Demain, c'est la
fête !
Toi qui lis ce blog depuis plusieurs années, tu sais, Ami Lecteur, que ce jour est très spécial dans mon école.
Il est le fruit d'un travail d'équipe acharné et concerté. Et d'une collaboration avec quelques parents irréductibles et créatifs.
Il est l'aboutissement de pressurages de cerveaux, d'échanges vifs et insistants, de quelques pétages de plombs aussi
("Maîtreeeeesse, ça veut dire quoi 'pétage de plombs ?')...
Il est le résultat sublime de quelques nuits blanches et de bien des doutes quant aux chorégraphies, montages musicaux, costumes et autres décors en tous genres...
Il est le savant mélange de beaucoup d'énergie, de pas mal d'énervement, de déceptions et d'espoirs, et d'un grand nombre de mètres carrés de carton récupéré dans la rue (Ah ! les cartons de sommiers, épais, larges, hauts ! les meilleurs ! La chance, quand tu en trouves un au coin de ta rue !!!).
Et ce jour, c'est demain !
Cette année, au programme :
Voyage à travers les contes (qui ont été notre thème d'école tout au long de cette année, comme tu sais... si tu suis !). Chaque classe a inventé une danse plus ou moins théâtralisée autour d'un conte ou d'un personnage archétypal.
Le fil rouge, l'histoire qui va lier les saynètes entre elles, la voici dans les grandes lignes :
Moustache, l'épouvantail qui protège le jardin potager de l'école (OUI ! On est dans la Grande Ville, mais on a quand même un potager, et c'est les élèves en classe d'aide qui s'en occupent : ils ont un vocabulaire jardinier de foliiiiiie !) - Moustache, donc, A DISPARU !
Un petit groupe d'enfants décide donc de mener l'enquête pour le retrouver. A travers chaque tableau, ils découvrent un indice : ses gants chez le Loup, son tablier chez l'Ogre, son arrosoir chez les Princes-grenouilles etc.
A la fin, ils les assemblent et brisent ainsi l'horrible sort qu'une sorcière amoureuse avait lancé sur le pauvre hère.
C'est bien, hein ???
Et nous les CE2, on fait un SUPER 'pestacle.
Imagine :
La scène s'ouvre sur une mare : quatre énormes nénuphars verts, roses et pailletés (magiques !) reposent sur le sol. Autour, quinze grenouilles sautent, tirent la langue, coassent (mes garçons, habillés en vert, un masque sur le front).
Puis,
Grande Musique (La marche des Turcs, de Lully) et les Princesses, belles robes et air supérieur, s'avancent en procession.
Mais à peine arrivées au milieu de leur promenade, voilà qu'elles entendent un sifflement gouailleur : Oh ! font-elles d'un air épouvanté !
La musique reprend. Elles tournent chacune autour d'une grenouille, hautaines.
Re-sifflement, insistant.
Elles voient enfin les grenouilles à leurs pieds, les arrosent, histoire de... (notre indice : l'arrosoir de Moustache, évidemment !) puis se prennent, en musique, à étudier leur batracien, soulevant une patte ici, un pied là.
Ici, j'ai piqué deux répliques de "la Princesse Grenouille" de Walt :
- Tu aimerais que j't'embrasse, hein ?
- J'avoue qu'un baiser me conviendrait !
ET BING ! Transformation : les princesses tirent du dos des grenouilles une cape écarlate, tandis qu'ils font faire un demi tour à leur masque : apparaît une couronne ! Tout le monde s'égaille sur une pétarade cacophonique de feux d'artifice.
Changement de style : Toute la classe danse sur Beat it, de Michael Jackson (je t'épargne la savante chorégraphie imaginée conjointement par les élèves et leurs maîtresses).
Ça se termine lorsque, à nouveau, un feu d'artifice retentit : tous les acteurs fuient vers les coulisses, comme emportés par une irrépressible tornade.
Tous sauf un, mon ouistiti, mon Bil sautillant. Il est seul devant, position batracienne, semblant ne pas comprendre... il finit par quitter la scène en sautant façon grenouille.
C'est super.
Les enfants sont extra.
Même les plus pires.
C'est drôle, coloré et enlevé.
Je suis ravi.
Demain, c'est le grand jour et on est prêts !
Yééé !
Des photos après, si t'es sage...