60 (75 %) -> un enseignant de l’élémentaire
2 (2%) -> un enseignant du secondaire
1 (1%) -> un enseignant du supérieur
16 (20%) -> bah, non ! Y’a pas qu’des enseignants dans la vie !
Aujourd'hui, grand jour dans les chaumières : c'était la sortie de fin d'année. L'incontournable sortie pas vraiment culturelle ni véritablement fondée pédagogiquement parlant. La sortie qui dit que bientôt on va se quitter, et qu'on va tous se regretter... certains plus que d'autres !
Aujourd'hui, donc, voilà tout le cycle III au parc de Sceaux pour une gigantesque course d'orientation... Je sais, on fait pas dans l'original, mais bon : c'est le prof de sport qui a tout concocté, et nous, du cycle III, vu l'état liquide de nos cerveaux ces derniers temps, ça nous arrangeait bien.
Arrivés sur place, nous avons fait neuf équipes mixtes CE2, CM1 et CM2. Déjà, y'a ceux qui ont râlé parce qu'ils n'étaient pas avec leurs potes de déconne, et qui nous ont gâché d'avance le plaisir. Mais bon, on a compté sur l'action pour les dérider.
Donc, en avant la musique. Hop, là !
Je résume pour les néophites : une course d'orientation, c'est 1h30 de course à la recherche de 15 hypothétiques messages - appelés balises pour l'occasion - à travers un parc IMMENSE, et en croisant 10.000 enfants d'autres écoles qui font pareil, sauf que c'est pas la même course ni les mêmes balises. C'est clair ? Le résultat, c'est des instits au bord de la mort à la fin de la durée impartie (à ne pas dépasser sous peine de pénalité) et des messages qui restent irrémédiablement introuvables.
Bon, j'avoue que mes sbires et moi-même avons essayé de soudoyer une équipe ou deux pour compléter notre liste de mots mystères... Mais les résultats ont été médiocres. Alors qu'on était fatigués tout pareil que ceux qui avaient tout trouvé (par hasard... ou par accident, sans doute) !
La journée aurait été, somme toute, agréable, si à l'issue de la dite course, je ne m'étais aperçu avec horreur qu'il me manquait deux membres de mon équipe ! MON équipe ! Je ne pouvais même pas passer ma colère sur l'incapacité d'un parent Duschmol !
Résultat : au lieu de me vautrer sous un arbre pour grignoter un sandwich bien mérité, je suis repartie aussi sec, aidée de mes potes et potesses enseignants, afin de retrouver les chers anges... Ce que nous avons fini par faire, une heure après... Une heure interminable, à imaginer le pire, à hurler deux prénoms aux oreilles effarées des promeneurs (oui, des promeneurs dont les oreilles étaient effarées, parfaitement !).
Ils déambulaient dans le parc, les petits amours de CM2, pas inquiets pour deux sous... j'vous jure !!!
Bon, l'un dans l'autre, on est plutôt satisfaits : partis avec 70 enfants et 9 adultes, nous sommes revenus avec notre compte. Et maintenant, coucouche en rond, mémeille profond !
... Ah, bah non, c'est vrai : j'ai encore à saisir le dernier jet d'écriture des nouvelles policières de mes élèves... et j'ai aussi les livrets d'éval à remplir... bon, ben... j'dormirai en juillet.
Cette année, fortes de cette expérience, confiantes dans une météo toujours clémente, nous avons choisi comme thème de pestacle l'Afrique. Bonne idée : la plupart de nos élèves en sont originaires (Non j'exagère. Disons 50%). Tout le monde en boubou, donc : enfants, enseignants et parents. Spectacle dansé, chanté et parlé conçu à partir du magnifique album "l'Afrique, petit Chaka" de M. Sellier et M. Lesage. Les CM2 étaient en final, avec la danse de la pluie (sur la chanson "les lionnes" de Yannick Noah) :
-- Raconte-moi, Papa Dembo, raconte-moi l'arrivée de la pluie après des mois sans une goutte d'eau, où la chaleur est si forte que le sol fait des vagues...
-- Enfant, imagine les mares à sec, le sol plissé comme la peau d'un éléphant et l'eau devenue aussi précieuse que de l'or. Et puis un jour, l'air se fait lourd et immobile : Regarde, enfant, voici les porteurs d'eau ! et là, tsim boum boum, tsim boum boum ! Entrée en scène des CM2. Magnifique !
Mes élèves terminaient la formidable chorégraphie créée pour l'occasion par la maîkresse, en éclaboussant généreusement les spectateurs... d'habitude, à ce moment là du spectacle, ils sont au bord de la mort, les spectateurs, largement atteints d'insolation, priant ciel et terre qu'on les libère enfin : oui, parce que parent, c'est un métier qui demande pas mal de sacrifices, pour ceux qui l'ignoreraient encore. Et par exemple, rester stoïquement assis sur une chaise à l'inconfort certain pour regarder une danse improbable sur une musique stridente, tout ça pour apercevoir deux minutes le fruit de ses entrailles s'agiter (plus ou moins) en rythme, ça fait partie du contrat. Renouvelable chaque année à la même époque.
Seulement voilà. Samedi, il pleuvait. Et ça, bien avant la fameuse danse de mes CM2 : autant dire qu'ils n'y sont pour rien (pas si doués !). Ils ont quand même arrosé au final : c'était prévu ! Les parents, mouillés pour mouillés, ont eu le bon goût de rire. Merci à eux !
PS : l'année prochaine, comme thème, la mousson ?