- Maîtreeeesse ! Pour le déjeuner, on mange du poisson panné !
- Du poisson pas né ? Comment peux-tu le manger s'il n'est pas né ?
- ??? Gnnn ?
- Je te fais une blague : c'est un jeu de mots. Si ton poisson, il n'est pas né, que sa naissance n'a pas eu lieu, comment peux-tu le manger ?
- AAaaaaah...! ...Refais-le, refais-le, maîtresse ! Pose moi encore la question !!!
- Euh... ton poisson pas né, comment peux-tu le manger, s'il n'est pas né ?
- Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Du poisson panné pas né ! Ha ! Ha ! Ha !... Hé ! RoMa, tu sais quoi, on mange du poisson panné, mais on peut pas le manger, pask'il est pas né ! Pfffff... Hahaha !
- Hein ?
- Bah oui, il est pas né, sa naissance ! Du poisson pas né ! Hihihi ! Au fait, Maîtresse, comment ça nait, les poissons ?
- Les poissons, ça nait dans des œufs, dans l'eau, dans le courant de la rivière, de la mer, ou collés à des algues...
- Ah, oui. Et les sirènes, ça nait comment ?
- Les sirènes ? Mais ça n'existe pas les sirènes !
- Ah, bon ?!!!
- Non, ce sont des êtres imaginaires, comme les dragons.
- Hé ! Tu sais comment elle est morte, la mère d'Ariel la P'tite sirène ? Hein ? Tu sais ?
- Non, je dois dire que je l'ignore tout-à-fait. Elle a une mère, Ariel ?
- Oui, elle a une mère, et même que le jour de son anniversaire, et ben elle était avec une boîte à musique et elle était près d'un rocher dans la mer, et y'a un bateau qui est venu, et elle était entre les deux, et le bateau, il l'a écrasée contre le rocher...
- Beeeeuuuuuuh ! De la purée de sirène ! Le jour de son anniversaire ! Aaaahhhhhrrrggg !...
Bon et bien... J'ai appris quelque chose moi, aujourd'hui !
C'est bien joli tout ça, mais si on rentrait travailler maintenant ? Hein ?
samedi 18 mai 2013
samedi 27 avril 2013
I'm traaiiiite !
Jolie création polyculturelle, à la croisée des banlieues françaises et des faubourg africains...
lundi 22 avril 2013
Attention, ça remooonnnnte !
![]() |
| illustration M. Goncalvès |
Je t'ai fait l'épisode 1 : Pour un pot de miel, elle tombe dans les escaliers de sa cave et elle manque se briser douze côtes. Mais elle remonte son pot de miel, finit son dîner chic et part
Je t'ai fait l'épisode 2 : En finissant son coca sans bulles à la bouteille, elle chope un pneumothorax. Mais elle fait classe quand même à ses affreux, consulte son médecin pendant la récré, et part
Je te fais l'épisode 3 : Ah bah ouais ! Faut savoir hein ! Ne dit-on pas "jamais deux sans trois" ???
Alors voilà, je te raconte. Mais t'as intérêt à mettre des comm. plein de misère de commisération apitoyée, avec des vrais morceaux de soutien bio dedans, sinon moi, j'arrête !
Alors donc.
Au fil de ma semaine de congé maladie, je me retape. Je retrouve le genre de rythme effréné qu'on se donne en fin de congé mater. : un objectif par jour, pas plus ("Aujourd'hui, je vais acheter une baguette !").
Je fais un achat ou deux.
Je bouquine.
Je dors.
Je range un peu.
Et je vais de mieux en mieux.
Un peu comme après ma chute - épisode 1. Juste avant mon pneumothorax - épisode 2... tu vois ?
Et voilà-t-y pas que samedi soir, pour le dîner, je sors des tas de bonnes choses que ma Très-Belle-Mère (en vrai adorable) m'a achetées la veille, pour me faire du bien et me soulager de quelques courses.
Sur la table, une boîte de taboulé libanais. Tu vois, ce taboulé très vert et citronné, où tu cherches la semoule tellement il y en a pas ?
Je me dis, moi qui habituellement en prends très peu (trop de persil...) qu'il faut le manger rapidement pour qu'il reste bon. Et que ça me fera certainement le plus grand bien, tout ce fer et ces vitamines (pauv' chout' !). Et puis, ça sent si bon les vacances...
Alors en attendant que la famille se mette à table (raz-le-bol d'appeler, chuis fatiguée, moi !), je mange. Et pendant le repas, je mange aussi. C'est très acide, tout ce citron. J'aime bien. C'est d'ailleurs ce qui fait que je peux manger tout ce persil.
Je propose à mon homme d'en prendre. Il n'en veut pas. Alors j'en mange encore...
Vient la nuit.
Une loooonnnngue nuit.
Mon estomac s'est mis en grève. Totale. Du coup, comme les camionneurs sur l'autoroute, il bloque tout le monde. Et ça râle, là-dedans. La pression monte ! Les syndicats s'en mêlent ! Les médias mettent leur grain de sel... rien à faire ! La situation est enkystée.
Comme la chèvre de Monsieur Seguin, j'ai lutté toute la nuit. Et au matin...
8h30
Et bah, quand ça marche pas dans un sens, faut essayer dans l'autre. C'est ce que mon corps lasse a décidé de faire.
Je te passe les détails.
Sauf que ça a été extrêmement violent et répété.
Que ça m'a provoqué des maux de tête terribles (on dit céphalées, quand on a du vocabulaire).
Que mes essais pour prendre des antalgiques par voie orale se sont voués à des échecs.
