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samedi 31 mai 2008

L'an prochain...



Ma très estimée et sympathique collègue de CM1 m'a raconté une histoire qu'il faut, de ce pas, que je partage avec vous, amis lecteurs :
Hier, elle est allée avec sa classe à la bibliothèque municipale, comme elle le fait régulièrement, histoire d'ouvrir ses chers petits à la magie du livre. Là, une gentille dame les a accueillis et, avant de les laisser en stabulation libre parmi les étagères, elle les a fait asseoir et leur a conté une histoire : "L'oie d'or", conte de Grimm.

La classe écoute, bouche bée, ce texte dont elle ignore tout (à vrai dire, même l'histoire originale du Petit Chaperon Rouge, ou celle du Petit Poucet, ils ne la connaissent pas...). Voilà. Vient le temps des questions : les doigts se lèvent, on intervient, on creuse, on s'interroge... et c'est le tour de A. d'intervenir :

- Ouaih, mais alors, qu'est-ce qu'il est dev'nu, là, le lapin ?
- ???

- Bah, ouaih, le lapin... il lui est arrivé quoi ?

(échange de regards inquiets entre la bibliothécaire et la maîkresse, désemparée...)

- Mais enfin, A., de quoi parles-tu ? Il n'y a pas de lapin, dans cette histoire...

- Mais si, le lapin, là, avec ses plumes dorées...

Bon. Et bien, c'est pas tout ça, mais, j'ai une urgence là : préparer ma stratégie d'attaque pour l'année prochaine... Je commence par une visite à la ferme, peut-être ?

jeudi 29 mai 2008

Transformation !


J'aime travailler les contes : plus ça va, moins les enfants les connaissent, en dehors des remakes de WD. Voici le texte final d'un de mes élèves : l'idée était de transformer des contes existant... Moi, celui-là, je l'aime...

Vert-Été

Il était une fois (en plein été, alors que les feuilles poussaient à foison), une reine qui était assise devant sa télévision, regardant distraitement son programme tout en fumant un gros cigare. Son regard fut attiré au dehors, et, admirant un vert foncé tranchant sur un vert clair, elle trouva cela si beau qu’elle se dit : « Si seulement j’avais un gosse aussi vert que la sève, vert comme l’été, et aussi gris que ma télé ! »

Une fille naquit. Elle était verte comme la sève, aussi verte que l’été, et ses cheveux étaient gris comme le téléviseur. On l’appela Vert-Été. Mais la reine mourut en lui donnant le jour (elle fumait trop de gros cigares et ne faisait jamais de sport…). Le roi choisit une autre femme. Elle était si laide qu’elle ne pouvait vieillir et devenir plus moche encore. Elle possédait une baignoire magique : Quand elle se plongeait dedans en disant « Baignoire, baignoire jolie, qui est la plus moche de la galaxie ? », la baignoire répondait : « Madame la reine, vous êtes la plus moche de tout l’univers connu et inconnu. » Et elle était contente. Elle savait que la baignoire disait la vérité.

Vert-Été, cependant, vieillissait, et devenait de plus en plus laide. Quand elle atteint 35 ans, elle était hideuse. Un jour, la reine demanda à sa baignoire : « Baignoire, baignoire jolie, Qui est la plus moche de la galaxie ? » La baignoire répondit : « Madame la reine, vous êtes la plus moche ici, mais Vert-Été est encore mille fois plus moche ! » La reine était si rouge de colère qu’elle s’enlaidit encore un peu plus.

Elle appela aussitôt son chasseur de prime personnel et lui demanda de lui rapporter immédiatement le cœur de la jeune fille. Il dit « D’ac. » et partit d’un bon pas. Mais comme il était aussi bête qu’un pied et paresseux comme une chaussette sale, il alla dans un magasin de farces et attrapes, acheta un faux cœur en plastique et inscrit dessus au marqueur : « cœur de Vert-Été ». Il l’apporta à la reine qui fut contente. Vite, elle demanda à sa baignoire : « Baignoire, baignoire jol… » La baignoire l’interrompit en disant :

« Bon, ça va ! C’est Vert-Été la plus moche au pays ! »

La reine était cette fois-ci orange de colère. Elle fabriqua un paquet de frites bien grasses, et se déguisa en patate. Pendant ce temps, la jeune fille, qui s’était enfuie en comprenant la rage de sa belle-mère, trouvait refuge dans un palais végétal au cœur de la forêt. Au soir, dix-huit elfes arrivèrent de nulle part et l’interrogèrent sur sa présence en ce lieu. « Je m’appelle Vert-Été et je suis… » Ils l’interrompirent, finalement peu intéressés par ses histoires, mais lui permirent de rester à condition de n’ouvrir à personne.

