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vendredi 5 février 2016

Ortografe



Je lis depuis deux jours de nombreux messages ici et là s'offusquant de la réforme de l'orthographe


Mon Dieu, qu'on a du temps et de l'énergie à perdre ! Ami Lecteur, je te sais très érudit, mais j'ose néanmoins te rappeler deux ou trois essentiels :
  • Il a fallu attendre l'invention de l'imprimerie puis l’avènement de l'école laïque, gratuite et obligatoire pour fixer l'orthographe créative et fluctuante des siècles précédents.Rien de gravé dans le marbre depuis l'Antiquité, donc !
  • Bien des mots portent en eux des archaïsmes issus de leur histoire (le h ou le y utilisés pour une meilleure lisibilité de l'écriture à la plume, ou les consonnes nasales doubles nn et mm qui sont des graphies historiques ; elles correspondaient à une prononciation particulière disparue depuis).
  • Certains signes orthographiques sont nécessaires à la compréhension, d'autres non : c'est le cas du fameux accent circonflexe, absolument nécessaire pour distinguer jeune et jeûne, mais parfaitement inutile sur maîtresse !
  • Trop d'enfants souffrent réellement de leurs difficultés en orthographe, et ça ne date pas d'hier : on trouvera tous dans nos familles respectives des parents, oncles, tantes, neveux, enfants qui en parlent encore avec des yeux mouillés
Pourquoi alors s'acharner sans même regarder dans le détail ce que cette réforme propose ?
Quelle est cette rage qui envahit le français moyen quand on lui suggère de simplifier la langue écrite ?
La peur du changement ? Tout fout le camp ? On ne respecte plus rien ma bonne dame ???
Peut-être les plus virulents sont-ils ceux qui ont passé le plus de temps entre Bled, Bescherelle et dictionnaire et veulent-ils faire subir en retour à la jeune génération ce qu'ils ont eux-même enduré avec tant de soupirs et d'ennui ?
Si c'est le cas, il faut les consoler et leur expliquer qu'une souffrance n'est pas un héritage qu'on se transmet de génération en génération.

Ou bien est-ce une autre motivation qui les anime ? Peut-être celle de l'académicien Mézeray qui, à la fin du XVIIème siècle,  écrit encore, dans un projet pour le Dictionnaire de l'Académie de 1694 :

[La Compagnie declare qu'elle desire suiure l'ancienne orthographe qui distingue les gents de lettres davec les ignorants et les simples femmes, et qu'il faut la maintenir par tout, hormis dans les mots ou un long et constant usage en aura introduit une contraire.]
Ami Lecteur, je te laisse apprécier sans me commettre à un quelconque commentaire...

...

...

...

(L'auteur t'offre ici gracieusement un temps de méditation avant d'aller plus avant. Tu peux l'en remercier. Y'a pas de quoi, c'est tout naturel, te répond-il tout de go).



...Et je poursuis : Cette réforme est pourtant très mesurée et pleine de bons sens :

Remplacement de certains traits d'union par la soudure, en particulier dans les mots composés étrangers : portemonnaie, weekend.
Simplification du pluriel de certains mots composés : des pèse-lettres.
Pour l'accent grave sur e : application de la règle générale aux verbes en -eler et -eter ou du type céder, ainsi qu'aux formes interrogatives (je) : j'allègerai, il ruissèle, puissè-je... (exceptions pour appeler et jeter)
L'accent circonflexe est facultatif sur i et u, sauf dans les conjugaisons (passé simple et subjonctif) et dans quelques monosyllabes où il joue un rôle distinctif : mur / mûr.
Le tréma est placé sur la voyelle qui doit être prononcée : aigüe, argüer, gageüre.
Pour les mots empruntés, l'accentuation et le pluriel suivront la règle des mots français : des imprésarios, des jazzmans, des maximums.
Rectification d'anomalies : boursouffler (comme souffler), charriot (comme charrette), joailler, interpeler, dentelière...
Le participe passé du verbe laisser suivi d'un infinitif est invariable : je les ai laissé partir.

Que du bon basique, donc !
Et pour beaucoup, des façons de faire déjà entrées dans les usages...

Je ne peux pour finir, Ami Lecteur, que t'exhorter à respirer profondément avec le ventre, à tourner ta langue sept fois dans ta bouche, à repenser à ton enfance douloureuse sur les bancs de l'école (et le cas échéant, à celle de ton frère/cousin/neveu) et à te renseigner sur l'histoire de notre belle langue écrite  (page passionnante à lire absolument et à qui j'ai fait quelques emprunts) avant de t'offusquer de cette réformette qui ne va pas bouleverser la face du monde mais pourrait simplifier bien des vies scolaires !