Et que je commençais à ne plus voir les touches de mon téléphones, mon mari étant sorti à l'aube....
Lorsqu'il est rentré daredare, appelé par Monfiston, il a immédiatement pris les choses en main :
10h20 - SOS Médecin.
Vomissements ? Céphalées importantes ? Perte de vision ? AUX URGENCES !
Entre le moment où l'homme de l'art a passé la porte et celui où je cherchais à m'habiller, je ne trouvais plus mes mots. Confusion mentale totale. Ca donnait ce genre de dialogue surréaliste (sur le ton de la panique, avec force gestes à l'appui) :
- Passe moi mon... mon... mais si enfin !!! Mon... pour mettre là, sur mes... yeux ! Non, non ! Pas sur mes yeux, enfin ! Sur mes... là ! là ! Mon...
Je ne trouvais plus mes mots. Attention hein ! Je ne te dis pas "Ornithorynque" ou "Tricératops" ou même "palimpseste".
Non.
Pantalon,
Chaussette,
Téléphone...
Le blanc. Le grand blanc. Même pas la queue d'une idée.
Enfin si, l'idée, elle est bien là. Mais le mot, non.
...
...
Et bin je peux te dire que ça fait drôle !!!
Ce bon vieux cerveau, qui te joue bien des tours parfois, en oubliant la p'tite au conservatoire, en allant deux semaines trop tôt chez l'allergologue, ou en disant ceci au lieu de cela (et même que ceci est très embarrassant...) il ne t'a jamais VRAIMENT fait défaut. Tu t'entendais plutôt bien avec lui. C'est même un peu ton outil de travail, si t'y penses bien...
Et ben là, pouic ! Vacaaaancccces ! Y'a pu personne !!!
11h00 - URGENCES, donc.
Blouse ouverte dans le dos, brancard, drap, perf.
Examens bras, yeux, jambes, yeux encore, signes vitaux, bras encore, yeux encore, prise de sang blablabla...
On va faire un scanner.
Attente dans le couloir.
Attente
attente
attente
attente
attente
attente
attente...
Scanner.
Attente dans le couloir.
Attente
attente
attente
attente
attente
attente
attente...
On a les résultats du scanner : on ne voit rien de particulier (ouf !) mais ça ne veut pas tout dire : quand on le fait très tôt (!), il peut ne rien montrer.
Alors, on va faire une ponction lombaire (! ouille ?).
Attente dans le couloir.
Attente
attente
attente
attente
attente
attente
attente...
Déplacement dans une salle d'intervention.
Visite du neurologue qui repose les mêmes questions. Refait les mêmes examens. Explique tout et lance la procédure de ponction lombaire.
Ponction lombaire ("Ca vous dérange si c'est cette très gentille étudiante en médecine qui vous fait votre ponction ?"... "Naaannnnn ! pensez-vous !").
Attente des résultats et prévention d'une possible réaction post-opératoire.
Attente dans le couloir.
Attente
attente
attente
attente
attente
attente
attente...
Et hop ! Fini !
Rien dans la ponction non plus : pas de trace d'hémorragie céphalée, donc pas d'anévrisme en déroute, d'AVC en goguette, de méningite sauvage...
Prescription d'un IRM à ajouter à ma collection d'examens médicaux à venir, et retour au bercail !
Fin des opérations : 21h30
La maison retrouve son cours habituel.
Dîner, devoirs, histoire, dents...
Ma nuit a été parfaite.
Aujourd'hui, je me porte comme un charme !
:o)
Alors !
T'as vu ce que je fais pour toi, Ami Lecteur ? Pour te tenir en haleine, mieux que Docteur House himself ???
On dit quoi ?
Vazy, fends-toi d'un comm. bien consistant à présent...
:o)
(Et me dis pas que j'ai manqué de prudence, que je n'ai pas pris soin de moi, qu'il faut que je m'écoute plus blablabla ! Même pas vrai. En tous cas, pas cette fois !).
(Et raconte pas non plus cette histoire à mes côpines de Monécole, sinon elles voudront jamais que je revienne jeudi...!).
(J'ai ouvert un nouveau libellé pour mes articles : "santé" !!! pfff... je vais quand même tâcher de ralentir le filon !).
mardi 16 avril 2013
Down...
Une aventure pneumatique...
Une aventure thoracique...
Bref, une aventure pneumothoraxique ! (j'invente les mots que j'veux !).
Si tu n'as pas été fourrer ton nez dans les comm. de l'article précédent, tu n'en as pas eu vent.
Alors écoute, je te raconte...
Mercredi dernier, je rentre à Mamaison après une matinée intéressante et sympathique avec "mes" professeurs stagiaires au centre de formation.
Je m'attable pour avaler rapidement mon déjeuner, mais au moment de me lever, j'ai une bizarre sensation tout à l'intérieur de mon corps... et comme une légère angoisse : mais keskisspass donc là d'dans ? Me suis-je demandé in peto ?
Inquiète, je me repose un moment, mais décide dans l'après-midi de faire néanmoins mes courses familiales.
Lorsque je me penche pour attraper une boite ou un paquet, booouuuuuh, y'a comme une masse molle, à droite, à l'emplacement de mon poumon, qui semble se déplacer. Je me redresse ; idem.
Il faut que je te dise, Ami Lecteur, que cette sensation ne m'est pas tout à fait inconnue : il y a exactement 21 ans, je l'ai déjà ressentie, de façon bien plus forte encore. Je terminais mes études d'institutrice, et j'avais précisément rendez-vous avec un pneumologue à la fin de la semaine pour obtenir le certificat obligatoire m'autorisant à enseigner.