Le lendemain, quand les elfes furent partis, la reine se rendit auprès de sa belle-fille et dit : « Mange mes bonnes frites, pas chères, pas chères ! C’est bon pour la ligne, bon pour le cholestérol, allons allons ! Pas chères ! Pas chères ! ». Vert-Été n’hésita pas une seconde. Elle les prit et les mangea. Elle tomba alors dans un sommeil très profond, au fond d’un trou, très profond aussi !!! Quand les elfes revinrent, ils trouvèrent leur protégée dans son trou. Ils pleurèrent et pleurèrent, quand tout à coup, un vieux prince passa par là.

Quand il vit Vert-Été dans son trou, il descendit et lui donna deux ou trois claques bien senties, histoire de lui redonner quelques couleurs. Vert-Été se releva, un peu sonnée mais en bonne forme. Ils se marièrent, évidemment, et vécurent jusqu’à la fin de leur vie dans le plus parfait bonheur. …Sauf la fois où ils manquèrent divorcer… et le jour où leurs enfants mirent le feu au tapis… et quand le prince partit à la guerre et revint dans un sale état… et… enfin, dans l’ensemble, tout alla bien ! "

jeudi 22 mai 2008

Queen lady !

Ma fille Dounette, qui est intimement persuadée depuis sa très tendre enfance qu'elle est une princesse, et ce malgré les raisonnements élaborés de son frère visant à l'en dissuader, me dit l'autre jour :

"Tu sais Maman que tu as beaucoup de chance...

- Certes, ma chérie... mais encore ?
- Bah, oui : grâce à moi, tu es une reine !"


Et voilà ! Appelez-moi Majesté !

samedi 17 mai 2008

Mozart en bouteilles !

video

Il y a des gens qui ont des idées, inutiles et fabuleuses tout à la fois... ça me laisse sans voix !

jeudi 15 mai 2008

Grosse fatigue



Il y a des jours comme ça, où vous vous demandez si vous avez encore la lumière à tous les étages, si vos neurones n'ont pas tous grillé sans prévenir, et s'il vous reste une chance - peut-être en faisant très attention, en dormant un nombre raisonnable d'heures, en mangeant équilibré - s'il vous reste une chance, donc, de récupérer vos facultés intellectuelles d'antan...
Exemple : Un été, je vais faire les courses dans une petite surface de province, dans le sud de la France. Grosse chaleur. A l’époque, ma petite dernière avait 1an1/2 ou deux, l’âge terrible où ils cavalent partout et disparaissent en une seconde. On rencontre une amie de vacances et on commence à taper la discute. Et tout à coup, je commence à me retourner dans tous les sens, et demander fébrilement à mon amie et à mon mari : “Mais ! Où est Louloute ??? Où est Louloute ???”, consternée de les voir, la bouche béante, ne pas réagir à mon angoisse légitime. Au bout de quelques secondes qui m’ont semblées une éternité, mon homme finit par me dire, effaré : “Mais enfin… elle est dans tes bras !!!”. J’en ris encore ! Mais je reste inquiète sur mon état...

mardi 13 mai 2008

ben, quoi ?

J'aime monter des projets d'écriture : ça donne un boulot d'enfer, on s'arrache les cheveux, élèves et instit, pendant tout le temps d'écriture, on sue sang et eau au fil des essais, ratages, crépages de chignon quand ils sont à plusieurs sur la même histoire... mais après, une fois le bouquin édité (car nous écrivons des livres ! Oui madême, des vrais livres, dédicacés, illustrés, paginés et tout et tout...) quelle fierté ! Et quand les plus jeunes viennent sur la cour vous dire : "Nous aussi, quand on sera en CM2, on écrira un livre ?"... trop d'la balle !

Un jour, donc, nous nous lançons dans l'écriture d'un recueil de fables. Bon. Nous v'là qui lisons des fables à la pelle, qui en étudions la forme, le fond, et patali, et patala. Puis, écriture ; morale imposée : "on a toujours besoin d'un plus petit que soi".

Un zozo arrive assez vite et mon montre fièrement son oeuvre, écrite d'un seul jet, avec tout ce qu'il faut là où il faut : waow. Oui mais voilà. Je vous laisse imaginer la tête de la maîkresse quand elle a lu l'histoire... Je résume :

Une petite fourmi se promenait quand soudain, un énorme fourmilier surgit et s'apprête à la manger. Horreur !!! Avant que l'affreux n'agisse, l'insecte s'écrit, implorante :

"S'il te plait, épargne moi, Ô grand prédateur : si tu me manges, moi, si petite, tu auras encore faim. Alors que si tu me laisses la vie, tu seras récompensé, crois-moi !"