PS :
Ayant depuis l'édition de ce billet, lu l'excellent article de l'incontournable Charivari, je ne peux que te conseiller d'aller en prendre connaissance à ton tour : C'est ici ! :o)

Et un mini-guide de l'orthographe harmonisée ici ! Je conseille à tous les profs de l'avoir sous le coude, ça peut aider ! 

jeudi 19 novembre 2015

Véronique Gallo - Vie de mère : Vendredi 13...





J'ai découvert cette femme avec cette vidéo. Je la trouve vraie, touchante, si proche de nous tous, à la maison ou à l'école...

Ses autres vidéos sont excellentes : vas-y voir, Ami Lecteur, pour mettre un peu de légèreté dans cette sombre période !


mardi 17 novembre 2015

Rouvrir les yeux, respirer et vivre...

Parce que ce texte permet l'espoir.
Parce qu'il oblige à repartir.
Parce que, pour vaincre la haine, il n'y a que l'Amour.

Vous n'aurez pas ma haine - Antoine Leiris

Publié le 
Vendredi soir vous avez volé la vie d’un être d’exception, l’amour de ma vie, la mère de mon fils mais vous n’aurez pas ma haine. Je ne sais pas qui vous êtes et je ne veux pas le savoir, vous êtes des âmes mortes. Si ce Dieu pour lequel vous tuez aveuglément nous a fait à son image, chaque balle dans le corps de ma femme aura été une blessure dans son cœur.
Alors non je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Vous l’avez bien cherché pourtant mais répondre à la haine par la colère ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Vous voulez que j’ai peur, que je regarde mes concitoyens avec un œil méfiant, que je sacrifie ma liberté pour la sécurité. Perdu. Même joueur joue encore.
Je l’ai vue ce matin. Enfin, après des nuits et des jours d’attente. Elle était aussi belle que lorsqu’elle est partie ce vendredi soir, aussi belle que lorsque j’en suis tombé éperdument amoureux il y a plus de 12 ans. Bien sûr je suis dévasté par le chagrin, je vous concède cette petite victoire, mais elle sera de courte durée. Je sais qu’elle nous accompagnera chaque jour et que nous nous retrouverons dans ce paradis des âmes libres auquel vous n’aurez jamais accès.
Nous sommes deux, mon fils et moi, mais nous sommes plus fort que toutes les armées du monde. Je n’ai d’ailleurs pas plus de temps à vous consacrer, je dois rejoindre Melvil qui se réveille de sa sieste. Il a 17 mois à peine, il va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre. Car non, vous n’aurez pas sa haine non plus.

lundi 9 novembre 2015

Ce que dit Madirlo

Si tu as lu, Ami Lecteur, le post précédent, tu sais donc que Madirlo ne sera pas à la tête de l'établissement né de la fusion de Monécole et de celle d'à-côté.
Et comme c'est quelqu'un de bien (quelqu'unnnn de biennnn ¯¯), voici ce qu'elle écrit aujourd'hui à tous les parents et enseignants / personnel de l'école :


Chers parents, chers tous, 
 MERCI de votre confiance ! 
MERCI d'avoir cru en moi et en mes qualités de chef d'établissement ! 
MERCI de m'avoir soutenue dans ce long temps d'attente de ma nomination !

Le temps de la déception est passé. Il a commence jeudi 15 octobre à 
l'annonce du nom pour la direction de Saint Chouis*. Laissez-moi utiliser 
ce nom si caractéristique encore quelques semaines ! 
L'émotion était 
grande, nous avons partagé notre chagrin.

Le temps de la colère s'est déployé pendant les vacances, accompagné du 
temps de l'incompréhension. 
Ceux-là doivent être maîtrisés sans 
convoquer le temps du regret. Laissons-les de côté, ils se dissoudront 
bien avec le temps qui passe. 
 Car nous voici à l'aube d'une nouvelle époque, celle de la construction 
ensemble, et elle requiert toute notre énergie. Je vous accompagnerai 
avec clairvoyance durant ces quelques mois sur le chemin de Saint 
Chouis. 
Je ne doute pas que votre volonté et votre état d'esprit positif 
seront des atouts pour aborder cette nouvelle école avec plus de bonheur 
que de crainte. 
 Je compte sur vous !
Madirlo

*NDLR : nom inventé par notre équipe à partir du nom des deux écoles fusionnées...

dimanche 18 octobre 2015

Dernières nouvelles du front !

YOUHOOUUUUUU !
Y'a quelqu'un par ici ?