J'avais donc, malgré mon évident essoufflement, ma toux caverneuse et mes sensations bizarres, attendu le vendredi (pourquoi devancer l'appel ?) et, à l'annonce par l'homme de l'art que j'avais un "beau pneumothorax", j'ai été la première étonnée : C'est quoi t'est-ce, Monsieur le Docteur, un pneumothorax ???
Cet homme était un pédagogue. Il m'a très bien expliqué. Si tu veux savoir, t'as qu'à aller là, ça m'évitera d'allonger inutilement cet article fleuve...
Puis il m'a dit qu'il fallait m'hospitaliser. J'ai proposé d'y aller la semaine suivante, puisque c'était les vacances (Ah, la jeunesse !). Mais il m'a envoyé manu militari, dans l'heure même, à sa clinique pour maîtresses, allant même jusqu'à réserver un lit avant même que j'ai quitté son bureau...
Alors bon. Mercredi, j'ai comme entendu un petit air un peu lointain, mais bien connu quand même, là, à l'intérieur de mon buste...
Mon médecin ne recevant pas le mercredi, j'ai été faire classe quand même le jeudi (ça marche aussi, avec un poumon sur deux). En fin de journée, j'étais fixée : la radio faite à 17h ne laissait aucun doute sur la chose.
Mon poumon droit s'était à nouveau fait la malle sans crier gare... Gnnnn !
Je suis rentrée à la maison. J'ai organisé mon absence (Mamoitié professionnelle, Madirlo, l'instit. spé. qui coanime avec moi le vendredi matin dans notre projet d'inclusion.... et la prof. principale de Malouloute, pour qu'elle transmette à l'équipe de profs du collège les possibles difficultés de celle-ci au cours des jours suivants...).
Ensuite, j'ai aidé Malouloute à faire ses devoirs pour le lendemain, histoire de faire baisser l'angoisse que je voyais poindre.
Et je suis partie.
Aux Urgences.
Mon sac sur le dos, avec bouquins et brosse-à-dents, sûre que j'étais qu'ils ne me relâcheraient pas de si tôt.
Et en effet.
Urgences.
Soins intensifs.
Intervention.
Drain et perf.
Morphine.
Oxygène.
Bip ! bip ! bip !
Pcchhhh... Pcchhh... Pcchhh...
Pneumologie.
Mmmm. Aïe. Ouille. Mmmm.... Ça fait maaaal !
Quatre jours.
Et je suis sortie hier soir, réparée !
Et, Dieu que je suis contente d'être rentrée, malgré les disputes des enfants, les paperasses à écluser, le boulot à finaliser !
Si je dois résumer ce passage à l'hosto, je dirais que j'y ai beaucoup souffert dans mon corps (que les nuits sont longues...), mais que j'y ai fait une expérience humaine riche, celle de la confiance, celle de la rencontre, avec des gens très différents les uns des autres, mais tous attentifs, professionnels, sympathiques et présents.
Si cet épisode ne m'avait pas fait rater la Confirmation de Madounette, suivie à distance depuis mon lit de douleur grâce aux photos et sms de ma famille, je pourrais -presque- dire que je ne regrette pas ces quatre jours.
Mais presque, hein !
Faut pas pousser non plus !
jeudi 11 avril 2013
Allez !
![]() |
Courage, c'est bientôt le week-end ! (photo trouvée sur l'excellente page Facebook "Rouge framboise", découverte à la faveur d'une insomnie) |
mardi 9 avril 2013
La petite souris...
Il y a deux semaines, Ami Lecteur, nous avons accueilli dans notre rodéo classe une petite fille handicapée.
Elle viendra tous les vendredi matin, de 8h30 à 10h45 et participera à nos activités de classe.
Ce projet vise à lui faire rencontrer et tisser des liens d'amitié avec le groupe d'enfants qu'elle côtoiera l'an prochain à mi-temps, en inclusion scolaire.
...
...
N'aie pas peur, Ami Lecteur : l'inclusion scolaire n'est pas une maladie exotique, douloureuse ou honteuse.
C'est tout simplement le nouveau terme à la mode ayant remplacé "intégration scolaire" pour les élèves handicapés rejoignant l'école ordinaire.
Quoiqu'il en soit, cette jolie Ke devait arriver, vendredi il y a quinze jours, et, comme il se doit, nous devions l'accueillir sympathiquement.
Alors, pour ne pas nous contenter de dire nos prénoms, nous avons travaillé autour d'expressions de comparaison :
Enfin, toutes les productions affichées, chacun a choisi une expression lui permettant de se présenter au mieux à Ke.
Sans surprise, lorsque Ke est arrivée, Cha a dit :
"Bonjour, je m'appelle Cha, et je suis excitée comme une puce !"
Et Ab a dit :
"Bonjour, je m'appelle Ab et je suis fier comme un coq !"
Et Ba a dit :
"Bonjour, je m'appelle Ba et je suis copain comme cochon avec Max..."
Puis est arrivé le tour d'Em, jolie petite, toute petite chinoise discrète et travailleuse.
Je m'attendais à l'entendre dire "Je suis muette comme une carpe", ou bien "Je suis légère comme une plume", ou même "je suis douce comme un agneau"...
Et bah non.
Em, de sa toute petite voix, de sa toute petite bouche, dans un souffle plus léger qu'une brise, a dit :
"Bonjour, je m'appelle Em et je suis forte comme un bœuf !"
Va comprendre, Charles !
:o)
Elle viendra tous les vendredi matin, de 8h30 à 10h45 et participera à nos activités de classe.