Le fourmilier décide de lui faire confiance et, à sa demande, la suis.

La fourmi, dégoulinante de reconnaissance, l'amène aussitôt jusqu'à sa fourmilière où le monstre dévore voracement toutes ses petites camarades, moins chanceuses...

Moralité : on a toujours besoin d'un plus petit que soi !

(silence effaré...)

Oui, ben euh... comment dire... peut-être ai-je mal expliqué ce que veut dire une morale... parce que bon, une morale, vois-tu, ça doit être moral, n'est-ce pas ? enfin, souvent... Bon, on la refait ?

samedi 10 mai 2008

Taïaut !!!



Quand j'étais une vraie maîtresse, j'entends une maîtresse entière, et non pas une demie (je n'apparaîs plus devant mes élèves qu'en fin de semaine, mi-temps oblige...), j'enseignais les sciences. J'adorais ça (ce qui a été une vraie douleur du temps partiel : abandonner la moitié des matières, s'amputer férocement de tout un tas de domaines qu'on n'abordera plus qu'en aparté, presque en cachette...).

Un grand moment de la programmation de sciences, chaque année en CM2, et ce dès le début de l'année, histoire de mettre l'ambiance :
la reproduction des mammifères... et donc, des hommes.
Les enfants sont passionnés. Certains ricanent bien un peu au début, plus gênés que grivois, mais sont vite remis à leur place par les autres, qui sont la plupart du temps terriblement sérieux.
Pour donner un peu de corps (si j'ose dire) à cet apprentissage qui ne laissait que peu de place à l'expérimentation (!), je faisais venir ma soeur, à l'époque infirmière, intronisée experte chargée de répondre à toutes les questions restées sans réponse.
Pour que chacun puisse s'exprimer aisément, les questions étaient préparées par écrit et confiées à l'avance à notre intervenante.

Les meilleures que nous ayons eu ?
"Mais, si y a des millions de spermatozoïdes qui entrent et qui font la course jusqu'à l'ovule, mais qu'i' y en a qu'un seul qui entre, QUE DEVIENNENT TOUT LES AUTRES ???" ...et oui, grosse question existencielle. Posée par un garçon. Bah, oui, faut pas gâcher, hein ?
"...Et les fourmis, alors, ça se passe comment pour elles ?" Et là, je dois dire que ma soeur a légèrement séché... et moi aussi, d'ailleurs.
Bon, je ne vous parle même pas de tout ceux qui, année après année, écrivent "SUPERmatozoïde"!... A la réflexion, il faudrait peut-être que j'arrête de mimer bêtement cette fichue course des spermatozoïdes. Non ? En tous cas, je me suis promis que la prochaine fois que je rencontre cette "coquille" dans la copie d'un élève, je le lui dessine, le supermatozoïde, avec sa petite cape rouge, le poing en avant et l'air vainqueur. Chiche !

vendredi 9 mai 2008

Obélix...



Il faut savoir au préalable que je suis plutôt filiforme... Vous vous souvenez de la mode des caleçons longs ? J'en mettais tout le temps, et en avais de tous les styles. Un jour de printemps, alors que j'en arborais un aux larges rayures blanches et bleues, un élève s'approche de moi et me dit en apparté : "Ca se voit que vous avez du goût pour vous habiller : c'est bien connu que les rayures, ça amincit...".
Voilà, voilà. Un élève perspicace ! Ou un sens de l'humour très développé ?

jeudi 8 mai 2008

Bug...

Je travaille dans une école "de toutes les couleurs" : les enfants y sont de toutes origines, religions, cultures...
Et voilà que dernièrement Y. un beau garçon charmeur à la langue bien pendue, au nom indéniablement nord africain, musulman, n'a rien trouvé de mieux que de répéter à tout bout de champs "Jésus, Marie, Joseph !" d'une voix extatique, un air légèrement provocateur dans les yeux. 



Certes, ça nous changeait de "J'avoue !", lancé à tour de bras par sa copine A., ravissante blonde aux yeux bleux limpides et à la répartie facile... c'est sûr que ces deux-là, bien qu'aux antipodes l'un de l'autre, se retrouvent bien pour nourrir l'ambiance de la classe !
Bon... y'a p'u qu'à rester zen, ne pas soupirer trop bruyamment et attendre que ça passe.

Si, si, ça va passer. 
Forcément... 
Non ?

mardi 6 mai 2008

Et ben voilà...

Me vlà bien : j'ai créé un blog... sans vraiment savoir ce que je vais en faire : un blog d'élèves ou un blog d'instit en mal d'écrire ?
L'avenir dira... je me lance !