Ah, oui, toi là-bas, qui passe par hasard, viens donc prendre les dernières nouvelles du front !
Ami Lecteur, laisse-moi t'appeler ainsi, malgré les semaines de silence qui t'ont laissé penser que je t'avais oublié.
Ami Lecteur, donc, si tu ne le sais pas encore, mon école ferme ses portes en juin 2016.
Oui, là, en juin.

Mon école et son internat.
Cet internat, seul dans son genre de ma Grande Ville.
Celui qui permettait ce projet unique de mixité sociale.
Qui existait depuis des décennies.
Qui passait à la télé : Voyez comme à Saint Truc, ils ont su trouver le moyen de faire vivre tout le monde ensemble et que chacun y trouve l'occasion exceptionnelle d'un enrichissement optimum de la personne !

Pourquoi ça ferme ? 
Ça avait l'air si bien ? Et ce grand jardin planté d'arbres fruitiers, au coeur de la Grande Ville, c'était tellement parfait pour les enfants !
Tu as oublié ?
Et bien parce que les Sœurs, propriétaires du terrain et des locaux, fondatrices du projet, tutelles de l'établissement.. les Sœurs sont vieilles. Elles ont besoin de sous. Alors elles vendent !
Plus de 10.000.000 d'Euros, quand même, pour 1.600 m2 dans la Grande Ville plus du terrain.
Forcément, ça donne à penser !

Et nous, Keskondvient ?
Oh, et bien l'école fusionne avec une autre école du quartier. 
Aucune classe ne ferme.
Les locaux sont rebâtis, restaurés, en partie grâce à l'âme des Sœurs, qu'elles ont rachetée pour 1.5 million d'Euros (quand même !).

Tout le monde est content alors ?
Bah nan.
Les parents de l'autre école ont peur : on est si bizarres avec nos idées d'accueillir tout le monde, de faire du travail personnalisé, d'intégrer des handicapés, de vouloir faire de l'apprentissage un plaisir... on va sûrement contaminer leurs chers petits !
Les parents de notre école ont peur : les autres, ils sont si bizarres, si coincés, si strictes, si... le contraire de nous, que justement ils avaient choisi de ne pas inscrire leur enfant là, pour ne pas l’abîmer...
L'internat disparaît corps et âme, et ça, ça fait mal mal mal. Sans internat, le projet n'existe plus et la nouvelle école sera un établissement de quartier. D'un arrondissement très favorisé, rempli d'enfants jolis et sympathiques, mais un peu tous de la même couleur, de la même  religion, de la même expérience de vie. Gentils, note-bien. Propres et bien élevés. 
Ça pourrait être reposant. 
Mais bon.

Et puis...
On vient de l'apprendre...
L'an prochain, c'est pas Madirlo qui prendra la tête des troupes.
Elle n'a pas été désignée.
C'est l'Autre.
...
Et ça, ça ne passe pas.

Du tout.

Dans le hall de Monécole, les mamans sont en pleurs. Et pas qu'un peu.
Les papas sont blancs, de colère, de déception, de rancœur.
Ils le savent bien, tous, que sans Madirlo, le nouvel établissement ne va pas bouleverser ses façons de faire actuelles.
Qu'il ne va pas se saisir du travail personnalisé avec toute la foi qui nous anime.
Qu'il ne va pas changer sa conception du travail, de l'évaluation, du bien-être de l'élève, de l'acceptation de la différence, de l’hétérogénéité perçue comme une chance...
Que les pieux désirs de la Direction Diocésaine de l'Enseignement Catholique ne seront que lettre morte : un joli vernis qui va vite se craqueler... c'est si difficile de remettre en question ses pratiques professionnelles...

Et puis, si c'est l'Autre, que vont faire les enseignantes de Monécole ? Hein ?
C'est la première question que m'a posée la première maman croisée après que la nouvelle soit tombée, livide :
- Et vous, vous faites quoi l'an prochain ?
...
- Je regarde les postes qui se mettent au mouvement...
- Mais alors... tout le monde nous lâche !

Et oui.
Je sais que pour moi il est temps de partir.
Je sais que ça sera très dur de reconstruire ailleurs.
Je sais aussi ce qui m'attend : tous ces parents à qui je vais donner l'impression de les abandonner.
Et ça fait mal... mal... mal...

Respire...


lundi 6 juillet 2015

Le réchauffement climatique

Voici un  petit film fait par une de mes cousines, expliquant le réchauffement climatique en 4 minutes.
Il est très clair, très visuel, et parfait pour aborder ce sujet avec une classe de cycle III.
... Ou pour soi-même !