Ce projet vise à lui faire rencontrer et tisser des liens d'amitié avec le groupe d'enfants qu'elle côtoiera l'an prochain à mi-temps, en inclusion scolaire.
...
...
N'aie pas peur, Ami Lecteur : l'inclusion scolaire n'est pas une maladie exotique, douloureuse ou honteuse.
C'est tout simplement le nouveau terme à la mode ayant remplacé "intégration scolaire" pour les élèves handicapés rejoignant l'école ordinaire.
Moi, j'aimais mieux "intégration"... "inclusion", ça sonne un peu comme le marteau frappant l'enclume, non ?
Ou c'est moi qui me fais des idées...Quoiqu'il en soit, cette jolie Ke devait arriver, vendredi il y a quinze jours, et, comme il se doit, nous devions l'accueillir sympathiquement.
Alors, pour ne pas nous contenter de dire nos prénoms, nous avons travaillé autour d'expressions de comparaison :
- Rusé comme un renard,
- Bavarde comme une pie,
- Vif comme un gardon,
- Rapide comme un chat,
- Têtu comme une mûle
- Curieux comme une belette...
Enfin, toutes les productions affichées, chacun a choisi une expression lui permettant de se présenter au mieux à Ke.
Sans surprise, lorsque Ke est arrivée, Cha a dit :
"Bonjour, je m'appelle Cha, et je suis excitée comme une puce !"
Et Ab a dit :
"Bonjour, je m'appelle Ab et je suis fier comme un coq !"
Et Ba a dit :
"Bonjour, je m'appelle Ba et je suis copain comme cochon avec Max..."
Puis est arrivé le tour d'Em, jolie petite, toute petite chinoise discrète et travailleuse.
Je m'attendais à l'entendre dire "Je suis muette comme une carpe", ou bien "Je suis légère comme une plume", ou même "je suis douce comme un agneau"...
Et bah non.
Em, de sa toute petite voix, de sa toute petite bouche, dans un souffle plus léger qu'une brise, a dit :
"Bonjour, je m'appelle Em et je suis forte comme un bœuf !"
Va comprendre, Charles !
:o)
mardi 2 avril 2013
Bilan intermédiaire...
Ami Lecteur, tu as dû remarquer que je ne parlais pas tant que ça de ma classe cette année.
Certainement moins que les années passées.
Or je suis dans un nouveau cycle, et je fais l'expérience d'un redémarrage qui devrait me donner bien des sujets de discussion...
Tu t'étonnes, donc.
Et tu as raison !
Je me suis moi-même demandé il y a peu pourquoi j'évitais soigneusement ce sujet depuis quelques temps... et ma réponse est toute simple : c'est parce que, ce que je vis en ce moment, avec ce groupe d'élèves, dans ce contexte particulier de "débutante-expérimentée" et bien... c'est tout sauf drôle !
Et sans doute que, moi qui arrivait si bien jusque-là à prendre le recul nécessaire pour raconter avec humour des situations difficiles voire douloureuses, et bien je n'y arrive plus - provisoirement !
Je t'explique :
Quand tu es dans une situation professionnelle toute nouvelle, il te faut bien un an plein pour te rappeler comment tu t'appelles, pour reconstruire des repères et avoir une vue d'ensemble qui te permette de ne plus naviguer à vue, de donner du sens à ce que tu fais, de faire des liens...
C'est ce qui m'est arrivé quand j'ai eu mon premier poste, puis quand j'ai changé d'établissement, puis quand j'ai changé de niveau de classe.
Je suis donc en phase de déstabilisation et de reconstruction ou d'enrichissement de mon univers professionnel.
Là-dessus, vient s'ajouter un obstacle auquel je ne m'étais pas du tout préparée : mon groupe d'élève est particulièrement difficile.
J'avais bêtement imaginé, moi qui venais du cycle III réputé difficile, violent à ses heures, j'avais bêtement imaginé donc que les CP, si petits, si mignons, si édentés... seraient nerveusement reposants (chhuuuut ! je le dis tout bas pour ne pas me faire moquer !)...
Je suis donc, cette année, en difficulté sur les deux tableaux : la pédagogie (quoi apprendre ? comment ? pourquoi ? quand ? où ?...) et la gestion de groupe.
Ca fait beaucoup !
Pour mieux comprendre, voici ma classe (une partie, du moins) :
Il y a A., interne, qui est un petit garçon adopté, nord-africain, en recherche intense d'identité, dont je t'ai déjà parlé ici. Il ne veut pas apprendre : c'est trop dur ! Alors, il se balade en classe, le plus souvent à quatre pattes, et chipe les affaires des autres ou se glisse sous leur table, quand il n'a pas choisi de jouer avec une balle ou de filer à la cantine donner un coup de main...
Il tape à la moindre occasion, et hurle à la mort s'il a l'impression qu'on le regarde de travers. Il est insaisissable et sa résistance est sans limites.
Il y a Nie, externe, une petite fille dont la mère, prof. en supérieur, est venue d'Afrique, ulcérée de se faire traiter de "stérile".
Elle a fait une première fiv, soldée par une heureuse grossesse... l'enfant est décédé à quelques semaines, de mort subite.
Seconde fiv : Nie ! Petit miracle ! Cadeau du Bon Dieu !
Quatre ans plus tard, troisième fiv. L'enfant meurt à la naissance.
