donc, s'approche de mon oreille et me glisse, avec la discrétion qui la caractérise :

"Allez faire pipi !"

... !

Ce conseil incongru a eu le mérite de me faire sourire. Mais sa vertu est autre : C'est un "remède de grand'mère" qui assure que soulager sa vessie permet dans le même temps d'évacuer le trop plein d'émotion.
...

Et bah moi, je dis que c'est pas sot ! Essaye, tu verras bien ! ;oD

lundi 14 septembre 2009

Wait and see...

Aujourd'hui, radio de contrôle de mon épaule... et bah rien de nouveau sous le soleil : c'est cassé cassé, et faut bien 4 à 6 semaines pour que ça recolle... en faisant attention et tout et tout. Moi qui espérais secrètement que le gars s'exclame devant son cliché : "Oh ! Mais M'dame Mistinguette, vous ne me ferrez pas croire que vous avez 40 ans : c'est déjà tout réparé en une semaine comme si que vous aviez moins de 10 ans !!! C'est un miracle ou je ne m'y connais pas !!!".

Ah bah nan.
Et en plus, i' m'ont fait mal, histoire de bien voir l'os sous toutes ses coutures, bras tendu, tordu, plié... Oh, pas méchamment, allez :
- Dites-moi si ça vous fait mal quand je mets votre bras en torsion comme ça ?
- AÏE ! OUI ! ÇA FAIT MAL !!!
- Restez dans cette position, arrêtez de respirer ! Ne respirez plus ! Ne bougez plus !
- (AÏE ! AÏE ! AÏE ! AÏE !!!)
- Rabillez-vous. Vous avez besoin d'aide pour remettre l'atèle ?
- Ah, oui, j'veux bien (c'te question ! Na mais j'vous jure !).

Voilà. C'est fait. Demain, je vois le médecin qui me redira la même chose que le radiologue, histoire d'enfoncer le clou... Je sens que je ne suis pas prête de retrouver l'usage de mon bras gauche !

samedi 12 septembre 2009

Manchote

Ami lecteur... je ne voudrais pas que tu te morfondes trop à attendre, l'âme en peine, un article de moi... Néanmoins, tu comprendras aisément qu'une manchote met trois fois plus de temps à réaliser les tâches quotidiennes qui lui incombent, et que de ce fait, rédiger des textes ici devient périlleux... et fastidieux de surcroît !
Sache pourtant que mes petits élèves m'ont offert des roses, que certains sur la cour, surpris par ma silhouette déformée, ont cru un instant que j'attendais un heureux événement (jusqu'à ce que je sorte soudainement ma main de sous ma chemise, au niveau de mon nombril... surprise !) et que la plupart trouvent désopilant ma manche vide pendouillant à mon côté gauche...

A part ça, nous avons eu droit à un virus rebaptisé par un enfant : la gastro A... ! Une nouvelle pandémie ?

Voilà. J'espère retrouver rapidement l'usage de mes deux bras afin de virevolter à nouveau sur le clavier !
...Tout vient à point à qui sait attendre... Mais Grooouuuiiillleee ! Ça presse !!!

samedi 5 septembre 2009

Piège urbain

Je précise que ce filet était initialement tendu sous le tablier du pont et qu'il était vraisemblablement destiné à prévenir les chutes de pierres avant de changer de destination et de provoquer la chute du vélocipédiste innocent...

Et me voilà donc l'épaule ficelée au buste par un système d'épaisses bandes à velcros, faisant sortir ma main gauche au niveau de mon nombril. Je ne me plaints pas : on m'a parlé d'épaules fixées à l'élastoplaste... Je n'ose imaginer l'arrachage à la fin de l'aventure !
Ma douloureuse situation me rappelle celle d'une amie, il y a une vingtaine d'années (sic), instit. en maternelle, qui, s'étant trouvée dans la même situation que moi... Peut-être vais-je provoquer le même genre de réaction ubuesque ? J'adorerais !

vendredi 4 septembre 2009

Aïe !

...Et voilà, ami lecteur : je devrais être en classe en ce moment...
J'y serais si je n'avais trouvé au travers de ma trajectoire ce matin un filet pendouillant du pont sous lequel je passe, juste dans la descente où on va vite sur son vélo pour remonter la pente qui suit...

Résultat : épaule fracturée et donc immobilisée, je ne sais même pas pour combien de temps. La gauche heureusement, mais bon. Aïe aïe aïe ! C'est douloureux...

Je me réconforte en me disant que ça aurait pu être pire... hein ?!

...
Et ne va pas me dire que ça devient une habitude chez moi, hein ! Ni "jamais deux sans trois" : je compte stopper la série noire là, tout de suite, maintenant.

Bon. Je ne vais pas raconter toutes les circonstances malheureuses de cet accident avec humour et dérision comme tu pourrais t'y attendre, ami lecteur ; car vois-tu, l'une des conséquences de ma chute, et non la moindre, c'est que je suis condamnée à taper d'une seule main, la droite, si tu suis bien... et que c'est donc long, fastidieux et terriblement agaçant...

Tu peux à présent, toi qui as la chance d'avoir l'usage de tes deux mains, te répandre en commentaires longs, nombreux et compatissants ! C'est un excellent complément aux anti-inflammatoires et aux antalgiques !

mercredi 2 septembre 2009

La rentrée, c'était déjà hier !

Ça y est.
J'ai eu ma rentrée.

La plus cool de toute ma carrière d'enseignante.

Imagine, ami lecteur : j'ai passé dix-sept ans en classe de CM2. Ça signifie que pendant dix-sept ans, j'ai fait mon possible pour accueillir au mieux (sic) une trentaine de gus et de gussettes prépubères plus ou moins rebelles et opérant une mutation psycho-affective importante au cours de l'année.


