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vendredi 3 octobre 2008

Poor little chiken !

Ici, je vous racontais dans quelles circonstances je suis allée farfouiller dans le disque dur de mon mari (Oh ! j'en vois qui ont l'esprit mal tourné ! je parle de son ordinateur... au sens propre. N'allez pas penser que je vire grivoise !).
Dans un dossier oublié, j'ai retrouvé ce texte, qui m'a fait bien rire à nouveau. Je vous le partage...

HISTOIRE DE POULET
La scène:
un poulet au bord d'une route. Il la traverse.
La question:
Pourquoi le poulet a-t-il traversé la route ?
Réponses :
RENÉ DESCARTES :Pour aller de l'autre côté.
PLATON :
Pour son bien. De l'autre côté est le Vrai.
ARISTOTE :
C'est la nature du poulet de traverser les routes.
KARL MARX :

C'était historiquement inévitable.
CAPITAINE JAMES T. KIRK :Pour aller là où aucun autre poulet n'était allé auparavant.
HIPPOCRATE :En raison d'un excès de sécrétion de son pancréas.
MARTIN LUTHER KING JR. :
J'ai la vision d'un monde où tous les poulets seraient libres de traverser la route sans avoir à justifier leur acte.
MOISE :
Et Dieu descendit du paradis et Il dit au poulet : " Tu dois traverser La route". Et le poulet traversa la route et Dieu vit que cela était bon.
RICHARD M. NIXON :Le poulet n'a pas traversé la route, je répète, le poulet n'a JAMAIS traversé la route.
NICOLAS MACHIAVEL :
L'événement important c'est que le poulet ait traversé la route. Qui se fiche de savoir pourquoi ? La fin en soi de traverser la route justifie tout motif quel qu'il soit.
SIGMUND FREUD :Le fait que vous vous préoccupiez du fait que le poulet ait traversé la route révèle votre fort sentiment d'insécurité sexuelle latente.
BILL GATES :
Nous venons justement de mettre au point le nouveau Poulet Office 2005", qui ne se contentera pas seulement de traverser les routes, mais couvera aussi des oeufs, classera vos dossiers importants, etc...
BOUDDHA :Poser cette question renie votre propre nature de poulet.
GALILEE :Et pourtant, il traverse.
ERIC CANTONA :
Le poulet, il est libre le poulet. Les routes, quand il veut il les traverse.
CHARLES DE GAULLE :
Le poulet a peut-être traversé la route, mais il n'a pas encore traversé l'autoroute !
JACQUES CHIRAC :Parce que je n'ai pas encore dissous la route.
L'EGLISE DE SCIENTOLOGIE :
La raison est en vous, mais vous ne le savez pas encore. Moyennant la modique somme de 10 000 EUR par séance, plus la location d'un détecteur de mensonges, une analyse psychologique ous permettra de la découvrir.
BILL CLINTON :Je jure sur la constitution qu'il ne s'est rien passé entre ce poulet et moi.
EINSTEIN :
Le fait que ce soit le poulet qui traverse la route ou que ce soit la route qui se meuve sous le poulet dépend uniquement de votre référentiel.
ZEN :
Le poulet peut vainement traverser la route, seul le Maître connaît le bruit de son ombre derrière le mur.
JEAN-PIERRE RAFFARIN :
Le poulet n'a pas encore traversé la route, mais le gouvernement y travaille.
JEAN ALESI :Je ne comprends pas, théoriquement, le poulet il avait le temps de passer.
NELSON MONTFORT :J'ai à côté de moi l'extraordinaire poulet qui a réussi le formidable exploit de traverser cette superbe route: " Why did you cross the road ? " " Cot cot !" "eh bien il dit qu'il est extrêmement fier d'avoir réussi ce challenge, ce défi, cet exploit. C'était une traversée très dure, mais il s'est accroché, et..."
RICHARD VIRENQUE :
C'était pas un lapin ?
ORANGINA ROUGE :
PASKEEEEEEUUUUUHHHH
KEN LE SURVIVANT :Peu importe, il ne le sait pas mais il est déjà mort.
JEAN-CLAUDE VANDAMME :Le poulet la road il la traverse parce qu'il sait qu'il la traverse, tu vois la route c'est sa vie et sa mort, la route c'est Dieu c'est tout le potentiel de sa vie, et moi Jean Claude Super Star quand je me couche dans Timecop quand le truck arrive je pense à la poule et à Dieu et je fusionne avec tout le potentiel de la life de la road ! Et ça c'est beau !
FOREST GUMP :
COURS POULET COURS !!!
STALINE :le poulet devra être fusillé sur le champ, ainsi que tous les témoins de la scène et 10 autres personnes prises au hasard, pour n'avoir pas empêché cet acte subversif
GEORGE W. BUSH :
Le fait que le poulet ait pu traverser cette route en toute impunité malgré les résolutions de l'ONU représente un affront à la démocratie, à la liberté, à la justice. Ceci prouve indubitablement que nous aurions dû déjà bombarder cette route depuis longtemps. Dans le but d'assurer la paix dans cette région, et pour éviter que les valeurs que nous défendons ne soient une fois de plus bafouées par ce genre de terrorisme, le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique a décidé d'envoyer 17 porte-avions, 46 destroyers 154 croiseurs, appuyés au sol par 243000 G.I. et dans les airs par 846 bombardiers, qui auront pour mission au nom de la liberté et de la démocratie, d'éliminer toute trace de vie dans les poulaillers à 5000 km à la ronde, puis de s'assurer par des tirs de missiles biens ciblés, que tout ce qui ressemble de près ou de loin à un poulailler soit réduit à un tas de cendres et ne puisse plus défier notre nation par son arrogance. Nous avons décidé qu'ensuite, ce pays sera généreusement pris en charge par notre gouvernement, qui rebatira des poulaillers suivant les normes de sécurité en vigueur, avec à leur tête, un coq démocratiquement élu par l'ambassadeur des Etats Unis. En financement de ces reconstructions, nous nous contenterons du contrôle total de la production céréalière de la région pendant 30 ans, sachant que les habitants locaux bénificieront d'un tarif préférentiel sur une partie de cette production, en échange de leur totale coopération. Dans ce nouveau pays de justice, de paix et de liberté, nous pouvons vous assurer que plus jamais un poulet ne tentera de traverser une route, pour la simple bonne raison, qu'il n'y aura plus de routes, et que les poulets n'aurons plus de pattes. Que Dieu bénisse l'Amérique.