La mère et la fille vivent en symbiose. A tel point que Nie n'accepte aucune autre autorité. Accompagnée par une AVS jusqu'en GS, elle arrive seule au CP et y fait sa loi (oui, à 6 ans, on peut faire sa loi dans une classe !!!). Elle parle fort, décide si elle travaille ou pas, cri, frappe et menace enfants et adultes, puis pleure et se replie sur elle-même, le pouce dans la bouche, collée à la maîtresse. Elle m'épuise, physiquement et nerveusement !
Il y a Iva, interne, placée en foyer d'accueil avec sa sœur au moment de la séparation de ses parents deux ans auparavant. Récupérée par sa mère depuis. Mère qui ne veut pas entendre parler de psychologue. Après un premier trimestre où Iva n'avait qu'une peur : se tromper et être tapée par sa mère, j'ai vu apparaître une seconde No : Iva fait le répliquant et mime autant que possible sa copine-meilleure ennemie.
Parfois, elle se blesse avec ses ciseaux et laisse le sang perler pour faire crier ses voisins...
Sa mère est hyper tendue. Quand Iva lui fait face, elle est liquéfiée (la fille... pas la mère !).
Il y a Maro, interne. Elle, c'est bien simple : elle est le portrait de Cosette enfant, dans la comédie musicale qui passait au cinéma il y a peu.
Son père s'est suicidé il y a deux ans. Elle a été victime d'attouchements sexu*els de la part d'un cousin. Sa mère, nouvellement arrivée dans la Grande Ville, sans domicile, l'a confiée à une nounou qui la récupère le week-end. On ne sait pas vraiment quand Maro voit sa mère. Assez irrégulièrement. Les factures ne sont pas payées. On ne peut pas la joindre au téléphone, même quand sa fille est malade, et elle refuse absolument toute aide sociale. La fillette a toujours mal quelque part et le répète en boucle ("Maîkreeeeeeeeeeeeesse ! J'ai mal à la têêêêêêêête !"). Elle est toute petite, redouble son CP, et elle est en grande difficulté en lecture et écriture. Son grand jeu : regarder l'adulte avec des grands yeux tristes et lui sortir une énormité provocante, un petit sourire en coin (dernier exemple en date : "moi, j'aime pas les Arabes !")...
Ici, nous avons fait un signalement...
Il y a Max, externe, supérieurement intelligent, qui ne supporte pas la contrariété. Tant qu'il est dans une activité qui l'intéresse, tout va bien (à peu près). Mais s'il doit faire de l'écriture, un travail un peu fastidieux ou se pencher sur un sujet qui ne l'intéresse pas, alors il jette son cahier par terre et décide que non, non, non, il ne le fera pas !
Il y a Ad, qui redouble son CP, qui parle comme un adulte, mais qui n'est toujours pas vraiment entré dans la lecture, ni dans l'écriture d'ailleurs... Il s'évade, il contourne, il soupire, mais il n'est intéressé que par une chose : être avec sa mère !
Vu qu'il est interne, ça a donné lieu à quelques crises mémorables, hurlements et contorsions, lorsque sa mère, contrairement à ce qu'elle avait promis, ne venait pas le chercher un jour de semaine...
Il y a Dest, interne, magnifique fillette que la mère a retiré de l'école l'an passé, déscolarisée tout le troisième trimestre pour de sombres raisons financières dont nous aurions pu discuter, si la famille n'avait pas fuit !
De retour cette année, elle rattrape tant bien que mal son retard, trouvant quand même qu'on travaille beaucoup trop et que, maintenant, ça suffit, hein ! On ne va pas lui enlever sa récré, quand même !!!
Et puis, il y a tous les autres, qui auraient besoin d'attention et d'un suivi rapproché :
Man, qui a tant de mal à finir ses phrases quand elle raconte un événement, et qui avance à tout petits pas.
Aub, qui est si angoissé qu'il cache son travail dans son casier de peur d'avoir mal fait, et qui aurait besoin d'être réconforté à chaque instant pour progresser sereinement.
Bat, qui se balade dès qu'il peut dans la classe, pour jouer ! Et qui, au détour d'une évaluation, nous montre qu'il n'a pas intégré un certain nombre d'apprentissages, sous des dehors d'enfant sans soucis.
Et Em, qui n'ouvre jamais la bouche...
Et Roma, au joli sourire, qui a tant de mal à lire...
Et...
Bref, ce groupe n'est pas simple.
Alors moi, j'ai eu un grand coup de mou en février.
J'ai mis ma réputation de Super Instit dans ma poche, et je me suis effondrée un soir, dans le bureau de Madirlo...
Depuis, nous nous sommes organisées en équipe (c'est l'avantage de cette école !) :
Je travaille en coanimation avec l'enseignante spécialisée deux fois par semaine, et en coanimation avec une autre enseignante, détachée dans notre établissement, toute la matinée du vendredi.
Et mes récréations sont surveillées par les autres enseignantes : je peux m'extraire quelques instants pour boire un café !
Etre à deux dans ce genre de classe, ça n'est pas de trop !
J'espère que le troisième trimestre va nous permettre d'avancer tous dans le bon sens...
Les élèves,
...
Et moi !
...
:o)
Certainement moins que les années passées.
Or je suis dans un nouveau cycle, et je fais l'expérience d'un redémarrage qui devrait me donner bien des sujets de discussion...
Tu t'étonnes, donc.
Et tu as raison !
Je me suis moi-même demandé il y a peu pourquoi j'évitais soigneusement ce sujet depuis quelques temps... et ma réponse est toute simple : c'est parce que, ce que je vis en ce moment, avec ce groupe d'élèves, dans ce contexte particulier de "débutante-expérimentée" et bien... c'est tout sauf drôle !
