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mardi 4 octobre 2011

Aie confiaaaaannnnce !

Ami Lecteur, je t'ai promis des anecdotes de mon voyage de classe... chose promise, chose due !
Le soir de la sortie nocturne, les enfants ont pris leur douche, se sont mis en pyjama, et ont dîné.
Puis nous les avons rassemblés dans une salle pour une introduction "scientifique" à ce qui allait suivre : un rappel en images sur la classification des animaux, et une présentation de la chouette hulotte et de son cri.
Ont suivi les consignes pour la sortie : tout le monde deux par deux (cinquante enfants tout de même) et sortie en grand silence afin que le rapace ne s'effraie pas.
Arrivé au centre de la forêt, l'animateur nature devait actionner un enregistrement afin que l'oiseau, imaginant son territoire envahi par un rival, lance son cri de guerre :
Hou-Houuuuuuuuu... Hou-Houuuuuuuuu...*
(* Kestu fou ici ? C'est chez moi ! Casse-toi ou je fais un malheur ! NDLR)

Nous voici donc, organisant les rangs, calmant les excités et avançant vers l'obscurité inquiétante de la sombre forêt : il est 21h30 et il fait déjà nuit noire. Les enfants se rassurent comme ils peuvent : le ciel est très étoilé et la lumière de la salle les effleure encore. Mais plus pour longtemps...
C'est alors que mon gros Sto m'attrape la main. Il faut que tu saches, Ami Lecteur, que Sto fait partie des garçons les plus imposants de la classe. Il est grand, à la fois rond et carré, et se rapproche assez du nounours, tant par son attitude charmante et volontaire que par sa morphologie. Il est originaire d'un lointain pays d'Afrique.
Sto, donc, m'attrape la main sans plus de cérémonie et me dit :
- Maîtresse, je peux te prendre la main, s'il-te-plait ? Parce que moi, ça me fait peur, le noir...
- OK, Sto, pas de problème. Tu sais, c'est normal d'avoir un peu peur, mais tu n'as rien à craindre : il ne peut rien t'arriver. Regarde les étoiles, comme elles sont belles !
- Oui, mais moi, j'ai peur du noir.
- Allez, ça va allez. Chuuuut ! On va écouter la chouette hulotte !

Nous nous sommes avancés, dans le noir total (au point que - sans exagérer - je ne voyais pas mes pieds... et pourtant, je ne suis pas grande !). J'ai senti plusieurs autres enfants m’agrippant qui mon autre main, qui mon pull... Et au bout de quelques minutes, alors qu'on attendait encore que la chouette se manifeste, mon Sto m'a dit, très sérieux :
- Tu sais, Maîtresse, plus je te donne la main, et plus j'ai confiance.

C'est pas beau, ça ?
Et bah moi, ça m'a réjouie pour tout le reste du séjour !

lundi 3 octobre 2011

Come back

Salut Ami Lecteur !
Me voici de retour...
Sur les rotules ! Et encore : je crois qu'elles sont usées : je suis sur les fémurs, à l'heure qu'il est. Bientôt cul-de-jatte !
Notre voyage à La Morosière (près d'Anger) s'est superbement passé. Nous sommes partis avec tout le monde (attendu 3/4h la dernière tout de même !)
Et nous avons tout fait magnifiquement, avec une météo de rêve : j'ai eu en une semaine l'été que j'ai attendu pendant deux mois !
Pendant cette classe transplantée (c'est le nom scientifique du voyage de classe !), mes ADORABLES élèves ont pu :
  • Etudier les différents types d'arbres, leurs fruits et la forme de leurs feuilles,
  • Cueillir ou ramasser des feuilles d'arbres,
  • Les identifier et constituer un herbier pour la classe,
  • Découvrir in situ les couches de la litière forestière,
  • Comprendre le rôle des décomposeurs,
  • Prélever des décomposeurs ("maîtresse, j'ai peuuuur !"),
  • Les dessiner, les identifier,
  • Comprendre ce qu'est une mare et comment la préserver (pas de poissons dans la mare, sinon, c'est la fin de l’écosystème !),
  • Prélever des bestioles dans la mare ("maîtresse, j'ai peuuuur !"),
  • Les dessiner, les identifier,
  • Pêcher des poissons dans l'étang, les toucher !
  • Comprendre le cycle de la vie de l'étang,
  • Faire un parcours d'accrobranche, tyrolienne comprise, ("maîtresse, j'ai peuuuur !") et surmonter leur peur (tous !)
  • Panser les poneys, les monter, partir en ballade ("maîtresse, j'ai peuuuur !"),
  • Faire du VTT (trois élèves ne savaient pas en faire et sont repartis maîtres de leur monture, fiers comme des paons) sur bitume et en forêt,
  • Sortir en forêt de nuit (noire noire à ne pas voir ses pieds) et entendre la chouette hulotte ("maîtresse, j'ai peuuuur !"),
  • Visiter une ferme laitière, voir la traite et goûter le lait frais (tiède),
  • Intégrer le vocabulaire lié à toutes ces activités,
  • Danser comme des fous sur des rythmes endiablés... avec leurs maîtresses !
  • Partager la vie en collectivité entre internes-externes,
  • Découvrir une classe d'une autre école et lier des amitiés... voire plus si affinité !
  • Écrire du courrier : activité en perdition depuis l'invention du téléphone et du mail.