jeudi 2 octobre 2008

Cher Monsieur le député...


Depuis quelques jours, nous travaillons en expression écrite sur la conception d'une lettre au député de notre circonscription, afin de lui demander l'autorisation de visiter l'Assemblée Nationale.

Je procède en plusieurs jets d'écriture, entrelardés de séances de structuration en vocabulaire, conjugaison et grammaire, selon les besoins. Les premiers jets, répondant à une consigne large et peu contraignante, ont été savoureux. Je vous livre mon préféré :

"Mossieu le député,

Notre classe aimerait visiter l'Assemblée Nationale pour voir le sauna et d'autres choses. Nous voulons vraiment visiter les sales de politique et le plus tôt sera le mieux. Nous attendrons jusqu'au moment venu.

La classe de CM2 de l'école StBiiiiip."

J'aime aussi :
"...cela nous ferait plaisir car je pense que pour beaucoup, c'est leur rêve et pour les autres ce sera une superbe aventure. En tous les cas, ça nous fera du bien."

Et puis le pragmatique :
"...pour la date, vous pourriez, s'il-vous-plait nous la donner une ou deux semaines en avance. Merci beaucoup."

Et celui qui veut convaincre, histoire que son boulot ne soit pas inutile :
"...pour connaître le plus grand député (!) et vous pourriez nous accueillir (écrit nousaceuyire) à l'A. N. : j'ai fait tout ça pour vous rencontrer. Merci."

Et celle qui cherche à apitoyer :
"Nous aimerions connaître un peu plus cet endroit car nous n'en avons qu'une maigre photographie..."
Allez, je finis avec celui-ci :
"...Si vous acceptez, ce sera vraiment gentil et peut-être que certains enfants auront tellement aimé cet endroit qu'ils voudront faire ce que vous faîtes. Mais on sait qu'il faut avoir une personnalité spéciale !"

C'est-y pas mignon tout plein ? Moi, je serais lui, le gars député, je répondrais oui sans hésiter une seconde !

mercredi 1 octobre 2008

A voir absolument !

Ce soir, mon mari m'a appelée de son boulot pour que je lui rende un petit service. Il s'agissait de lui envoyer un ou deux documents professionnels à partir de son ordi. Ce que je me suis empressé de faire, vous imaginez bien - bah, oui, hein... c'est mon mari quand même !