Et sans doute que, moi qui arrivait si bien jusque-là à prendre le recul nécessaire pour raconter avec humour des situations difficiles voire douloureuses, et bien je n'y arrive plus - provisoirement !
Je t'explique :
Quand tu es dans une situation professionnelle toute nouvelle, il te faut bien un an plein pour te rappeler comment tu t'appelles, pour reconstruire des repères et avoir une vue d'ensemble qui te permette de ne plus naviguer à vue, de donner du sens à ce que tu fais, de faire des liens...
C'est ce qui m'est arrivé quand j'ai eu mon premier poste, puis quand j'ai changé d'établissement, puis quand j'ai changé de niveau de classe.
Je suis donc en phase de déstabilisation et de reconstruction ou d'enrichissement de mon univers professionnel.
Là-dessus, vient s'ajouter un obstacle auquel je ne m'étais pas du tout préparée : mon groupe d'élève est particulièrement difficile.
J'avais bêtement imaginé, moi qui venais du cycle III réputé difficile, violent à ses heures, j'avais bêtement imaginé donc que les CP, si petits, si mignons, si édentés... seraient nerveusement reposants (chhuuuut ! je le dis tout bas pour ne pas me faire moquer !)...
Je suis donc, cette année, en difficulté sur les deux tableaux : la pédagogie (quoi apprendre ? comment ? pourquoi ? quand ? où ?...) et la gestion de groupe.
Ca fait beaucoup !
Pour mieux comprendre, voici ma classe (une partie, du moins) :
Il y a A., interne, qui est un petit garçon adopté, nord-africain, en recherche intense d'identité, dont je t'ai déjà parlé ici. Il ne veut pas apprendre : c'est trop dur ! Alors, il se balade en classe, le plus souvent à quatre pattes, et chipe les affaires des autres ou se glisse sous leur table, quand il n'a pas choisi de jouer avec une balle ou de filer à la cantine donner un coup de main...
Il tape à la moindre occasion, et hurle à la mort s'il a l'impression qu'on le regarde de travers. Il est insaisissable et sa résistance est sans limites.
Il y a Nie, externe, une petite fille dont la mère, prof. en supérieur, est venue d'Afrique, ulcérée de se faire traiter de "stérile".
Elle a fait une première fiv, soldée par une heureuse grossesse... l'enfant est décédé à quelques semaines, de mort subite.
Seconde fiv : Nie ! Petit miracle ! Cadeau du Bon Dieu !
Quatre ans plus tard, troisième fiv. L'enfant meurt à la naissance.
La mère et la fille vivent en symbiose. A tel point que Nie n'accepte aucune autre autorité. Accompagnée par une AVS jusqu'en GS, elle arrive seule au CP et y fait sa loi (oui, à 6 ans, on peut faire sa loi dans une classe !!!). Elle parle fort, décide si elle travaille ou pas, cri, frappe et menace enfants et adultes, puis pleure et se replie sur elle-même, le pouce dans la bouche, collée à la maîtresse. Elle m'épuise, physiquement et nerveusement !
Il y a Iva, interne, placée en foyer d'accueil avec sa sœur au moment de la séparation de ses parents deux ans auparavant. Récupérée par sa mère depuis. Mère qui ne veut pas entendre parler de psychologue. Après un premier trimestre où Iva n'avait qu'une peur : se tromper et être tapée par sa mère, j'ai vu apparaître une seconde No : Iva fait le répliquant et mime autant que possible sa copine-meilleure ennemie.
Parfois, elle se blesse avec ses ciseaux et laisse le sang perler pour faire crier ses voisins...
Sa mère est hyper tendue. Quand Iva lui fait face, elle est liquéfiée (la fille... pas la mère !).
Il y a Maro, interne. Elle, c'est bien simple : elle est le portrait de Cosette enfant, dans la comédie musicale qui passait au cinéma il y a peu.
Son père s'est suicidé il y a deux ans. Elle a été victime d'attouchements sexu*els de la part d'un cousin. Sa mère, nouvellement arrivée dans la Grande Ville, sans domicile, l'a confiée à une nounou qui la récupère le week-end. On ne sait pas vraiment quand Maro voit sa mère. Assez irrégulièrement. Les factures ne sont pas payées. On ne peut pas la joindre au téléphone, même quand sa fille est malade, et elle refuse absolument toute aide sociale. La fillette a toujours mal quelque part et le répète en boucle ("Maîkreeeeeeeeeeeeesse ! J'ai mal à la têêêêêêêête !"). Elle est toute petite, redouble son CP, et elle est en grande difficulté en lecture et écriture. Son grand jeu : regarder l'adulte avec des grands yeux tristes et lui sortir une énormité provocante, un petit sourire en coin (dernier exemple en date : "moi, j'aime pas les Arabes !")...
Ici, nous avons fait un signalement...
Il y a Max, externe, supérieurement intelligent, qui ne supporte pas la contrariété. Tant qu'il est dans une activité qui l'intéresse, tout va bien (à peu près). Mais s'il doit faire de l'écriture, un travail un peu fastidieux ou se pencher sur un sujet qui ne l'intéresse pas, alors il jette son cahier par terre et décide que non, non, non, il ne le fera pas !
Il y a Ad, qui redouble son CP, qui parle comme un adulte, mais qui n'est toujours pas vraiment entré dans la lecture, ni dans l'écriture d'ailleurs... Il s'évade, il contourne, il soupire, mais il n'est intéressé que par une chose : être avec sa mère !