Voilà !
Chuis crevée : partie avec une angine, perdu ma voix en chemin, revenue ravie !
Pour les anecdotes, on verra plus tard !
:o)

mardi 20 septembre 2011

Away

Salut Ami Lecteur,
Je te laisse ici un 'tit mot sur lequel tu pourras déverser ta solitude la semaine prochaine : en effet, je pars.
Sept jours.
Non, tu ne pourras rien faire pour me retenir.
Oui, tu seras sevré de ce blog pendant ces sept longs jours.
Tout du moins, tu devras pourras y venir, mais moi pas.
...

Oh, ce n'est pas de la lassitude.
Ni même un manque d'inspiration qui me mènerait vers une sorte de traversée du désert accélérée...

Non, rien de tout cela.
Mais vois-tu, lundi, je partirai, à l'heure où blanchit la campagne, je m'en irai.
J'irai par les forêts, j'irai... euh, là je m'égare, je crois.
Plus prosaïquement,  j'emmène ma charmante classe - tu as bien lu ma charmante classe - en voyage. Mes petits citadins vont découvrir les bois, les champignons, les bêbêtes des feuilles mortes et de la mare, les poissons pas carrés, les poneys tout ronds, les vaches qui font du lait, ... une sorte de révolution sensorielle, une ouverture au monde qui grouille et qui vit, qui sent et qui bruisse.
Le clou de la semaine étant la sortie crépusculaire (il fait noir noir sous les arbres) pour écouter la chouette hulotte (pas CUlotte ! HUlotte !!!) Houhouuuuuuuuuuu ! Houhouuuuuuuuuuuu !

Je te raconterai à mon retour. 
Je pars lundi et je reviens samedi.
Pendant ce temps-là, mes enfants sont priés de survivre.
Monhomme aussi (l'an passé, il s'est cassé le pied le jour de mon retour...).
YiiiiiiiiiiiiHAOW !

samedi 17 septembre 2011

Noyade cérébrale

Ami Lecteur, il faut que je te dise : j'ai découvert, grâce à mon amie Tili, comment l'Education Nationale s'y prend pour sélectionner les parents qui auraient l'ambition d'accompagner la classe de leur enfant à la piscine...
Il y a deux épreuves :

  • La première, tentative de noyade cérébrale.
  • La seconde, tentative de noyade physique.

Moi je dis que pour accepter de donner du temps et de l'énergie dans ce genre d'occupation, il faut vraiment le vouloir fort fort fort !
:o)

mardi 13 septembre 2011

Mon ex-moitié...

Alors, Ami Lecteur, il y a un moment que je voulais te parler de mon ex-moitié [moitié professionnelle de mi-temps, cela va sans dire NDLR]. Pas mon ex-ex-ex. Pas mon ex-ex. Non, mon ex. Celle qui vient juste de partir, avec laquelle j'ai passé neuf ans dans cette école, qui m'y a accueillie, et qui a travaillé l'an passé à mi-temps en CE2 avec moi. Qui a partagé les peines, les fatigues, les découragements, les raz-le-bol, les doutes et les colères, mais aussi les fous-rires, les clins d'oeil et les gourmandises.
Je voulais te raconter notre dernière rencontre du mois de juin, où elle est venue avec un sac mystérieux plein de paquets et une longue lettre à la main qu'elle m'a prié de lire afin de suivre le déroulement indiqué dans le déballage de cadeaux.
En voici des extraits, illustrés de photos. C'est elle qui parle, donc :