Et voilà que je redécouvre sur l'écran que j'ai un dossier, moi, sur cet ordi là : du temps où on n'avait pas chacun sa machine perso... Mais qu'est-ce qui peut y bien avoir, dans ce dossier, que je n'ai plus ouvert depuis des lustres ? Et me voilà à farfouiller, ouvrir des docs à droite à gauche : Ah ? J'avais ça ? Mais c'est super intéressant, ce truc !!! Et je retombe entre autres sur deux ou trois textes piqués dans un site découvert par hasard, à l'époque... un site que je visitais quasi quotidiennement et qui me remplissait de contentement... et que j'ai ensuite totalement oublié ! Je l'ai retrouvé, grâce à Gogol, et je vous invite à y faire, vous aussi, des visites régulières, indispensables à une bonne hygiène mentale. L'accroche du site ? "Plus je ris, plus je pense. Plus je pense, plus je ris".
C'est ICI.

J'espère que vous apprécierez... et j'espère que ça n'a pas changé : ça fait au moins trois ans que je n'y suis pas retourné...
Bon, je vous laisse : j'ai du boulot - Nan, en vrai, j'ai des copies à corriger. Nan ! Vrai, je lâche l'ordi, j'irai voir le site en question plus tard. Nan ! Arrête, de ricaner dans ton coin, ami lecteur, : je suis capable de me discipliner moi-même et de résister à la tentation d'aller l'explorer dès tout de suite... Bon, mais cinq minutes, alors... Après, j'ai du boulot... Oh !

lundi 29 septembre 2008

Diagnostique...

Moi, je travaille dans une école privée catho. ayant classe le mercredi matin. Ce qui signifie que nous avons, de longue date, passé un accord avec la paroisse du quartier pour leur amener les enfants désirant suivre le catéchisme, tandis que nous gardons les autres pour un temps d'échange et de recherche sur la spiritualité (en général, je leur fait faire des exposés sur les grandes religions qu'ils présentent ensuite au reste de la classe). Ceci se fait sur la "27ème heure" de l'enseignement catholique. C'est un temps particulier, toujours très enrichissant.

En début d'année, nous commençons par nous dire ce en quoi chacun de nous, nous croyons - ou pas - et la façon dont nous le vivons en famille. Ca n'a rien d'intrusif, c'est un échange qui permet de mieux se connaître les uns les autres. Ceux qui préfèrent se taire le peuvent. Souvent, ce temps donne lieu par la suite à des conversations riches dans les familles : même à dix ans, les enfants ne savent pas toujours ce que pensent ou vivent leurs parents sur le plan spirituel...
Cette année, Teddy (il a un peu l'allure d'un gros nounours gentil) nous annonce, très sérieux, qu'il est athée. Bon. Désirant affiner quelque peu la question, je précise au groupe la différence entre athée et agnostique. Pour vous la faire courte, l'athée dit "Dieu n'existe pas - la religion est l'opium du peuple" (ah... la culture !) tandis que l'agnostique dirait plutôt "J'en sais rien si Dieu existe ou pas... mais moi, je ne crois en rien !".

A l'issu de mon brillant exposé - heum heum ! - Teddy lève à nouveau la main et rectifie son assertion précédente :
"Oui, alors moi, en effet, je serais plutôt diagnostique..."

mardi 23 septembre 2008

Poète, ou bien... ?

En début d'année, je monte tout un cycle sur l'interprétation des textes poétiques.
A BAS LA RECITATION !!! VIVE L'INTERPRETATION !!! Je donne à mes élèves un texte drôle et facile à apprendre comme Conseil donné par une sorcière (<--clique dessus), ou bien l'heure du crime (<--là aussi) / niveau cycle II... Puis nous faisons un petit jeu avec les volontaires : j'ai toujours beaucoup de succès avec cette activité. Il s'agit pour eux d'interpréter leur poésie face à la classe, avec le ton ou l'attitude demandée (furieux, triste, hilare, saoul, enfantin, sénile, endormi, excité, apeuré, autoritaire, en chantant...).
Seul le récitant sait ce qui lui est demandé. Le public doit deviner ce qu'il a essayé de montrer. C'est très drôle, et ça apprend à chacun qu'un texte vit d'abord grâce à celui qui le lit, et le donne à partager au public. Et qu'un même texte peut prendre des aspects très différents selon celui qui le porte...
La séquence d'après, je demande aux enfants de choisir un texte poétique individuellement. Ca me permet de savoir assez vite qui est courageux, qui est flemmard, qui est clairvoyant quant à ses compétences et qui ne l'est pas. Et c'est autant d'occasions de découvrir des textes variés tant en styles qu'en époques...
Cette fois-là, ce n'est pas moi qui impose un ton, mais chaque élève qui a dû préparer une interprétation personnelle. Si possible en lien avec le texte choisi...
Très sympathique et intéressant, encore une fois.
...Et chez moi, comme ici, nous avons eu l'occasion de bien rire, quand nous avons eu droit à Jacques Pervers, auteur du Cancre... !

dimanche 21 septembre 2008

Vite, vite !!!