Allez Ami Lecteur, porte toi bien, bois de l'eau et profite de tes vacances !
:o)


4 minutes pour tout comprendre sur le... par LeNouvelObservateur


mercredi 17 juin 2015

Des nouvelles de mon école-internat

Ami Lecteur, je sais, je te délaisse et tu en souffres.
Si, je le sais bien, tu en souffres affreusement.
Pourtant, ça n'est pas que je ne pense pas à toi, tu l'imagines.
C'est seulement que la vraie vie du dehors me happe et que je ne trouve plus vraiment le temps de me répandre ici...

Je me dois pourtant de te donner des nouvelles de Monécole, puisque j'ai commencé, ici jusqu'ici, à raconter ce qui lui arrive prochainement.

Donc, pour résumer :
Les Sœurs ont vendu le bâtiment principal à la grosse société d'assurance qui occupe déjà tout le reste de l'immeuble et qui lorgnait sur ces 1600 m2 depuis un moment.
Elles ont accepté de repousser la fermeture de l'internat à juin 2016, soit à la même date que la fusion de l'école avec une autre école du quartier : nous avons gagné un an.

En juin 2016, donc :
  • L'internat ferme définitivement. Les grands manitous de l'enseignement catho disent leur désir ardent d'ouvrir d'autres internats de ce type dans la Grande Ville, mais trouver un lieu, c'est autre chose... vu le prix de l'immobilier. Et aménager ce lieu, monter des équipes jour/nuit, autre chose encore. Tout ça prend du temps : on ne peut imaginer une continuité entre fermeture de notre internat actuel et ouverture d'une nouvelle structure.
  • Tous les internes qui dépendent du Service des Bourses ou de l'ASE seront recasés par ces services.
  • Les autres (6 familles) sont dans la panade : c'est pour eux qu'on s'agite le plus ; pour leur trouver une solution pour la rentrée 2016.
  • L'école déménage et s'installe dans les locaux d'une autre structure du quartier, qui a un peu d'espace du fait de la fermeture de leur collège.
  • Ces deux écoles primaires (eux et nous) fusionnent pour n'en former qu'une, nouvelle, dont le projet annoncé par la DDEC est :
    • Diversité (culturelle, religieuse, de profils d'apprentissage...)
    • Inclusion (c'est à dire accueil d'enfants handicapés)
    • Travail personnalisé.
  • Cela est beau et bon... mais nous, on attend de savoir qui sera chef d'établissement de cette nouvelle structure : notre Dirlo ou la leur ? Car selon la personne choisie, l'ambiance, la couleur de la nouvelle école ne sera PAS DU TOUT la même, malgré le beau projet avancé.
Pourquoi ?
Paske l'Autre, elle est sûrement très bien sous bien des abords mais :
Elle n'a pas la queue d'une idée pédagogique,
Elle a un rapport infantilisant avec ses enseignantes (entendu en formation commune : "Allez Mesdames, allez faire pipi !"),
Elle dirige son établissement de façon autoritaire,
Elle a, jusque-là, fait en sorte que son école soit élitiste, basée sur les notes, les notes, les notes,
Elle n'a aucune expérience du travail personnalisé, si ce n'est ce qu'elle en a fait depuis à peine un an dans sa classe,
Elle pense que, dans le futur établissement, la présence d'une psy, deux 1/2 journées par semaine, ne sera pas nécessaire...
J'en passe et des meilleures...

Comme tu peux le percevoir, Ami Lecteur, et alors même que je retiens mes mots pour ne pas être trop virulente, j'aurais du mal à travailler avec l'Autre.
Si elle devait être nommée à ce poste, j'irais voir ailleurs si l'herbe est plus verte.
Voilà.
Et ça tirera un trait définitif sur cette belle histoire... en attendant qu'elle renaisse ailleurs !

En tous cas, on a eu en avril un SUPER VOYAGE DE CLASSE, 
et début juin, une SUPER FÊTE D’ÉCOLE 
et les livrets d'évaluation de fin d'année sont faits !
Autant dire que l'année est (presque) finie !
Allez, j'espère que toi, tu vas bien.
Et vive la vie !!!
:o)

dimanche 3 mai 2015

C'est facile, l'orthographe, quand même !!!

Ami Lecteur, je ne résiste pas à partager avec toi cet extrait de l'épisode 15 des "Beaux malaises", une petite série web-tv canadienne...
Allez, demain, c'est la rentrée !
On y retourne, pour une période gruyère dans laquelle il faut caser la fête de l'école (ça, c'est du lourd !), la fête des mères, la fête des pères, et le livret de fin d'année... ça, en plus des apprentissages, évidemment, ma bonne dame, sinon, ça serait pô drôle !

:o)





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