[...] question cadeaux, tu m'as inondée, tout au long de l'année, ça fleurissait sur mon bureau. Et moi, de mon côté, pas beaucoup... en réalité si, mais je les trouvais trop débiles et je les laissais chez moi. Aujourd'hui, j'ai décidé d'assumer et te faire un collector de ce que je t'avais acheté tout au long de l'année. Tant pis si tu ne sais pas quoi en faire...
[...] 
Cadeau n°1 : le plus rond
Me voici sur le marché de St... ou St..., je ne me souviens plus... je cherche désespérément un cadeau pour toi. Pas gros, sinon ça ne rentre plus dans la valise. Il fait chaud, les enfants hurlent "Maman, raz le bol de ton marché !". Situation délicate... Je trouve le cadeau pas gros, coloré qui te permettra de te souvenir de moi...
Je rentre à la maison et je me dis "M..., c'est petit, c'est coloré... ça va pas lui plaire..." Je remballe.




Cadeau n°2 : le plus lourd
Les lentilles de Cilaos, voilà le cadeau idéal... [je lui en avais parlé avant son voyage à la Réunion NDLR]
"Monsieur, ce sont des lentilles ?
- Oui, ma bonne dame..."
Chouette ! Mais en rentrant chez la tante de Monhomme : 
"Oh, les jolies graines, dit-elle, c'est pour un atelier d'arts plastiques à l'école ?
- Non ! Les lentilles de Cilaos, c'est pour Mistinguette !
- Quoi ? Mais pas du tout, ce sont des XY@G*X !" (ça se cuit comme des lentilles, mais ça n'en est pas).
BIDE - Je remballe.




Cadeau n°3 : le plus petit
Au Maroc : "J'achète des loukoums pour Mistinguette ! Demain, on fait les cadeaux !"
Comme tu le sais, Monhomme a enchaîné la MALADIE !
Alors, à l'aéroport, j'ai cherché si quelques loukoums pouvaient apparaître. Rien ! 
A défaut, je prends un porte-clé !
- Trop nul, ton cadeau, me balance un gentil membre de ma famille !
- Tu as raison... Je remballe...




Cadeau n°4 : Le plus à part
Alors voilà : je les voulais rouges, clinquantes, chatoyantes [private joke NDLR]... elles sont blanches, pas trop brillantes, je remballe...




Malgré tout, je pense très souvent à toi et je me dis tant mieux si je n'ai pas trouvé le cadeau, ça me donne une bonne occasion de te revoir.


Il y en a parmi toi, Ami Lecteur, qui se demandent encore pourquoi j'ai tellement regretté qu'elle parte, tout en me réjouissant au plus haut point qu'elle ait obtenu la mutation qu'elle attendait avec tant d'impatience ?
...
Elle me manque !
:o)

jeudi 8 septembre 2011

Enfin on nous propose des solutions !

Ami Lecteur, laisse-moi t'annoncer une excellente nouvelle. Une de celles qui te donne des lueurs d'espoir dans ce monde de brute où c'est qu'on vit. Une de celles qui t'amène à penser que, malgré l'adversité, tu n'es pas seul et que des gens, des professionnels, cogitent intensément dans le but de concevoir des outils qui peuvent t'aider à surmonter tes difficultés de ta vie à toi.

Une de celles qui te permet de te coucher, le sourire aux lèvres avec l'idée que tu vas t'éveiller dans un monde meilleur.

Voilà.

Ce soir, j'ai compulsé ma boîte mail, comme chaque jour.
J'ai répondu à un certain nombre de messages urgents et/ou sympathiques.
J'ai nourri mon agenda de réunions variées.
Et j'ai fini par ce courriel dont l'objet m'a remplie d'aise... Un mail envoyé par mon fournisseur d'accès internet... Celui qui a un nom d'agrume.
Ce message, donc, avait pour objet "Maitrisez votre ordinateur avec les cons..."
Je n'ai pas encore été ouvrir ce mail. Mais je caresse l'idée que, "maîtriser son ordinateur avec les cons", ça peut ouvrir une porte sur "arriver à vivre avec les cons", voir même "aimer les cons malgré eux" ou encore "les cons n'auront pas notre peau"... 
...
...
non ?

dimanche 4 septembre 2011

Drague...