Hier ?

Et bien j'ai affiché en classe une liste de 21 élèves.

Sur ces 21, l'un n'arrivera qu'en novembre.

Une autre s'est désistée.

Deux autres étaient absents.

Comme nous le faisons systématiquement en mi-temps, nous étions, Mamoitié et moi, présentes pour accueillir parents et enfants entre 8h30 et 10h. S'y ajoutait cette année une sympathique AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire), attribuée à plein temps pour aider deux de nos élèves reconnus porteurs de handicap.

...

Ce qui fait que nous étions trois adultes pour seize enfants...

Et pas des gros baveux, hein ! Des tout p'tits ! Tout mignons ! Mimis comme tout ! Sur des 'tites chaises, devant des 'tites tables...

...

Je crois que je vais me plaire, moi, en CE2 !

mardi 1 septembre 2009

D Day !


...Et voilà.
Demain, c'est la rentrée. Ou plutôt aujourd'hui, puisqu'il est 1h19 du matin et que je n'arrive pas à dormir.
Ma première rentrée en CE2. Après 17 années de bons et loyaux services en CM2... Je m'attends à un choc : une classe de 'tits nains gentils après des années d'ostrogothes baveux !
Et 21 au lieu de la trentaine habituelle !

...

Dites, vous croyez que je vais m'ennuyer ?
Allez, je vous raconterai, promis !

lundi 17 août 2009

Aurevoir, F... A bientôt

F.nous a quittés
Elle s’est envolée sur la pointe des pieds
A son passage aucune porte n’a grincé

Elle est partie rejoindre le Seigneur
Elle a senti venir son heure
Et lui dans ses hauteurs
A ouvert ses bras avec bonheur.

F., petite flamme d’amour
Distille en nous ta chaleur pour toujours
Porte-nous dans notre chagrin
Et console les tiens.

F., tu es morte un samedi 15 août
La Vierge Marie en te choisissant n’avait aucun doute
Elle t’a prise par la main
Pour te présenter aux siens.

F., tu es partie sans bruit
De l’autre bord, tu nous attends
Ce n’est qu’une histoire de temps…

Mais alors quand nous nous retrouverons
Une grande tablée nous ferons
Et de bonheur les larmes couleront…

F., enseignante des classes de TPS PS à St ***, est décédée à l’âge de 37 ans le samedi 15 août 2009.

(texte de mon amie S. qui a su si bien trouver les mots...)

samedi 25 juillet 2009

Coupure de presse

Salut ami lecteur.
Tu vas bien ?
Tu es en vacances ?
Nan ?
DOMMAGE ! Moi, oui.
Voilà voilà. Il faut bien quelques compensations pour survivre à ça, ou même à ça...

Mais tu vois, je suis bonne fille : de passage à la Grande Ville pour déposer Madounette en partance pour un camp de jeannettes, je passe par ici te saluer un instant, et partager avec toi un 'tit article retrouvé au fond d'un placard et que j'ai bien aimé. Je ne raffole pas, en général, des sirènes clamant que les enfants étaient tellement mieux avant, et que leurs parents itou. Mais dans ce billet-ci, j'ai reconnu comme du déjà vu, déjà vécu, alors voilà... je partage. Après ça, t'en fais c'que t'en veux, hein. T'es un lecteur libre, après tout ! ;oD

La chronique de Martine-Marie Muller
(enseignante, romancière et mère de trois enfants)

Nouvelles mères

J'observe les nouvelles mères à la sortie des écoles, la mienne, ou celle d'une de mes amies institutrices. Elles sont jeunes, elles pourraient être mes filles. Elles ont toutes l'air exténuées, énervées. Elles embouteillent la rue avec leurs voitures mal garées, au plus près de l'école : si elles pouvaient se garer devant la classe et prendre leur enfant au vol, comme un hamburger au Macdrive, elles le feraient ! Elles ont les bras chargés de paquets de biscuits, de boissons. C'est que ces nouvelles générations d'enfants sont d'une autre essence que leurs aînés : ils fondent comme du sucre s'ils reçoivent deux gouttes de pluie, s'écroulent s'ils font 100 mètres à pied et se rouleraient sur le trottoir s'il leur fallait attendre le sacro-saint goûter plus de dix minutes.
Ils ne vont pas à l'école le samedi matin car leurs parents ne veulent pas se lever, ratent les jours de rentrée, quittent l'école avant la date afin de faire des économies sur les billets d'avion ou de train.
Ils sont les enfants rois et tyrans de parents que le manque de temps, la solitude, les divorces et la consommation ont rendu esclaves.

Monique, mon amie institutrice en maternelle, me raconte les plaintes de ces nouvelles mamans, chaque matin :
"Monique, Kevin n'a pas voulu son chocolat ce matin...", "Monique, ne faites pas trop travailler Nicolas, il n'a pas voulu éteindre la télévision avant 22 heures...", "Monique, je ne sais pas quoi faire, Adrien ne veut manger que des frites...", "Monique, Eva ne veut pas mettre sa blouse ; dis à Monique pourquoi tu ne veux pas mettre ta blouse, Eva chérie...".

Monique croise les bras et explique gentiment mais fermement :
"C'est vous la maman, c'est vous l'autorité. Votre enfant vous doit le respect et l'obéissance."
Les mamans regardent Monique avec étonnement et inquiétude. Mais de quoi parle-t-elle ? Mais qui est cette institutrice qui ne veut pas éduquer ? Elle n'est pas payée pour cela ?
Les nouvelles mamans ne disent pas cela tout haut, bien sûr, mais Monique lit en elles comme dans un livre. Et ne cède pas. L'Eva chérie mettra sa blouse, et toute seule.