Vu qu'il est interne, ça a donné lieu à quelques crises mémorables, hurlements et contorsions, lorsque sa mère, contrairement à ce qu'elle avait promis, ne venait pas le chercher un jour de semaine...
Il y a Dest, interne, magnifique fillette que la mère a retiré de l'école l'an passé, déscolarisée tout le troisième trimestre pour de sombres raisons financières dont nous aurions pu discuter, si la famille n'avait pas fuit !
De retour cette année, elle rattrape tant bien que mal son retard, trouvant quand même qu'on travaille beaucoup trop et que, maintenant, ça suffit, hein ! On ne va pas lui enlever sa récré, quand même !!!
Et puis, il y a tous les autres, qui auraient besoin d'attention et d'un suivi rapproché :
Man, qui a tant de mal à finir ses phrases quand elle raconte un événement, et qui avance à tout petits pas.
Aub, qui est si angoissé qu'il cache son travail dans son casier de peur d'avoir mal fait, et qui aurait besoin d'être réconforté à chaque instant pour progresser sereinement.
Bat, qui se balade dès qu'il peut dans la classe, pour jouer ! Et qui, au détour d'une évaluation, nous montre qu'il n'a pas intégré un certain nombre d'apprentissages, sous des dehors d'enfant sans soucis.
Et Em, qui n'ouvre jamais la bouche...
Et Roma, au joli sourire, qui a tant de mal à lire...
Et...
Bref, ce groupe n'est pas simple.
Alors moi, j'ai eu un grand coup de mou en février.
J'ai mis ma réputation de Super Instit dans ma poche, et je me suis effondrée un soir, dans le bureau de Madirlo...
Depuis, nous nous sommes organisées en équipe (c'est l'avantage de cette école !) :
Je travaille en coanimation avec l'enseignante spécialisée deux fois par semaine, et en coanimation avec une autre enseignante, détachée dans notre établissement, toute la matinée du vendredi.
Et mes récréations sont surveillées par les autres enseignantes : je peux m'extraire quelques instants pour boire un café !
Etre à deux dans ce genre de classe, ça n'est pas de trop !
J'espère que le troisième trimestre va nous permettre d'avancer tous dans le bon sens...
Les élèves,
...
Et moi !
...
:o)
samedi 23 mars 2013
Il ne faut pas...
Il ne faut pas, ooooooooooooh non, il ne faut pas (comme dirait Mimi la rêveuse) mettre du miel dans sa tisane pendant le Carême !
Et je m'explique, Ami Lecteur.
La rentrée s'était plutôt bien passée : remise de ma gastro de la seconde semaine de vacances, qui m'avait permis de me reposer de la grippe de Malouloute de la première semaine, je suis repartie pleine d'énergie pour ce troisième trimestre.
Le lundi, j'ai passé la journée au centre de formation des maîtres, virevoltant d'un groupe à l'autre. Le soir, j'ai enchaîné avec une réunion chez un éditeur pour finaliser la cinquième parution d'un agenda de l'élève conçu par une association dont je fais partie. Puis un concert d'un ami. Et hop ! Vite au lit : le mardi s'annonçait aussi chargé !
Le lendemain, donc, départ de Madounette pour un voyage de classe en Espagne, puis PPS à l'école, puis observation de ma propre classe de CP en travail personnalisé avec Mamoitié, puis entretien avec ma PES en vu du prochain rapport conclusif à envoyé à l'Académie, puis vite ! vite ! à la maison : dîner de dix personnes ce soir, home-made !
Je fonce donc, je fais les courses adéquates, je cuisine, je décore, je nourris les enfants, je me pomponne, je reçois, je plaisante, je nourris, je propose, je bavarde... bref, je fais la maîtresse de maison-cuisinière-décoratrice-soubrette-femme de son homme-libre et (j'essaye) intéressante.
Mais voilà qu'alors que je pensais avoir tout prévu jusqu'au moindre détail, je m'aperçois sur le coup de minuit, tout en proposant des tisanes variées à mes dignes invités, que je n'ai plus de miel. Nous avons pourtant de délicieux pots de miel que nous rapportons de Bourgogne dès qu'on peut, et pour sucrer une infusion, y'a pas mieux.
Discrètement, je m'éclipse et part farfouiller dans mon sous-sol où je planque mes réserves.
Sauf qu'à la troisième marche de mon escalier, une faille spatio-temporelle s'est ouverte sous mes pieds, et je me suis retrouvée sans savoir comment à agoniser, une chaussure explosée et l'arrête de la fameuse marche incrustée dans le côté droit de mon dos.
Je suis restée vautrée pendant cinq minutes, suffocant, gémissant, mes invités ne se doutant de rien au-dessus de ma tête.
Reprenant mes esprits, j'ai attrapé mon pot de miel (que je ne sois pas morte pour rien !) et je suis remontée vaille que vaille à la surface. En passant devant la table des convives, en grande conversation, j'ai posé mon butin et tapé sur l'épaule de mon fiston, lui faisant signe de me suivre plus haut.
Une fois dans ma chambre, je me suis effondrée sur mon lit, le souffle court, pour m'apercevoir que, de mon petit doigt écorché se déversait quantité de sang sur tout ce que j'avais touché (la nappe, la rampe, la porte, mon oreiller, la couette...!).
Mon garçon m'a donné deux cachets d'antalgique codéiné et m'a pansé le doigt.
J'ai encore attendu cinq minutes, puis je suis redescendue à table, bien droite, en espérant que les conversations ne s'éternisent pas trop...
Ce n'est que la porte refermée sur le dernier invité que je me suis lâchée, expliquant à Monhomme que j'étais en train de mourir ! Personne ne s'était aperçu de rien !