Ce soir, au dîner, Malouloute a entendu des propos qui la dépassent : on y parlait d'une chanteuse, morte jeune de s'être trop droguée...
Elle a demandé :
- C'est quoi, la drague ?
Et moi de lui répondre :
- La drogue ! Parce que la drague, c'est tout autre chose... c'est quand on veut charmer quelqu'un pour qu'il vous remarque et qu'il tombe amoureux de vous...
- En faisant quoi, par exemple ?
- En lui tenant une conversation fine et enlevée du style "C'est à vous ces beaux yeux là ?... Vous habitez chez vos parents ?"

C'est alors que Lulu, notre joyeux ado-maison, nous a sorti une litanie de formules de dragues (énoncées avec un accent caïra-banlieue) qui m'ont semblé du plus bel effet.
Je te laisse juge, Ami Lecteur :
- Eh ! Ton père il est voleur : il a mis toutes les étoiles dans tes yeux !
- Eh ! Ton père il est glacier : t'es trop fondante !
- Eh ! Ton père il fabrique des biscottes : t'es trop craquante !

Tu veux en inventer d'autres ? Lâche-toi, Ami Lecteur, ces pages sont à toi !
:o)

jeudi 1 septembre 2011

C'EST LA RENTREEEEEEEEEEEEE !!!

Salut Ami Lecteur.
Tu vas bien ?
Tu as remarqué comme il fait beau et chaud depuis que les vacances sont finies ?
...

Bref.
Glissons.

Ben quoi ? J'ai bien le droit de ralouiller un peu : j'ai passé toutes mes vacances en Normandie, une superbe région où, habituellement, il fait beau plusieurs fois par jour... mais pas cet été !
Je dois donc supporter avec stoïcisme les remarques des uns et des autres qui me disent gentiment avec un air légèrement compassé : "Tu as passé de bonnes vacances ? Tu as l'air pâlotte !"... Voilà voilà.

A part ça, ma rentrée (aujourd'hui même, internat oblige : si on veut prendre tous les ponts, il faut bien se rattraper quelque part) - ma rentrée, donc, s'est superbement passée. J'ai une classe d'adorables bambins qui me regardent avec admiration et me disent de gentilles choses du genre :
- (ébahie par mes démonstrations de "tags" au tableau) J'ai jamais vu une maîtresse comme ça !
- Maîtresse, j'aime bien vos paillettes sur la bouche et sur le nez ! (ah bon ? J'ai des paillettes sur le nez ???).
- Maîtresse, il est trop beau ton collier !
Et j'en passe. Et des meilleures.

Mais le clou de la journée a été la récréation du matin, lorsque s'est approché de moi un élève, puis deux, puis quatre, puis vingt, chacun avec une rose à la main et un grand sourire sur le visage. Charmant, inattendu et émouvant.
Et toi, Ami Lecteur, tu devines pourquoi on m'offre vingt roses ce matin de septembre ?
:o) 

mercredi 24 août 2011

Lalalalaaaaaaaaaaaaaaaaaa !

Salut Ami Lecteur !
Figure-toi qu'y en a une parmi toi qui, lasse de errer dans les archives, angoissée par l'écho né de ces murs désolés, frustrée de ne pas trouver ici sa pitance bloguesque comme à son habitude... une parmi toi, donc, a fini par me lancer un cri de détresse :

Fais nous donc un post de vacances, Mistinguette !

Un post de vacances ? Quoi quoi quoi ? Mais c'est que, précisément, je suis en vacances, moi, ma bonne dame !
...
Enfin bon...
Tu me connais...
Je ne peux rester longtemps insensible à la détresse d'un autre, surtout quand elle est tartinée dans mon blog, à la vue de tout à chacun !
Alors voilà. Inspirée par d'autres lignes évoquant le chant et le plaisir du choeur, je te fais don d'une vidéo prise lors de la fête de la mer de la ville balnéaire où je me terre depuis de longues semaines. Si tu veux me reconnaître, c'est simple : je porte une marinière, j'ai un bachi sur la tête, et je chante.
Là.
:o)