Les parents de Pitchounette souhaitent qu’elle passe de PS (Petite Section) en MS (Moyenne Section) en cours d’année. Ils en ont déjà largement parlé l’an passé, lorsqu'elle était en TPS (Toute Petite Section = moins de trois ans...).
L'enseignante de TPS/PS leur a dit à plusieurs reprises que pour l’instant ce n’était pas envisageable mais que la question serait étudiée à nouveau en janvier 09 selon l'évolution de Pitchounette. Elle a bien insisté sur l'importance de prendre son temps, de laisser l'enfant se construire à son rythme... bon.
Les parents, alors qu’ils sont arrivés plusieurs jours après la rentrée (en retard, donc !), reviennent à la charge en disant que la maîtresse a autorisé le passage en MS de Pitchounette en Janvier... et que peut-être elle pourrait y passer dès à présent. Ou, en tous cas, le plus tôt possible. Y'a qu'à voir les autres enfants de PS : ils sont quand même bien moins avancés que la petite chérie...
Du coup, pour ne pas parler dans le vide et fonder leurs propos sur des bases professionnelles, les instit. de maternelle décident de faire passer des tests à Pitchounette. C'est l'enseignante de MS, très expérimentée dans tous les niveaux du TPS au CP (Cours Préparatoire), qui s'y colle. Les résultats montrent très nettement que la p'tiote fillotte n’est absolument pas prête pour la MS.
Les parents passent alors 1h1/2 en rendez-vous avec notre TCD (Très Chère Dirlo)... sans entendre une seconde ce qu’elle leur dit. Ils évoquent des problèmes de communication au sein de l’équipe : Bah, oui, on leur a bien dit qu'elle passerait en MS et puis maintenant on leur dit que non... alors ?!!!
TCD leur propose alors une rencontre avec l’ensemble des adultes côtoyant l’enfant. Ils acceptent et souhaitent un rendez-vous rapide (évidemment, si on ne leur dit pas à ce moment là que Pitchounette peut passer au niveau supérieur, il faudra la changer d'école pour obtenir gain de cause ailleurs... et plus vite ce sera fait, mieux ce sera ! D'ailleurs, elle est déjà inscrite...).
Et voilà-ti pas que ce week-end, ils rencontrent l'autre enseignante de MS (mi-temps) sur le forum des associations. Ils évoquent le sujet (forcément ! Ils n'en dorment plus !). La maîtresse d'MS (allitération en S...) reste vague, ne situant plus très bien les parents en question, là, tout de suite, hors contexte... Histoire de meubler la conversation, elle dit quand même qu’il y a pléthore de la place en MS… Bip ! Bip ! Bip ! font les antennes des parents, qui aussitôt engrangent ces informations dans le sens de leur obsession…

A votre avis, que se passa-t-il le jour du rendez-vous prévu ? Les sympathiques géniteurs de Pitchounette commencèrent par remettre en cause la valeur des tests présentés, demandant si ça n'était pas possible de les refaire passer par quelqu'un d'autre... Bah, non, vu que toute l'équipe s'est déjà penché sur la question, voyez-vous.

Puis ils ont demandé à l'école de faire un effort. Donnant, donnant : Pitchounette reste en PS, à condition qu'on leur donne l'assurance absolue qu'en Janvier, elle sera en MS... hein !?

Ben... non. C'est pas comme ça que ça marche, voyez-vous mes bons amis.

Voilà. Ce lundi, Pitchounette ne fera plus partie des élèves de St Biiiiiippp. Elle est certainement en MS ailleurs. Dans une autre école privée qui ne joue pas le jeu, comme ça arrive malheureusement, et qui n'a pas pris le temps de contacter notre TCD avant d'inscrire la p'tite poule dans ses rangs, faisant passer son effectif avant son étique. Dommage. Quel gâchis !
Louons toutefois la persévérance de ces parents qui ont lutté contre vents et marées et qui, grâce à leur pugnacité, permettront ainsi à leur si jolie Pitchounette d'entrer à Polytechnique une année plus tôt !

samedi 20 septembre 2008

Allez, zou ?