La nuit a été horrible...
La matinée suivante s'est intégralement passée aux Urgences, qui ont conclu à un traumatisme musculaire, et l'après-midi, j'ai dormi...
Autant te dire que mon boulot n'a pas beaucoup avancé, et que mes grands projets de rentrée sont restés embryonnaires.
Heureusement, je me suis organisée les deux jours suivants pour qu'en classe, je sois épaulée par une autre enseignante, voire déchargée pour une heure...
Dieu que les journées ont été longues !!! Et les trajets en vélo (!) pénibles !
J'espère que ce week-end va être TRES réparateur, parce qu'entre les antalgiques surpuissants-zombifiants de l'hosto et mon dos en compote, j'ai pris 80 ans d'un coup !
Ca tombe bien, je suis sans enfants jusqu'à dimanche soir !
Allez, maintenant Ami Lecteur, prends le temps de compatir : tu penses tout de même pas que je me suis cassé la binette à te raconter toute ma mésaventure pour te distraire : je veux du vrai, bon réconfort virtuel, hein ! 100 % authentique ! Et mets-y du cœur ! Hop hop hop !
:o)
Et je m'explique, Ami Lecteur.
La rentrée s'était plutôt bien passée : remise de ma gastro de la seconde semaine de vacances, qui m'avait permis de me reposer de la grippe de Malouloute de la première semaine, je suis repartie pleine d'énergie pour ce troisième trimestre.
Le lundi, j'ai passé la journée au centre de formation des maîtres, virevoltant d'un groupe à l'autre. Le soir, j'ai enchaîné avec une réunion chez un éditeur pour finaliser la cinquième parution d'un agenda de l'élève conçu par une association dont je fais partie. Puis un concert d'un ami. Et hop ! Vite au lit : le mardi s'annonçait aussi chargé !
Le lendemain, donc, départ de Madounette pour un voyage de classe en Espagne, puis PPS à l'école, puis observation de ma propre classe de CP en travail personnalisé avec Mamoitié, puis entretien avec ma PES en vu du prochain rapport conclusif à envoyé à l'Académie, puis vite ! vite ! à la maison : dîner de dix personnes ce soir, home-made !
Je fonce donc, je fais les courses adéquates, je cuisine, je décore, je nourris les enfants, je me pomponne, je reçois, je plaisante, je nourris, je propose, je bavarde... bref, je fais la maîtresse de maison-cuisinière-décoratrice-soubrette-femme de son homme-libre et (j'essaye) intéressante.
Mais voilà qu'alors que je pensais avoir tout prévu jusqu'au moindre détail, je m'aperçois sur le coup de minuit, tout en proposant des tisanes variées à mes dignes invités, que je n'ai plus de miel. Nous avons pourtant de délicieux pots de miel que nous rapportons de Bourgogne dès qu'on peut, et pour sucrer une infusion, y'a pas mieux.
Discrètement, je m'éclipse et part farfouiller dans mon sous-sol où je planque mes réserves.
Sauf qu'à la troisième marche de mon escalier, une faille spatio-temporelle s'est ouverte sous mes pieds, et je me suis retrouvée sans savoir comment à agoniser, une chaussure explosée et l'arrête de la fameuse marche incrustée dans le côté droit de mon dos.
Je suis restée vautrée pendant cinq minutes, suffocant, gémissant, mes invités ne se doutant de rien au-dessus de ma tête.
Reprenant mes esprits, j'ai attrapé mon pot de miel (que je ne sois pas morte pour rien !) et je suis remontée vaille que vaille à la surface. En passant devant la table des convives, en grande conversation, j'ai posé mon butin et tapé sur l'épaule de mon fiston, lui faisant signe de me suivre plus haut.
Une fois dans ma chambre, je me suis effondrée sur mon lit, le souffle court, pour m'apercevoir que, de mon petit doigt écorché se déversait quantité de sang sur tout ce que j'avais touché (la nappe, la rampe, la porte, mon oreiller, la couette...!).
Mon garçon m'a donné deux cachets d'antalgique codéiné et m'a pansé le doigt.
J'ai encore attendu cinq minutes, puis je suis redescendue à table, bien droite, en espérant que les conversations ne s'éternisent pas trop...
Ce n'est que la porte refermée sur le dernier invité que je me suis lâchée, expliquant à Monhomme que j'étais en train de mourir ! Personne ne s'était aperçu de rien !
La nuit a été horrible...
La matinée suivante s'est intégralement passée aux Urgences, qui ont conclu à un traumatisme musculaire, et l'après-midi, j'ai dormi...
Autant te dire que mon boulot n'a pas beaucoup avancé, et que mes grands projets de rentrée sont restés embryonnaires.
Heureusement, je me suis organisée les deux jours suivants pour qu'en classe, je sois épaulée par une autre enseignante, voire déchargée pour une heure...
Dieu que les journées ont été longues !!! Et les trajets en vélo (!) pénibles !
J'espère que ce week-end va être TRES réparateur, parce qu'entre les antalgiques surpuissants-zombifiants de l'hosto et mon dos en compote, j'ai pris 80 ans d'un coup !
Ca tombe bien, je suis sans enfants jusqu'à dimanche soir !
Allez, maintenant Ami Lecteur, prends le temps de compatir : tu penses tout de même pas que je me suis cassé la binette à te raconter toute ma mésaventure pour te distraire : je veux du vrai, bon réconfort virtuel, hein ! 100 % authentique ! Et mets-y du cœur ! Hop hop hop !
:o)
vendredi 15 mars 2013
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