Quand j'ai créé ce blog, je lui ai cherché un nom, évidemment... je n'avais rien prévu, rien anticipé, mais tout de suite le titre m'a sauté à l'esprit : ALLEZ, ZOU !
C'est tout moi : dynamique, enlevé, un chouya comique (n'en jetez plus la coupe est pleine !). Ca me convenait bien. Depuis, je me rends compte que je le dis tout le temps, à la maison comme à l'école :
Allez, zou ! En récré !
Allez, zou ! Au boulot !
Allez, zou ! Au bain !
Allez, zou ! Les dents !
Allez, zou ! Au lit !
...en boucle...
Le tout c'est de savoir si le titre du blog m'est venu parce que cette expression m'envahissait déjà à l'époque, ou bien est-ce le blog qui me grignotte le cerveau un peu plus tous les jours ? Mystère...
...Allez, zou, j'va faire mes courses avant que ça ferme !

vendredi 19 septembre 2008

Une école de toutes les couleurs...

Dans notre école, nous avons des familles de toute origine sociale, culturelle, religieuse et géographique... Et c'est ce qui fait sa richesse et la valeur de son projet.

La rencontre, quelquefois inattendue, parfois brutale, de conceptions ou de références très différentes donne souvent lieu à des difficultés de communication. Je me souviens d'une élève interne, affublée d'un doux prénom végétal, d'origine Africaine. Elle était en perpétuelle révolte, faisait les quatre cents coups et ne perdait pas une occasion d'affirmer bien fort sa personnalité, avec moult mots orduriers et regards noirs...

Un jour, à bout, nous convoquons le père, un immense type, impressionnant par sa stature et son port de tête, supérieur... pour le mettre au courant afin qu'il puisse s'entretenir avec sa fille et réaffirmer nos limites communes...

Il a souhaité s'exprimer avant que nous lui exposions l'affaire. Voici ce qu'il nous a dit (mette l'accent tonique sur les mots en gras...) :
"Moi, Madame, j'ai été élevé à la villageoise. Et ma fille, elle est également élevée à la villageoise. Elle doit le respect à son père. Elle n'a rien à dire, elle n'a qu'à obéir, et c'est tout !"

Oui, bon... forcément, après, on a pas eu l'air fines, nous, les bonnes femmes, avec notre discours de "il faudrait que vous lui parliez... elle doit écrire une lettre d'excuse... nous avons rédigé un contrat..." Sa fille a passé tout l'entretient aux côté de son paternel, les yeux baissés. Je ne l'avais jamais vue comme ça. Je crois que c'est elle qui a dit, à une autre occasion, à une de ses copines : "Ici, on peut tout faire : les adultes, ils parlent, ils parlent, mais tu risques rien ! C'est pas comme à la maison" [NDLR : à l'école, on ne me frappe pas si je fais une conn****].

Et cette autre mère, en rendez-vous, nous assurant qu'elle allait renvoyer son fils en Afrique et que ça lui apprendrait les règles... Et quand nous avons parlé de sa souffrance, de son mal de vivre, elle nous a répondu du tac au tac (même accent !) :

"Ca, Madame, c'est des habitudes de Petit Blanc : je connais les enfants ici, ils se plaignent tout le temps ! S'il se plaint, c'est parce qu'il a pris des habitudes de Petit Blanc !". Bon, bah, si vous l'dites, hein ?

Et le fils de me lancer le lendemain, en pleine crise : "De toutes façons, j'la connais ma mère, elle dit tout l'temps qu'elle va me renvoyer en Afrique, mais elle le f'ra jamais, pask'elle m'aime !"...

On comprend qu'ils aient du mal à se construire des repères... ! Je rêve d'être secondée par un ethno-psychologue...

Voilà, voilà !!! Et ben, à bientôt, hein ! La vie est belle !

PS : Je tiens à te rassurer, sympathique lecteur : toutes les familles de l'école originaires d'Afrique ne sont pas sur ce modèle... et nous avons aussi des problèmes de communication avec des familles "roses". Evidemment... Et aussi des familles avec lesquelles nous communiquons très bien. Forcément, hein. Faudrait pas interpréter de travers ! Des fois !

mardi 16 septembre 2008

Les commentaires...

Que ceux qui ont essayé de laisser un commentaire et ne l'ont pas pu m'excusent : j'ai reparamétré en conséquence...
Allez, lancez-vous !... s'iou plè... merci !